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 Oui, ben ça va sécher, connard. [Filleul]

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Héra Delacroix
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MessageSujet: Oui, ben ça va sécher, connard. [Filleul]   Mar 3 Mar - 16:54


On ne se doute pas ce que c'est, de galérer quand on ne l'a pas véritablement vécu. C'est triste à dire mais c'est comme ça.

Dans mon cas, galérer ça veut dire rentrer à six heures au matin, dormir une heure et emmener deux petits bouts d'enfants à peine réveillés à l'école. Galérer, ça signifie rentrer ensuite pour se recoucher, dormir jusqu'à treize heures et se relever. Récupérer ses gosses, et filer en direction du travail. ça veut dire ne pas savoir quoi leur offrir. La bêtise humaine, je crois bien qu'on appelle ça, non ? Quand on sait qu'on fait une erreur en jetant son fric par les fenêtres, mais qu'on ne change rien à son comportement pour le prétexte égoïste qu'on est malheureux. Enfin je crois bien que c'est ça. Je crois bien que ça s'appelle "galérer" même si à mon oreille ce mot résonne comme un doux euphémisme quand on voit la situation dans laquelle je me trouve. C'est un peu compliqué parce que j'ai la sensation de ne plus vivre, ou seulement celle de continuer d'exister dans les yeux de mes enfants. La situation est extrêmement délicate et j'en suis à me demander si un jour je vais pouvoir m'en sortir. Il est loin, le temps où les portes des grandes salles de concert m'ouvraient les bras. De diva, je suis passée à souillon en un claquement de doigt. Oh, bien sûr cela aurait pu froisser mon égo : si ego j'avais, or je l'ai perdu en même temps que l'argent que j'ai claqué sans réfléchir dans des parties de poker enflammées que je perdais systématiquement. Voilà. Et maintenant ? Maintenant je remercie ma collègue qui prend mes enfants avec elle, j'enfile une veste à la hâte, et je file. Les rues de Miami n'ont pas le même éclat à mes yeux qu'à ceux de ceux que je croise dans la rue. C'est comme ça. Oui, bien sûr que je suis fataliste. Mais ne dit-on pas que les pessimistes ne sont rien de plus que des optimistes bien informés ?

La soirée commence à vingt heures, celle où on me cale dans un petit coin du bar avec un guitariste et un petit micro relié à un ampli minable. Le patron pensait qu'en engageant une chanteuse, son bar gagnerait une sorte de cachet. Sauf que ça ne fonctionne pas véritablement comme ça. Moi, j'adorais chanter, auparavant. Je ne concevais pas ma vie sans mon archet et ma voix. Maintenant, alors que c'est devenu mon seul gagne pain honnête, je me prends à me dire que j'aimerais fermer ma bouche pour ne plus jamais la réouvrir. Je me complais dans l'idée du "maintenant, c'est fait, c'est terminé" et le reste n'a aucune importance. Tant pis. Je chante, parce qu'il faut bien chanter, même si ma voix n'a plus l'éclat qu'il possédait auparavant. Je chante parce qu'il faut bien gagner sa vie pour nourrir ses gosses, même si ce n'est plus du tout l'avenir que je m'imaginais. Je chante, parce que je crois que ça soulage un peu ma conscience, de prendre le temps d'offrir ma voix à quelqu'un. Même si les gens du bar s'en foutent, parce que concrètement, ils ne sont pas véritablement là pour m'entendre, ils sont là pour jouer et pour boire, rien de plus. Je ne suis même pas une attraction, seulement un bruit de fond. Je chante deux bonnes heures je crois, et quand vient vingt deux heures, m'attend une autre tâche encore moins plaisante que la première : j'ai nommé le service.

Oui, bien sûr, le service, c'est déjà quelque chose de pénible d'habitude mais dans un bar pareil, ça atteint des sommets que je n'aurais pu soupçonner, en fait. Je regarde autour de moi. Il y a une population très hétéroclite, à Little Haïti, il y a des gens jeunes, des nettement moins jeunes. Quelques jeunes femmes mais ce n'est pas vraiment la place tendance du coin, ici. Je salue rapidement Mike, mon collègue, et direction la salle, avec un plateau lourd de plusieurs verres. J'ai horreur de faire ça parce que moi le service, c'est pas mon truc. D'abord parce que je ne sais pas être aimable, moi, vu ? C'est pas compliqué à comprendre, il n'y a qu'à regarder l'air aimable que je jette aux personnes que je sers, en particulier ceux qui tentent une drague houleuse à laquelle je réponds ou bien par une moue méprisante, ou par un "mais ferme la" avant de tourner les talons, agacée. Envoyer promener les clients, ça ne me dérange pas et ça ne dérange pas non plus le patron. Lui, il s'en fout parce que les clients, c'est pas mon amabilité qui attire leur attention en premier, mais bien ma tenue bizarre, mes cheveux rouges et ma mine sombre. Je suis une marginale qui se fond parfaitement bien au décor, finalement. Sauf que bien sûr, journée de merde oblige, soirée de merde termine : et là je crois que je vais vraiment devenir folle.

Je ne sais pas si ce con a mis son panard exprès ou si c'est moi qui ais fait un faux mouvement, toujours est-il qu'une Converse un peu mal placée sur mon chemin m'a fait buter contre le bar. Je l'ai vu se renverser au ralenti, le verre, je le jure.

"ET MERDE"


C'était du punch maison, oui oui. Enfin du punch maison. Le rhum premier prix mélangé à un jus de fruit de supermarché. Toujours est-il que ça ne fait en général pas bon ménage avec le T shirt du type assis tranquillement au comptoir, qui se ramasse le verre et son contenu en plein. Hm, toi aussi t'es bon pour passer une bonne soirée, pas vrai mon mignon ? Sur le coup je ne fais pas trop gaffe à la tronche de la bavure, je vois simplement que j'ai renversé de la boisson sur quelqu'un et que si le boss voit ça je vais manger bon. Déjà que je ne suis payée qu'à chanter, si en plus au service je fais de la merde, je risque d'être "remerciée" traduction : virée à grand coup de pompe dans le mou. Alors je pose très vite le plateau sur le bar en priant pour que personne n'ait vu cette catastrophe. Et je croise le regard du type qui n'a pas l'air content du tout et qui me regarde un peu comme si j'étais, je sais pas... Ah oui ! UNE MOUCHE A MERDE. Et ça m'énerve. Mais je me contente de grommeler.

"...Désolée. J'vais aller te chercher un torchon."


Parce que sérieusement, tu veux que je dise quoi d'autre ? D'ailleurs, bon courage pour trouver un torchon propre dans ce bouge. Mais ça, on verra plus tard. Parce que je crois bien qu'un simple "désolée" ça risque pas de suffire avec le mec qui se tient en face de moi, tout trempé. Hem hem.
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