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 *~* Petites brèves de Comptoirs *~* [Soso/Mike]

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MessageSujet: *~* Petites brèves de Comptoirs *~* [Soso/Mike]   Sam 28 Fév - 22:28

Petites brèves de comptoir
(prévert) ▽ Tout simplement des nuages Qui crèvent comme des chiens Des chiens qui disparaissent Au fil de l'eau sur Brest Et vont pourrir au loin Au loin très loin de Brest Dont il ne reste rien. 
«
Ambiance lourde. Du moins, c’est ce qu’il flaire. L’air se charge, s’alourdit, prend des kilos, puis des tonnes. Devient-il irrespirable ? Un peu.
Peu importe. La journée doit commencer, et bien s’il vous plait. Un matin réussi est la garantie d’une journée accomplie, disait leur mère. Et quoi de mieux qu’un délicieux café crème pour bien débuter ? Les deux tourtereaux, habitant dans le quartier moyen de Miami, se regardent dans les yeux avant de boire leurs boissons chaudes. Droit dans les yeux, ils se font des promesses silencieuses. La main du jeune Yoan glisse sur la cuisse de Sarah, charmante blonde, qui, attirée par la chaleur de son fiancé, se rapproche de lui. Tous deux se sont rencontrés en Arizona, lors d’une compétition de rodéo dans le ranch familial de Sarah. Le garçon, un peu trop maniéré pour évoluer dans cette nature brute et simple, ne s’attendait pas à voir un petit bout de femme comme Sarah, chevaucher cet étalon encore sauvage. La fille, née parmi les chevaux, fut tout aussi surprise de voir un garçon comme lui se salir les mocassins dans la boue. Mais comme les oppositions s’attirent, lls se mirent ensemble… et Sarah déménagea à Miami avec Yoan.
Trois ans plus tard, ils étaient toujours aussi amoureux. Ils ne passaient pas tous les matins mais ils aimaient organiser leurs emplois du temps de telle sorte à se retrouver seuls. Tous les deux. Avec leur café. Et leur amour bien dégoulinant de passion, de love et de je t’aime.
Sarah frémit en sentant les doigts de Yoan courir sur sa cuisse. Hihihi, ça chatouille. Mais tu aimes quand ça chatouille. J’aime ta bague… elle est magnifique. Comme toi ma c…
 
CRUNCH.
CRUNCH.

CRUNCH.
CRUNCH...
 
Sursaut. Oui, alors, leur idylle s’est retrouvée léééégèrement perturbé par un élément, celui-là même qui mange ses céréales sur le canapé, les yeux rivés sur l’écran de télévision. Ce bruit peu ragoutant est bien le seul bruit qui retentit dans le calme de l’appartement, ce calme qui n’a plus vraiment sa place depuis que Siegfried Wade est venu élire domicile dans la chambre du fond. Une présence accommodante certes, mais qui devient de plus en plus gênantes. Si le français apportait une compagnie légère et amicale, cela ne l’était plus depuis septembre, car un quatrième pion s’est déposé sur cet échiquier. Ollie. Yoan n’avait rien contre les enfants mais lorsque ce môme était là, il ne réfléchissait pas deux fois avant d’entrainer sa dulcinée dans un restaurant pour rentrer tard… et souvent après une dispute.
« Mais pourquoi devrait-il s’en aller enfin ? Il n’a personne pour…
- Mais il a une chambre étudiante à Wynwood. Pourquoi il ne…
- Parce que pour garder Ollie, il a besoin d’un…
- … d’un appartement oui. Et moi j’aimerais vivre avec toi, juste avec toi. Ce n’est pas un ménage à trois ici. Alors s’il te plait, parle lui. »
Il n’a pas tords. Sarah fait une moue, il n’a pas envie de jeter Siegfried à la rue. Aussi, cette situation dura, dura, dura… jusqu’en cette fin janvier. Elle l’aimait bien ce gars bronzé qui en avait toujours une bonne à raconter. Elle adorait l’écouter parler un peu de la France même si ce sujet avait le don de jeter une ombre dans les yeux. Elle aimait aussi lui prêter Miracle car il s’avérait être un bon cavalier. Maintenant qu’il avait adopté Rivière, son cheval, il lui demandait des conseils pour dresser son cheval – qui n’était pas vraiment facile – et s’occupait parfois de Miracle lorsqu’elle n’en avait pas l’occasion. Tous deux passaient du temps ensemble, un peu trop même.
De telle sorte à ce que leurs partenaires respectifs commencent à voir cette complicité d’un très mauvais œil. Héra, la riche et belle française que ramenait parfois Siegfried, avait tendance à lorgner sur la jeune fille lorsqu’elle embrassait Siegfried sur la joue en guise d’au revoir. Yoan, quant à lui, fulminait intérieurement.
 
Alors ce matin, Yoan craque. Sa main quitte la peau douce de sa dulcinée qui suit son regard. Les bras croisés, ses yeux jettent des éclairs à ce fifrelin là, qui bouffe sur LEUR canapé, dans LEUR appartement et nuit grandement à LEUR intimité. Sarah comprend dès à présent qu’il lui faut prendre une décision. Ils en ont parlé plusieurs fois et oui, il faut admettre qu’elle a envie de se retrouver avec Yoan. Rien que lui et elle.
« Je vais lui parler… »
Elle se lève alors et prend place aux côtés du français. Ce dernier lui adresse un sourire chaud mais il comprend très vite que ce qu’elle a à lui dire ne lui sera pas vraiment agréable. Sarah se sent à la fois soulagée d’avoir enfin pris cette décision mais également triste d’être celle qui lui annonce cette nouvelle.
 
C’est donc un esprit préoccupé qui se rendit à Iguana Pines Bar.
 
 
*Le soir*
 

« Non mais comprenez moi les gars ! J’veux une femme moi, une vrai ! Une putain de gonzesse présentable… hey attendez, vous l’avez vu ma copine ? Une allumette presque brisée ! Des lunettes avec de gros verres et des citrons en guise de seins… merde alors. Hey un mojito ! Franchement, hier elle m’a… elle m’a saoulée avec son envie de faire un deuxième gosse ! Ouai, bah bonjour le pedigree, elle s’est vu ? Mais j’en veux pas de ses vices cachés ! Et que ça râle quand je mate un clip de Madonna ! « Madonna elle a cinquante ans, tu aimes les vieilles ? » « Nan Madonna est sexy, tu vois ? ». Merdeuuuh ! »
 
Ma vie n’a aucun sens, aidez moi, j’ai  une famille à nourrir et je crache dessus. Voilà ce que pense le jeune français quand il lui pose le mojito devant ce pauvre malheureux. Le type, grand, baraqué et les cheveux coupés en brosse, se saisit du verre et en boit une gorgée. Voilà, bois ça mec. Avec un peu de bol, les citrons se métamorphoseront en pastèque ce soir. Cette pensée agrandit son sourire lorsqu’il se détourne de lui, mais l’homme malchanceux le remarque.
 
« Allez, t’es d’accord avec moi… je pari que toi aussi tu rêves d’une femme magnifique, blonde à souhait et maline en plus de ça. Appelle moi si t’en vois une, qu’on partage ! »
 
Le jeune français laisse échapper un faux rire amusé. Mais c’était pour mieux tromper l’ennemi. Depuis un mois qu’il bossait dans le coin. Après deux expériences dans un supermarché et dans un KFC, Siegfried s’était vu jeté à la porte pour diverses raisons : Impolitesse envers un client, grignotage dans les cuisines, insolence envers la haute hiérarchie. Il ne lui restait plus qu’une issue : un bar. Celui là avait de la gueule, des poivrots et surtout beaucoup, beaucoup de chance : Mike l’avait pistonné auprès du gérant pour une semaine d’essai. Meme s’il voyait cet endroit d’un mauvais œil, il fallait dire que ce n’était pas le pire, voir même le meilleur. De plus, il ne voulait pas causer de problèmes à Mike.
… il fallait donc ranger l’orgueil au placard et se la fermer. Oui m’sieur !
Mais outre les heures de sommeil en moins et les quelques bagarres qui éclataient, il fallait dire qu’il se tapait des barres avec l’américain. Chaque soir comportait son lot d’histoires de types qui venaient boire de l’espoir factice pour mieux dégueuler des insanités outrancières. Les humains trop égarés venaient s’échouer dans le coin, malade d’amour, malade de reconnaissance, bref, malade de tout. Eux deux, c’était les barmens. Mais plus encore, ils s’improvisaient jurés dans cette parodie de tribunal. « Franchement, je le trouve débile à se plaindre de sa belle-mère… qu’il prenne sa dulcinée et hop ! En route pour de nouvelles aventures ! » « Tu l’as entendu chanter le pauv’ type ? Je pense qu’on a enfin trouver le pire du pire ! » « Tu crois qu’il a vu que je crachais dans son verre ? Mais non je plaisante, je ne ferais jamais ça. Même s’il le mérite. »
Et encore, et encore, et encore ! Franchement, qu’en avait-on à foutre des  petits secrets des étudiants à Wynwood ! Que la voice prenne sa plume d’or et sa fueillle de parchemin, il y en avait des choses à noter ici ! Elle oubliera VITE d’emmerder les confréries !
 
La soirée était déjà bien avancer et Siegfried et Mike enfilait les verres commandés les uns après les autres. De temps à autres, plus personne ne commandait, ce qui leur laissait le temps de ranger un peu, faire la vaisselle… et parler dans leur coin. Pour mieux rire.
Leur amitié n’avait pas commencé comme n’importe quelle autre. Ils auraient pu se rencontrer dans ce bar, à Wynwood ou n’importe quel autre endroit. Mieux, Soraya aurait pu organiser un petit lunch dans un coin de la cour pour manger, mais non, bien sur que non. C’est à partir d’un évènement survenu dans une banque, que tous deux tissèrent des liens amicaux. Leurs premiers contacts eurent lieux par écran interposés. Quelques mails échangés plus tard, c’est lors d’un flash mob sur la plage que Siegfried fit plus ample connaissance avec un mec de son âge, un peu renfermé aux premiers abords mais dont les paroles acérés lui faisait rire. Depuis quelques mois, c’est dans le coin fumette et clope qu’il se rendait à chaque pause  pour… rigoler. Ho il y avait pleins de coins : le toit, un banc, une salle de classe vide, bref. Du moment qu’ils pouvaient se poser quelques part et se taper des barres.
S’ils parlaient du braquage ? … Non. Parce qu’ils en avaient assez vu pour en discuter encore aujourd’hui. Le rire restait encore leur meilleur remède. Plusieurs fois, le français aurait voulu lui dire combien il lui en était reconnaissant de les avoir tirer d’affaires. Mais… les trucs mélodramatiques, ce n’était pas son truc. Il en aura peut-être l’occasion un jour, qui sait ?
 
Pour le moment, le bar demeurait plutôt calme. Juste deux types qui s’envoyaient des crasses autour d’un billard. Les deux étudiants discutaient de choses et d’autres comme du prochain film qu’ils iraient voir – au grand damne des autres spectateurs – ou encore des bons plans pas chers de Miami,…
Mais leur discussion animée autour des ennemis jurés de Spiderman prit fin lorsqu’une petite boule de nerf portoricaine entra dans le bar. Tous deux s’approchèrent de leur plan de travail, Siegfried le premier. Le Rho Kappa l’accueillit en prenant trois verres dans le service. Quelque chose lui disait que Miss Tacos en avait une bonne à leur raconter. Une excellente à raconter. Il n’y avait qu’à voir ses lèvres fraiches s’étirer en un beau et joyeux sourire  pour voir qu’une grande nouvelle allait être annoncée. Assise, elle semblait avoir du mal à se retenir de crier de joie. Pour quelle raison ? Il n’en savait rien mais c’était toujours un plaisir pour le français de l’entendre s’extasier au lieu d’entendre les sempiternels « j’mennuie ».
 
« Je ne te demande pas si ça va charmante Señorita. Je te sers quoi ? Une grenadine à l’ … 
- MOJITO ! 
- … va pour un Mojito. Je devine que tu vas nous annoncer une grande nouvelle. Allez accouche ! Enfin, si Mike veut bien devenir papa ! 
- Salut jolie madaaaaaame… ! »
 
Le type arrive, et bien armé. Ha bah, il faut dire que Soraya n’était pas la plus moche de toute, bien au contraire. Et vu que ce type en manque désirait plus que tout mettre le grappin sur un specimen rare, c’était le moment ou jamais. Siegfried lui adressa un regard sec. Haaaa les hommes en manque ici, ce n’était pas ce qui manquait. Et ce n’était pas tous de gentilhommes, loin de là. Certains proféraient de vraies insultes. Le type s’éloigna, car, en vue de la discussion qui commença entre les trois jeunes gens, il y avait fort à parier que ce n’était pas du tacos qu’il allait bouffer ce soir là. Siegfried garda le type à l’œil –sait-on jamais- et commença à préparer les trois boissons pour eux trois.
 

« Bière. Mojito. Eeeeeet… Long island Ice tea pour moi ! »
 
▲ RIMBAUD
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MessageSujet: Re: *~* Petites brèves de Comptoirs *~* [Soso/Mike]   Sam 28 Fév - 22:57


“Con esta melodía, tu color, tu fantasía. Con tu filosofía, mi cabeza está vacía”




Sieguy, Mike & Soraya




Après une journée bien chargée entre les cours et le sport, je rentrai, sac de sport sur l’épaule. Cette journée n’avait pas particulièrement été extraordinaire. Les cours avaient été particulièrement chiant, voir même endormant et le sport qui d’habitude me gardait bien éveillée, m’avait fatiguée bien comme il le fallait. Au moins, Mike ne pourra même pas dire que je le fatigue, parce que j’en aurais même pas le courage. Déprimée ? Non surement pas, je ne connaissais pas vraiment ce mot. Pour le coup, j’étais juste un peu plus fatiguée que d’habitude et la seule chose dont j’avais envie, une fois rentrée, c’était de me doucher et de dormir. Une fois arrivée à l’appartement, je m’attendais à y croiser l’autre grincheux, Aiden. J’étais pas vraiment en bon terme avec lui parce qu’il était bien trop bizarre pour moi, et tellement froid qu’on avait juste envie de le secouer pour le rendre un peu plus chaleureux. Même Mike était plus loquace que lui au tout début de notre rencontre. Certes, c’était loin d’être des phrases guimauves à souhait, mais au moins il parlait et réagissait à ce que je disais. L’autre ? Quedal, Nada. Rien du tout. Une fois à l’intérieur, c’était anormalement calme. Certes, il ne parle pas, mais on l’entend au moins vivre, respirer. On le voit voyager dans l’appartement, mais là rien du tout. « Y’a quelqu’unn ? Alloo ? » Je me doutai que Mike ne répondrait pas, puisqu’il devait bosser, mais ma curiosité m’obligea à me diriger vers la chambre d’Aiden. J’hésitai un instant avant de frapper à la porte et puis, n’ayant aucune réponse, entrai. La chambre était totalement vide, voir même inhabitée. Pas de photos, pas de poster. Pas d’affaires personnelles, rien du tout. Tout était vide alors qu’avant on pouvait au moins remarquer une présence, sans non plus que la personne se trouve à ce-moment présent, dans la chambre. Je papillonnai les yeux d’incompréhension. J’avais loupé un chapitre ou quoi ? Et puis, je viens de comprendre, il a surement dû prendre ma chambre et balancer mes affaires je ne sais où. Rapidement je me dirige vers l’endroit qui devait me représenter le plus dans cet appartement et tout était toujours aussi normal. Rien ne manquait, même pas le peu de bordel qu’il y avait. Automatiquement, j’allais vers la chambre de Mike, cette fois, mais si Aiden avait pris la chambre de Mike et que ses affaires à lui ne se trouvaient pas dans celle d’Aiden…. ? Non, c’était pas possible. La dernière prise de tête avec Mike ne datait pas d’hier, ou encore d’aujourd’hui. Et quand bien même, c’était presque devenu la routine ces prises de tête là. Pas de quoi déménager, et quand bien même si c’était pour ça, il avait assez d’audace pour me foutre moi, dehors. C’était son appartement après tout. J’actionnai la clenche  et malgré tout, je fus soulagée de voir que ses affaires étaient toujours bien là.  Mon sac de sport en plein milieu du salon, je me retournai et observai la scène. Donc, Aiden était parti et que ressentais-je en ce moment-présent ? Rien, parce que je ne réalisais pas, mais d’ici 5 minutes, j’allais faire la fête.

Je m’empressai de récupérer mon sac de sport et filai me doucher. Au fur et à mesure que ça me tonifiait un peu, je commençai à réaliser qu’Aiden était parti. Il avait enfin agit à ce que j’espérais depuis plusieurs mois. Certes, c’était un pote de Mike et pendant tout ce temps, je faisais vraiment des efforts pour le supporter. La seule chose qui l’emmerdait, c’était que j’étais une fille et non pas un mec et que lui, voulait juste rester entre hommes et pourtant, il était loin d’animer l’appartement. C’est à peine si je me rappelais encore de son timbre de voix. Non, sincèrement, là j’étais vraiment heureuse. En sortant de la douche, j’enroulai une serviette de bain autour de moi et courrai jusque dans ma chambre, non sans manquer de me planter en glissant et cherchai après mon portable. Ma première idée ? Appeler Mike pour le lui annoncer, bien qu’il était sans doute déjà au courant. Je composai le numéro et puis effaçai l’écran. Sieg était avec lui alors autant faire le chemin et faire la fête.  Je cherchai dans ma garde-robe de quoi m’habiller et optai pour une robe bustier un peu simplette mais élégante. Une fois prête, je laissais ma bonne humeur s’emparer de moi au point de passer l’aspirateur un peu partout, mais surtout dans la chambre d’Aiden, comme si psychologiquement, j’allais me sentir mieux en aspirant une bonne fois là où il avait passé son temps et une fois fini, j’abandonnai l’endroit proprement rangé et me rendis là où les garçons travaillaient, le sourire aux lèvres, me retenant presque d’hurler dans la rue ô combien j’étais heureuse. Toujours fatiguée, mais heureuse.

Dans ce bar, toujours la même clientèle et donc, toujours la même ambiance. Des vieux d’une cinquantaine d’année qui passaient leur temps à jouer aux cartes, regarder le foot et picoler jusqu’aux petites heures. A l’intérieur, j’évitai les hommes ne marchant plus très droit, une bière à la main, et ignoraient d’autres qui m’adressaient la parole. Je ne venais pas pour me faire des nouveaux potes ayant atteint le quart de siècle, ni même pour les plumer, comme la dernière fois. D’ailleurs, sans doute que si Mike ne bossait pas là, je n’y mettrais même pas les pieds. Finalement c’était loin d’être un des endroits que j’aimais fréquenter et encore moins à cette heure-ci. Je posai mon regard sur les deux garçons qui s’attelaient à la tâche et m’approchaient, un grand sourire sur le visage.

« HOLAAAAAAAAAAAAAAA »
« Je ne te demande pas si ça va charmante Señorita. Je te sers quoi ? Une grenadine à l’ … »
« Mojito ! »
« … va pour un Mojito. Je devine que tu vas nous annoncer une grande nouvelle. Allez accouche ! Enfin, si Mike veut bien devenir papa ! »

La dernière partie de sa phrase fit disparaître mon sourire en un rien de temps, mais juste le temps de remettre les pendules à l’heure. Lentement, je m’expliquai :

« Sieguy… Sache que pour rien au monde, je n’échangerai mon corps de déesse pour un môme et ce même si, admettons, un jour, Mike trouverait au plus profond de lui sa fibre paternelle » Pause. Je repris plus rapidement « S’il veut engrosser une fille, ça ne sera pas moi ! » J’adressai un sourire au Rho Kappa, tout en papillonnant des yeux et plus sérieusement, je repris « VOUS SAVEZ QUOI ? Aiden est parti ! Il est plus là, plus rien, plus dans l’appart sa chambre est vide de chez vide !!!! Donc il faut fêter ça ! »

Me rappelant qu’Aiden était malgré tout le pote de Mike, je lui adressai :

« Querido, je sais que c’est ton pote, mais Sieg DOIT fêter ça avec moi. Après toi tu peux rester tout à fait raisonnable et continuer ton boulot tranquillement, comme si je n’étais pas là – Mais comme je suis magnifiquement bien sapée, ça va être dur pour toi, je te préviens – Ou alors, tu fais la fête avec nous et tu mets ça sur… Je sais pas, ce que tu veux. Ah si je sais, le fait que t’as enfin décidé de laisser de côté les natures mortes. Ca se fête ça, non ? Ou peut-être parce que j’ai nettoyé tout ton appart avant de venir, ça aussi ça se fête ! Et Sinon Sieg… » Au même moment, un homme s’approcha et m’interrompit « Salut jolie madaaaaaame… ! » Je me tournai vers lui et dégoutée par le fête qu’il soit désespéré au point de vouloir se taper une fille de 17 ans et repris « Donc je disais, comment ça se passe ta petite vie ? Rien de neuf à raconter ? » Je sirotais mon Mojito tout en l’écoutant puis, je repris à l’adresse du Sigma Mu « Si tu décidais de partir de ton appartement, tu me le dirais ? Non parce que j’ai cru que t’étais parti et qu’il avait pris ta chambre. Sauf que quand j’ai été voir, tes affaires étaient toujours là, j’ai eu peur que tu m’abandonnes avec ce rustre »

Trouvant l’ambiance un peu naze dans ce bar, avec leur match de foot, je demandai encore plus enthousiaste :

« Oh mike j’ai un cd ! On peut le mettre? Por favor, por favor, por favor haré todo lo que tú quieras !* » terminais-je presque en le suppliant.


* Je ferais tout ce que tu voudras (a)


Tenue Soraya



       
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MessageSujet: Re: *~* Petites brèves de Comptoirs *~* [Soso/Mike]   Mar 3 Mar - 10:42


Soso & Sieg
Il y avait des jours où tout semblait vous sourire, et d’autres où il aurait mieux valu ne jamais se lever de son lit. Et ce jour était de ceux-là. Mike, avait pour commencer, démarrer sa journée de mauvaise humeur, pour une raison inconnue au bataillon. Il s’était juste contenté de poser le pied gauche avant le droit, et ça avait suffit à le rendre aussi aimable qu’un ours affamé. Seul un calme plat dans l’appartement et un bon café lui suffisait pour émerger en douceur et espérer s’assagir avec les heures. Et heureusement pour lui, Soraya étant lycéenne, commençait toujours plus tôt que lui, et avait déjà quitté les lieux dès le matin, et Aiden… Bah Aiden il n’était pas là, et allait bientôt ne plus l’être définitivement. En raison de quelques problèmes personnels, dont il n’avait parlé que trop vaguement avec Mike, il avait besoin de s’évader, et quitterait donc le logement dans la journée. En attendant, il est aux abonnés absent et Mike avait la cuisine pour lui tout seul. Pour écouter sa radio à fond, pour boire son café en paix.

Une fois fini, Mike se leva de sa chaise pour faire la vaisselle de sa tasse, et couverts utilisés pour son petit-déjeuner sur un air de « Seven Nation Army » chantée par les très célèbres White Stripes, avant d’aller prendre une bonne douche. Ultime action avant de se préparer et quitter l’appartement pour la journée. Il était rare qu’il y revienne avant la fin de son service au bar, et ce n’était pas aujourd’hui qu’il allait faire une exception à cette règle, surtout que le Sigma Mu avait cours toute la journée, et ne pouvait se permettre de jouer au con encore cette année, sous peine de doubler encore une fois, si cela lui était autorisé. Il n’aimait pas l’école, les études, mais il ne cessait de se rappeler ô combien ça lui serait utile par la suite, pour se persuader de bosser un minimum. Il ne voulait pas finir barman le restant de ses jours, même s’il y passait de bons moments, notamment depuis que Sieg avait été embauché avec lui, et qu’il ne s’ennuyait plus tout seul comme un con derrière le comptoir. Ensemble, ils pouvaient enfin dire du mal des clients. Tout seul, il serait passé pour un dérangé.

Une fois arrivé à l’université, il se rendit à son premier cours, et le reste de la journée sembla s’étaler, et Mike ressortit de là totalement lessivé, comme si une semaine s’était écoulée depuis son arrivée. Pourtant il n’était que dix-huit heures, et il commençait son service dans la demi-heure et n’avait pas le temps de s’apitoyer sur son sort. Il grimpa dans son véhicule, et en cinq minutes il arrivait à Little Haiti, où il se gara sur le parking de son immeuble, l’Iguana bar étant à deux minutes à pied. Il y retrouva sur place Sieg, et le service de la soirée pouvait commencer.

Les clients défilaient en nombre ce soir, et Mike n’avait pu compter le nombre de verres qu’il avait servi, nettoyé, astiqué durant les quelques heures qui s’étaient écoulés. Occupé, il ne glissait que quelques remarques à Sieg de temps à autre sur les clients dont il se chargeait, et vu la consternation qui se lisait dans les yeux de son partenaire, il vit que le sien devait être pire que tous les précédents. Il fallait dire, Mike et Sieg en entendaient des bonnes ici. Des histoires, des plaintes, certains clients étaient parfois trop bavards, mais se devant d’être poli et respectueux, Mike se retenait de leur dire « ta gueule j’en ai rien à foutre ». A la place, il hochait bêtement la tête comme si l’histoire l’intéressait, et répondait des « hm » sans grande conviction pour faire genre. Mais bon n’importe qui pouvait voir que ça lui passait au-dessus du cigare, sauf ces pauvres gens désespérés venus boire pour oublier. Le pire restait quand ils étaient bourrés. Et cela rappelait à Mike un vieillard qui avait tout perdu, sa femme, sa voiture, et qui avait choisi ce bar en particulier pour faire son deuil. Au bout de trois verres, il était déjà dans le gaz, et Mike lui avait conseillé de se limiter à l’eau, ce à quoi il lui avait répondu, le plus sérieusement du monde.

« Si c'est toi qui décide de boire, c'est pas comme un microbe. Si c'est le microbe qui décide, c'est une maladie. »

Autant vous dire que Mike a cherché longuement avant de trouver un sens à cette phrase, en vain. Et aujourd’hui, alors que Sieg avait un racontar dépressif au téléphone, Mike avait deux potes, la quarantaine sans doute, qui ne supportaient plus leur patron. Et les critiques fusaient. Il va s’en dire qu’ils vivaient un calvaire, et Mike fit semblait de s’intéresser à ce malheur qui semblait s’abattre sur eux.

« - Si c’est si horrible, pourquoi vous ne démissionnez pas ? »

Erreur fatale. Regards noirs en perspective, les deux armoires à glace toisent Mike du regard.

« - Tu crois qu’on a le loisir de démissionner comme changer de slip ?
- On a besoin de l’argent de cette moisissure pour vivre, figures-toi. C’est simple pour toi, tu dois encore être nourri et logé par papa, maman, mais quand tu grandiras tu comprendras. »

Bien, ça commence bien cette tournée, et Mike se retient de s’énerver. Il ne faut pas qu’il s’énerve. Il fait un sourire hypocrite.

« - Oui je comprends. »

Et s’éclipse, avant de lâcher à Sieg.

« - Retiens-moi de faire un meurtre. »

Et là il y avait de quoi s’énerver, mais évidemment comment pouvaient-ils savoir pour Mike ?

La soirée continue cependant, et les clients se font rare, où ces derniers préfèrent occuper les tables de poker, et Sieg et Mike se retrouvent libres, pouvant souffler un peu. Le Sigma Mu se permet même de s’asseoir, les jambes endolories, jusqu’à ce qu’une silhouette familière franchisse le pas de la porte. Deux secondes de latence, et la voilà qui arrive tout sourire, voix fluette, surexcitée –comme à son habitude. Sieg s’empresse de prendre sa commande, qui est… un Mojito. Mike écarquille les yeux.

« - Toi ? Un Mojito ? Tu t’es cognée quelque part aujourd’hui ? »

Soraya bannissait l’alcool de son alimentation et quand elle venait c’était pour une grenadine à l’eau généralement. Loin de ce cocktail à base de rhum.

« - Enfin si Mike veut bien devenir papa ! »

Le Sigma Mu en question s’étouffe à cette phrase. Lui père ? Non mais vous rigolez j’espère ? Heureusement Soraya lui sauve la mise, en quelque sorte.

« - Ah ça y est, il a plié bagages. »

Mike était tout sauf surpris. Il savait que Mike était sur le point de partir, mais il n’avait pas eu l’heure exacte. En tout cas, il rigolait de voir que Soraya était heureuse pour une si petite chose. Mais cela prouvait à quel point la jeune fille détestait Aiden.

« - Parce que tu crois que je vais vous laisser festoyer gaiment sous mon nez ? Je crois que parfois tu rêves un peu trop Muños. Et je n’ai pas besoin de raisons valables pour faire la fête, tu devrais le savoir.
- J’ai nettoyé tout ton appart avant de venir.
- Ah si, ça c’est une bonne raison. Le temps qu’il réalise. Attends ? T’as bien dis que tu avais fais le ménage ? »

Mike sort alors du comptoir et vient poser sa main sur le front de Soraya.

« - Oulah oui tu as de la fièvre, je comprends mieux. »

C’était un peu moqueur certes, mais il n’y était pas habitué et surtout chaque prétexte était bon pour la taquiner. Elle commença à s’adresser à Sieg quand un vieux mec répugnant s’approcha.

« - Salut jolie madaaaaaame. »

Ce à quoi Mike lui répondit.

« - Vas voir ailleurs si j’y suis. »

Se retenant bien évidemment de lui en coller une en bonus. Il s’installa alors sur le siège voisin à Soraya, et la conversation put commencer. Il laissa Sieg répondre à la question de la portoricaine, qui finit par se tourner vers lui, posant une question qui lui parut étrange.

« - Tu as vraiment cru que j’avais pu te faire un coup pareil ? Non, mais si ça devait arriver, je t’enverrais une carte postale à l’arrivée… Je rigole, bien sur que je te le dirais, même si je ne vois pas l’intérêt de fuir la queue entre les jambes. »

La discussion continua sur de bonnes bases, jusqu’à ce qu’elle se lève sans demander son reste, agacée par le match de foot diffusé ce soir là.

« Oh mike j’ai un cd ! On peut le mettre? Por favor, por favor, por favor haré todo lo que tú quieras !
- Oui, vas-y mets-le, du moins si tu y parviens. Tu sais comment ça marche, ou tu veux que je t’explique ? »

Encore de quoi la charrier, connaissant le rapport de Soraya avec la technologie. Il laissa cette dernière se diriger vers la machine, et se tourna vers Sieg.

« - T’as compris le truc qu’elle a dit à la fin, en espagnol ? »

Il ne comprenait que quelques mots, mais là il était largué, complètement.
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MessageSujet: Re: *~* Petites brèves de Comptoirs *~* [Soso/Mike]   Mar 3 Mar - 13:33

- Si c’est si horrible, pourquoi vous ne démissionnez pas ? » soupira un Mike qui tentait de rester calme.
 
La discussion entre deux hommes d’une quarantaine d’année, basée sur leur crétin de patron et leur travail de comptable de merde, tourna court. Siegfried prépara un cocktail tandis que les deux types fixèrent le Sigma Mu d’un air hautain. Ha voila, le gamin avait osé dire ce qu’il pensait et voilà, il était fiché « fils à papa ». Le jeune français fronça les sourcils lorsqu’il entendit la réponses de ces deux alcooliques.
 
«  Tu crois qu’on a le loisir de démissionner comme changer de slip ? »
Sourire de la part de Siegfried. S’il a gardé son slip depuis son premier jour, il devait y avoir un sacré éco-système la-dedans, mon gars. Mais la suite eut le don d’effacer son rictus moqueur.
« On a besoin de l’argent de cette moisissure pour vivre, figures-toi. C’est simple pour toi, tu dois encore être nourri et logé par papa, maman, mais quand tu grandiras tu comprendras. »
Le Rho Kappa se retourna pour voir le visage de son ami, et lorsque celui-ci vira dans un rouge proche de colère, il se hâta de finir son cocktail et vint le poser devant la jeune femme rousse qui lui adressa un sourire édentée. Siegfried en lui adressa un en retour mais sans conviction. T’es moche, pensa t-il. Par chance, Mike s’était éloigné des deux types et, profondément agacé, il murmura un « Retiens-moi de faire un meurtre. ». Le français lui répondit en lui affectant une tape sur le bras « Ignore les ces deux crétins. Ils te jugent sans te connaitre… ». Mais Mike avait tout de même un sacré caractère sanguin. D’où son affectation chez les SM. Sa patience était souvent mise à rude épreuve. Il se souvenait de la foi  où Soraya avait mis sa musique à l’aéroport. Pauvre Mike, il s’était mis un peu en colère… Son caractère d’ours l’amusait. Lui-même avait ses humeurs et il était bien placé pour savoir quand il fallait lui foutre la paix.
Il lui adressa un sourire amical et lui proposa une petite bière plus tard durant leur pause. « Tiens le coup, pense à ta bière, c’est moi qui invite ce soir. »
 
Les heures continuèrent à défiler ainsi que les clients. Une parmi tant d’autres vint pleurer son mari qui l’a suppliait de ne pas refaire les seins. Hé bien, c’est le monde à l’envers ! Puis, vu la planche à pain, elle en avait besoin de ces « boobs d’enfer ». Siegfried lui servit son Long Island Ice tea pour qu’elle puisse la fermer et quand elle parti et que plus aucun client ne venaient se plaindre auprès d’eux, Siegfried se laissa tomber sur un des hauts tabourets de l’autre côté du comptoir.
Il s’étira, un peu las de courir d’un bout à l’autre, puis son regard s’arrêta sur Mike qui soufflait également. Il frappa le comptoir du plat de la main, claironnant un « Tavernier ! Une bière ! Une pour toi, une pour moi. Je vais être ton premier client normal de la soirée. ».
Mike le rejoint alors bien vite et tous deux sirotent leurs boissons en discutant de choses et d’autres. La discussion commença par les clients mais dériva bien vite sur leurs quotidien. De temps à autres, Siegfried s’intéressait à sa passion pour la photographie et jetait un œil à ses œuvres. Il ne se proclamait pas photographe mais lui avait déjà dit qu’il aimait prendre des photos de son entourage. Pour Mike, ce n’était pas la même chose. Son truc, c’était plus… l’instant présent, la nature morte et tout ce qui pouvait faire une jolie carte postale pour les amateurs de l’environnement. Les gens ne l’intéressaient pas. C’était compréhensible vu la capacité de l’homme à venir emmerder le monde. Pourquoi prendre des photos de gens alors que le pauvre, il en voyait tous les jours et surtout ici, dans les contrées profondes du Miami pauvre et sans dignité.
 
Et Soraya arriva. Ho bien sur, Siegfried adorait cette fille. Amusante, drôle et toujours de bonne humeur : il y avait de quoi l’adorer. Dommage qu’Héra ne partageait pas son avis… Il l’accueillit avec bonne humeur en lui jetant un coup d’œil admiratif : très mignonne sa robe. Il faut dire que le type latino lui plaisait beaucoup mais entre lui et Soraya, c’était de l’amitié, rien d’autre.
Assise, le visage tout sourire, elle commanda un Mojito. Ce à quoi Mike répondit, étonné :
 
« Toi ? Un Mojito ? Tu t’es cognée quelque part aujourd’hui ?
- C’est vrai que ce n’est pas ton régime habituel, Señorita. »
 
La discussion coula sur les chances minimes pour Mike de devenir père. Siegfried étouffa un rire. Il n’était pas fou au point d’espérer qu’un gamin atterrisse dans cette « famille » de dingue.
Puis… voilà. Soraya les regarda tous deux, avec un air de gamine malicieuse ayant fait une bêtise. Le français tenta d’imaginer pleins de choses qu’elle aurait pu faire. Avait-elle recoller des chewings gums sous les tables ? Non. Un gode sauvage apparut parmi les trophées de l’école ? Peut-être pas une deuxième fois… des attaques de souris ? La super glue contre-attaque ? Cobb avait-il fait les frais ?
 
« Aiden est parti ! »
Aiden ?
« Il est plus là, plus rien, plus dans l’appart… »
Ha oui.
« … la chambre est vide de chez vide !!! »
Leur colocataire.
« Donc il faut fêter ça ! »
 
Siegfried eut un temps de retard mais très vite l’équation Colocataire/Départ/Fête se mit en place dans sa petite tête. L’espace d’un instant, il imagina Jey et Sarah trinquer à son départ et, mine de rien, cette vision eut le même effet agréable qu’un coup de poing dans le ventre.
Pauvre Aiden.
Il ne le connaissait pas mais étrangement, Siegfried ressentit un regain d’empathie pour lui. Ils étaient dans le même cas. Le couple chasse le troisième membre, histoire d’être tranquille.
Il réalisa qu’il fixait Soraya sans rien dire depuis trois secondes en trop et, pour pallier à cela, il réagit un peu comme n’importe qui le ferait :
 
« Ha ça y’est, il a plié bagage. »
« Mais, c’est suuuuuuper çaaa… »
Mais Soraya avait renchérit sur Mike et continuait son blabla tandis que Siegfried replongeait dans son problème numéro un : trouver une solution d’hébergement.
« Querido, je sais que c’est ton pote, mais Sieg DOIT fêter ça avec moi. » Aiden, pardonnes lui, c’est une traitrise, il en convenait, oui. « Après toi, tu peux rester tout à fait raisonnable et continuer ton boulot tranquillement, comme si je n’étais pas là » Chose un peu compliqué après calcul du débit de parole de Soraya. Une recordgirl. « Mais comme je suis magnifiquement bien sapée, ça va être dur pour toi, je te préviens. Ou alors tu fais la fête avec nous » Pardonne le, pardonne le !  « … et tu mets ça sur… je saos pas, ce que tu veux. Ah si je sais, le fait que tu’as enfin décidé de laisser de côté les natures mortes. »
« C’est joli les natures mortes », murmura t-il tout en sachant qu’aucun des deux n’entendrait ça.
« Ca se fête ça non ? » C’EST JUSTE IMMONDE ! « Ou peut-être parce que j’ai nettoyé tout ton appartement avant de venir, ça aussi ça se fête ! »
- Parce que tu crois que je vais vous laisser festoyer gaiment sous mon nez ? Je crois que parfois tu rêves un peu trop Munos. » Siegfried lui adressa un regard stupéfait. C’est ton pote et tu fêtes ça ? Mais… tu n’es qu’un TRAITRE Harper ! « Ah si, ça c’est une bonne raison. Attend, t’as bien dit que tu avais fait le ménage ? » Sur le coup, il fut outré que Soraya ne remplisse pas ses rôles de femmes. Mais bon, c’était dans l’air du temps de laisser l’homme tout faire à la maison. Le sexe fort devient faible, les mecs. Il est temps de renverser la tendance. Siegfried regarda Mike sortir du comptoir et tester la température de sa copine. « Oulah oui, tu as de la fièvre, je comprends mieux. » Petit sourire de la part de Sieg. Puis Soraya soupira et s’adressa au français.
 
« Donc je disais, comment ça se passe ta petite vie ? Rien de neuf à raconter ?
- Non, enfin… Héra et moi nous allons en France pour la Saint-Valentin. »
 
Le prénom de sa petite amie avait le don de l’embraser sur place parfois. Mais lorsqu’il prononçais  le mot « Paris », les souvenirs revenaient. Il faut dire qu’il n’avait plus remis les pieds dans ce pays depuis… trois ans et demi, bientôt quatre. Il ne parvint pas à dire combien il était heureux d’aller enfin à Paris. C’était un sujet à controverse. Lorsqu’Héra lui avait proposer de l’accompagner, il avait ressentie une brève hésitation. Puis, en voyant que la jeune fille comptait sur sa présence, il accepta. Après tout, c’était une occasion de revenir là-bas. Et de ne pas laisser Héra seule avec ses parents. Sa dulcinée lui avait confier des choses pour lesquelles il savait qu’il ne fallait PAS laisser Héra repartir seule. Alors… « On part à Paris. » Il se répète. Mauvais signe. Mais avant qu’il ait pu continuer sur sa lancée et répéter une troisième fois combien Héra était généreuse avec sa carte bleue, un vieux monsieur dégueulasse les interrompit et tenta de draguer la jolie latino. Mike réagit au quart de tour. Evidemment, c’est sa copine. Le vieux récolta les deux regards noirs des jeunes étudiants. Heureusement, le vieux compris et la discussion reprit.
Soraya renchérit alors sur autre chose :
 
« Si tu décidais de partir de ton appartement, tu me le dirais ? Non parce que j’ai cru que t’étais parti et qu’il avait pris ta chambre. Sauf que quand j’ai été voir, tes affaires étaient toujours là, j’ai eu peur que tu m’abandonnes avec ce rustre.
- Mais n’importe quoi Senorita, rigola Siegfried,
- Tu as vraiment cru que j’avais pu te faire un coup pareil ?
- Tu l’as vexé, bravo. Il était déjà de mauvaise humeur, je te félicite pas ! »
Ils échangèrent un sourire puis Mike l’a rassura. A sa manière.
« Non mais si ça devait arriver, je t’enverrais une carte postale à l’arrivée.. je rigole, bien sur que je te le diris, même si je ne vois pa l’intérêt de fuir la queue entre les jambes. »
 
Ils chambrèrent Soraya sur ses peurs irrationnelles, mais déjà la jeune fille se leva, un cd à la main. Quelques suppliques espagnoles plus tard, elle se dirigea vers la radio, non sans être raillée par Mike.
 
« Oui, vas-y mets le, du moins si tu y parviens. Tu sais comment ça marche, ou tu veux que je t’explique ? 
- Les femmes et les machines ne font pas bon ménage, renchérit le français.
- T’as compris le truc qu’elle a dit à la fin en espagnol ?
- Ouai. Elle te disait « S’il te plait, s’il te plait, s’il te plairait, je ferais tout ce que tu voudras. Moi à ta place, j’en profiterais. C’est bien d’avoir une femme à la maison qui t’obéit au doigt et à l’œil. »
 
Il lui sourit un peu mais se fit héler par un client qui disait avoir attendu « une minute de trop ». La femme était une vieille blonde et attendait sans doute que quelqu’un daigne la servir. Elle râla trois ou quatre fois et Siegfried l’a servit pour être payé en silence. Oui, le silence a parfois autant de valeur que l’argent. Il revint donc à Mike. Soraya bataillait encore avec la radio, mais bon. Le français rit un peu et regarda la réaction de Mike.
« Tu vas pas l’aider ? C’est une femme en détresse… »
Mais la meuf blonde de l’autre côté du comptoir râla encore. Bien. Le français revint à la charge et cette fois elle demanda une autre téquila, avec plus d’alcool et moins d’eau. Il s’efforça de ne pas lui jeter de regard blasé, tandis qu’elle commença la parlote.
 
« J’en ai marre des téquila ratée. Mon mari lui est barman. Je lui dirais un jour de te montrer comment on fait pétio, hein ? Non vraiment t’es encore jeune et faut apprendre tout  ça, mais bon dieu, moi à ton âge, hé bien j’étais déjà à l’usine à trimer pour avoir un toit au dsesus de la tête et manger assez pour tenir debout. » C’est pas vrai… « Et je n’en suis pas morte ! » Presque, vu l’âge. « Franchement, vous les jeunes… vous les jeunes vous ne pouvez rien comprendre. De toute façon, quand vous dites que vous avez un problème, ce n’est jamais grave. Hey toi, je paris que tu as des soucis avec ta copine… ou peut-être que… »
 
Catastrophe. Siegfried se retint à grand peine et voilà que le vomis sortit, avec tout l’acide de l’estomac.
Mais O miracle, il parvient à se retenir. Non sans poser la téquila devant elle, brusquement, puis avec un regard noir en prime. Il revint auprès de Mike, la mine fermée.
 
« Encore une fois j’entend ce refrain, je tue quelqu’un. » Il soupira, but une gorgée de bière. Ca y’est, c’est bon, la bonne humeur partit, toute explosée, comme un amas de civil dans les combats d’Irak. Boum. Devant le regard interrogatif de Mike, il lâcha enfin le morceau « Je me suis fait virer de chez mes colocataires. Je suis dans une belle merde. Enfin, j’ai toujours la chambre des Rho Kappa, mais si je m’en contente, je peux dire adieu à la garde d’Ollie. »
 
Si encore, il n’avait qu’une chambre, ça irait. Mais lors de son « entretien » avec Kyle, ce dernier avait été clair. Il fallait un appartement pour accueillir l’enfant. Et cet enfant était son nouveau départ, une nouvelle chance de vivre dans ce monde un peu trop cruel avec les enfants. C’était tout ce qu’il voulait. Un coin pour lui et pour Ollie. Que pouvait-il demander d’autre lorsque tout le reste n’était pas utile ? Il soupira un peu. Ho bien sur, il ne se voyait pas demander une colocation avec un couple : c’était ainsi, Soraya et Mike pouvait vivre ensemble à deux. Il lui faudrait trouver quelqu’un d’autre.
Soraya revint enfin. La musique qu’elle avait mis envahissait le bar. D’ailleurs, Siegfried reconnut les mots : Français. Cela le fit sourire.
 
« Fier de mon terroir…  et sinon à part votre future vie à deux, quoi de neuf ? »
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MessageSujet: Re: *~* Petites brèves de Comptoirs *~* [Soso/Mike]   Mar 3 Mar - 23:16

Pardon c'est de la grosse bouse de vache mais je manque cruellement de sommeil et aligner deux phrase c'est mission commando




C’était de loin l’un des plus beaux jours de ma vie, parce qu’Aiden s’était barré. J’avais attendu ça depuis des mois, et à mon sens c’était même inespéré. Peut-être que j’aurais dû lui mener la vie dure, mais encore j’étais même pas sûre que ça change quelque chose, parce qu’il m’aurait surement rendu la pareille. Déjà comme ça il m’exaspérait alors en y mettant du sien, j’avais même pas envie de voir ce que ça aurait pu donner. En arrivant à l’appartement, l’endroit semblait vide et j’avais même été jusqu’à me dire que c’était Mike qui s’était barré sans rien dire à personne et que je me retrouvais là, toute seule, avec Hulk en personne. Ma bonne humeur et surtout l’ennui, m’avait même motivée à tout ranger, à tout nettoyer et puis, j’avais fini par faire mes devoirs avant de partir heureuse et motivée jusqu’au bar où travaille Sieg et Mike. Là-dedans, toujours la même clientèle : des ivrognes qui venaient noyer leur chagrin, des gars paumés qui ne savent que faire de leur journée ou encore des pervers qui viennent uniquement dans l’espoir d’y rencontrer une jolie dame à se mettre sous la dent. Le problème, c’est que normalement, les jolies dames ne passent pas leur temps dans des bars comme celui-ci, ni même dans des bars tout court. Enfin ça, c’était ce que moi je me disais. Pourtant, je m’y rendais, mais pas dans le but de me saouler la gueule, de faire des rencontres ou déprimer. Moi c’était seulement parce que je m’ennuyai une fois de plus et que j’ai envie de partager ma bonne humeur.

Sur place, je m’arrête dans mon élan pour observer l’endroit. Ca n’avait pas vraiment changé et c’était toujours la même chose. En fait, il n’y a pas de raison pour que ça change. Je pose mon attention sur un groupe d’hommes en train d’essayer de se plumer l’un l’autre et en me glissant tout près, j’observe leur jeu à chacun et  finis par m’éloigner, non sans croiser le regard de l’un d’entre eux. De toute façon, je n’étais même pas venue pour ça, j’avais pas envie de jouer ni même de plumer qui que ce soit et une fois proche du comptoir, je commande un Mojito. En regardant la réaction des deux garçons, ma seule impression était d’avoir l’air d’une folle sortie d’un asile.  

« Toi ? Un Mojito ? Tu t’es cognée quelque part aujourd’hui ?
- C’est vrai que ce n’est pas ton régime habituel, Señorita.
-Eh, mais pas trop de rhum quand même ! Sinon c’est vous qui le buvez hein »

Et puis finalement je me lance dans une moitié d’explication. En fait, c’était tout simple : Aiden était parti. Trois mots pour résumer le pourquoi j’avais envie d’un mojito. C’était un événement à fêter selon moi et ce, même s’il s’agissait d’un pote de Mike. En voyant le regard outré de Sieg, je rigole.

« Non, mais attends Sieg, faut placer le contexte aussi ! Certes ils sont potes parce qu’ils sont dans la même confrérie, mais le mec il est TELLEMENT asocial que tu te demandes comment ils sont devenus potes. Imagine vivre dans un petit appartement comme celui de Mike, avec un mec que tu vois jamais… Qui ne parle jamais et quand parfois il se décide à ouvrir sa bouche, c’est pour beugler sur n’importe quoi. J’appelle pas ça un pote ! A côté de ça, t’as des gars comme Shane White qui sont aussi cons, mais qui ont déjà plus le statut de pote parce qu’ils passent fréquemment  et même s’il me donne juste envie de lui faire bouffer sa drogue par sachet de 1000, bah il ressemble déjà un peu plus à la définition de pote »

Ensuite, j’annonce direct la couleur comme quoi j’ai bel et bien troqué l’escalade pour jouer les fées du logis. Mais pas seulement faire la vaisselle, ou aspirer. Vraiment toutes les tâches et ce, même jusqu’à nettoyer de la piaule de l’autre hulk de fond en comble. Maintenant, tout était clean, mais vraiment clean et malgré tout, Mike n’avait pas l’air de me croire au point que j’en étais même arrivée à le faire sortir de son comptoir pour encore mieux se foutre de moi.

« Oh mais t’abuses là. Genre je suis une souillon qui lave jamais rien et qui glande rien du tout ! Parfois je le fais ! Bon c’est vrai que c’est pas ce que je préfère faire, mais ça m’arrive, la preuve. Et tu sais, j’ai même nettoyé toute la piaule de Hulk ! Elle est nickel, je vais lui envoyer la note par contre » je finis par me stopper et fixe Mike pendant plusieurs secondes « D’ailleurs j’ai faim ! J’peux avoir des chips contre un billet de 10 dollars et vous gardez la monnaie ? » je lui glissai le billet en question, accompagné d’un sourire qui remplaçait le traditionnel « S’il te plait ».

La conversation tangue sur autre chose, la petite vie paisible de Sieg jusqu’à maintenant. J’écoutais ce qu’il avait à me dire, manquant de m’étouffer lorsque mon cerveau retient les groupes de mots suivants : Héra, Paris, Saint-Valentin. Ma sympathie et mon amour pour Héra Delacroix n’était plus un secret et encore moins pour les personnes ayant participé à ce voyage en Laponie. J’avais fait l’effort d’être gentille devant sa blondasse, au point de lui payer un café alors qu’elle avait juste été la pire garce au monde en un temps record : le trajet entre l’appart de Mike et l’aéroport.

« Sans vouloir jouer dans le sarcasme, La Saint-Valentin avec cette… » je regarde Sieg et puis me reprends « Cette… Héra, c’est plus la saint-Valentin, c’est un génocide humain. Tu vas pas survivre, c’est pas possible. Pourquoi tu t’infliges ça ? » et préférant laisser ma rancœur de côté, j’enchainai « T’as vécu à Paris quand t’étais en France ? Tu préfères quoi ? Les USA ? » et puis lorsqu’il répéta une nouvelle fois qu’il partait à Paris, je me rendis compte qu’il manquait quelque chose dans sa phrase, quelque chose comme de l’enthousiasme par exemple « T’as pas l’air très motivé quand même. »

Lorsque je décidai de balancer à Mike que j’avais vraiment cru qu’il était parti à la place d’Aiden, il se moqua de moi, encore. Mais j’avais l’habitude parce qu’il prenait un malin plaisir à le faire. « Tu l’as vexé, bravo. Il était déjà de mauvaise humeur, je te félicite pas ! » et là je ne peux m’empêcher de pouffer de rire et de laisser parler le sarcasme, une nouvelle fois « Oooh, querido de mauvaise humeur ? C’est si rare. Qu’est-ce qu’il t’arrive pour que tu sois de mauvais poils cariño? » J’adressai un sourire et un clin d’œil à Sieg, preuve qu’à mon tour je me moquai du Sigma Mu et puis finalement, me rappelle que j’ai un cd dans mon sac. Un truc que je venais d’acheter, une nouveauté et que je voulais faire partager. Lorsque Mike m’autorisa de chipoter à l’engin à musique du bar, je me dirige vers cette machine dont je n’aimais pas me servir « Euhh d’abord j’essaie toute seule »

Plus je m’approchai de la chaine hiffi et plus je me demandai comment la faire fonctionner. Première chose, insérer le cd et sans trop de mal, je trouve le bouton "eject", parce que finalement c’est le même bouton un peu partout, avec le même dessin, mais pour mettre la chaine hiffi en mode « CD » et non plus en mode « RADIO », c’était plus compliqué. Premier bouton… Il ne se passe rien, c’est pas ça. « Miiike ? » Un autre bouton, là peut-être que ça fonctionnerait ? Non plus « Siiieg ? » et puis il y a des roulettes, plusieurs. Il y en a une que j’essaie de tourner et qui change la chaine de la radio, mais c’est toujours pas ça, « Alloooo ? » donc je m’en fiche et je continuai de toucher à tout et puis un gros bouton rouge sur le mur avec plein de prise. Souvent les boutons rouges, c’est pour démarrer un truc, non ? Alors finalement j’appuie là-dessus et là c’est le trou noir, tout s’éteint. « Oh putain » Alors que les clients petent des câbles et hurlent je me retourne en rigolant vers Sieg et Mike « Je crois que j’ai tout cassé » et puis en attendant que Sieg vienne m’aider, je tourne le bouton du volume, pensant bêtement qu’il s’agissait juste du son au final et lorsqu’il arrive à remettre le courant, Le son au maximum brise les tympans de tout le monde, mais surtout les miens et ceux de Sieg au point de finalement m’éloigner de ce truc et de rejoindre Mike non sans bouder « T’avais qu’à venir m’aider toi aussi ». J’attendais patiemment sur mon siège en sirotant mon Mojito, le regard inquiet vers la chaine Hifi que Sieg est en train de bidouiller et je reprends à l’attention de Mike, sur un ton bourré de culpabilité « j’ai tout bousillé tu crois ? »

La musique

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MessageSujet: Re: *~* Petites brèves de Comptoirs *~* [Soso/Mike]   Jeu 5 Mar - 18:21


Soso & Sieg
Toujours les mêmes histoires. Et Mike tentait simplement de pas péter un câble monumental. Comme tous les soirs où il avait son service. Supporter les complaintes de ses clients c’était le pire supplice au monde. Et encore ce soir, ça lui semblait bien plus supportable que d’habitude, et pourtant il en était déjà au top de sa tolérance.

Actuellement, il était face à deux déprimés de la vie qui se plaignaient de leur job, et qui n’hésitèrent pas à s’en prendre à Mike, très patient, qui avait la main qui le démangeait –avec une magnifique envie de coller son poing dans leurs gueules dans la minute. Pourtant, il fit un sourire hypocrite et passa à autre chose, non sans faire comprendre à Siegfried que ces deux-là étaient à soigneusement éviter. Ce dernier lui proposa alors une bière en compensation. Bien joué Sieg, tu commençais à bien comprendre notre mastodonte.

« Ok, bière, bière, bière. »

Désormais il avait en tête une belle pinte de bière bien fraiche, récompense après une soirée de dure labeur. Et c’était un peu sa carotte, celle qu’on lui tend devant le pif pour le motiver et pour le rendre aussi obéissant qu’un chien de garde.

Avec cette image bien calée au coin de son crâne, il continua son service tranquillement, lançant quelques critiques bien montées à Sieg concernant les nouveaux clients qui ne cessaient d’arriver. Entre la vieille couguar maquillée comme un poteau, avec trois kilos de cellulite, et les vieux édentés qui avaient un sourire à faire peur, ils n’étaient pas au bout de leur peine, mais c’était toujours plus facile de traverser ça à deux. Et surtout eux deux. Et puis après tout, ils avaient vécus pire, ce n’était donc qu’un petit obstacle gentillet à supporter. Eux n’étaient pas armés, hormis peut-être d’une haleine de chacal, qui malgré la distance tabouret-Mike arrivait quand même à se frayer un espace, manquant de tuer Mike.

Une fois que tout commença à se calmer, que les clients se dirigeaient vers les tables de jeux, Sieg s’installa au comptoir.

« Tavernier ! » Fit-il à l’intention de Mike, qui terminait d’astiquer une chope de bière.
« Et une bière pour le français, une. »

Attrapant deux chopes propres sur l’étagère, il le porta à la tireuse et remplit les verres en moins de deux, avant de poser les deux verres devant eux.

« Allez, à ta santé. »

Il leva son verre, prêt à trinquer avec son ami, avant de porter le verre à sa bouche. La première gorgée était à son sens la meilleure, et celui qui lui arracha un sourire, suivi d’un long soupir. Soupir de bonheur.

« AAAAH, putain, ça fait trop du bien. »

Et il s’empressa de boire plusieurs autres gorgées. Et malgré sa pause, il ne pouvait s’empêcher de garder les yeux rivés sur la porte d’entrée. Il savait qu’elle finirait par se rouvrir, pour laisser place à de nouveaux clients. Et c’était toujours la surprise, savoir quel genre de cas ils allaient encore devoir supporter. Et malgré quelques années de métier dans ce bar, Mike ne cessait jamais d’être surpris. Quand il pensait avoir touché le fond, il trouvait toujours pire le jour d’après. L’humanité l’effrayait. Dire qu’on le trouvait bizarre lui. Ils avaient qu’à venir ici, ils comprendraient à quel point Mike était normal. Etrangement normal, voire même insipide à côté d’eux. Et Mike ne s’en portait pas plus mal. Au contraire.

Alors qu’ils parlaient de tout et n’importe quoi, comme d’habitude, parce que malgré les apparences et tout ce qu’on voudra bien dire, ces deux gars étaient de vraies pipelettes, rôle d’habitude relégué aux femmes, bien connues pour avoir la langue bien pendue. Bien sur, avec Soraya ça se vérifiait, mais Sieg et Mike ensemble pouvaient très bien la surpasser. D’ailleurs en parlant du loup, elle finit par pointer le bout de son museau. Elle était la nouvelle cliente à franchir la porte du bar, et Mike n’y croyait d’abord pas. Il la suivait du regard, et vit l’intérêt qu’elle portait à une partie de poker. Il fit un petit sourire en coin, et cette dernière ne tarda pas à venir vers eux, sautillant sur la pointe de ses pieds. Elle était heureuse. Mais pourquoi ? La était tout le mystère, et Mike n’attendait que ça : qu’elle accouche.

Première de ses actions, commander de l’alcool, avant de commencer à débiter trente infos à la seconde. De suite, sa présence à elle seule animait le bar, qui avait jusqu’à présent connu une atmosphère un peu pesante, et louche aussi. Avec tous ces ivrognes, c’était assez glauque, et de par son arrivée elle venait de renverser la tendance, comme si à elle seule elle rayonnait dans le bar.

Très vite, Mike aligna les informations qu’il recevait, et comprit bien vite que la raison était simple : Aiden avait plié bagages. Il avait des choses à régler, et visiblement il avait bien fait de ne pas le dire à Soraya, c’était un peu comme un cadeau de Noël pour elle. Comme si c’était une chose dont elle avait toujours rêvé. Enfin, elle en avait toujours rêvé. Et alors que Mike riait bêtement en voyant son enthousiasme, Sieg était mal à l’aise. Mike lui assena un petit coup sur l’épaule.

« Eh gars, tires pas cette tête, on dirait que t’as avalé de travers. »

En fait, Mike ne comprenait pas bien ce soudain changement d’humeur, mais très vite Soraya choisit de se justifier, commençant à expliquer en quoi Aiden n’était pas un colocataire, mais plus un fantôme. Et malgré son amitié avec le Sigma Mu, Mike ne trouvait rien à redire. Aiden n’avait jamais été loquace c’est vrai, et pour le peu qu’il était à l’appartement, il n’y avait plus de quoi dire qu’il habitait ici.

« En fait cet appartement, sur la fin, n’était plus que son placard à fringues. Il était plus souvent dehors que dedans, comme si au final nous n’avions jamais eu de colocataires. »

Bon ça pouvait être sec et un peu méchant dit comme ça, mais c’était la réalité. Si Mike avait accepté la colocation c’était surtout pour l’alléger financièrement parlant, mais Aiden ne montrait que le bout de son nez quand ça l’arrangeait. Et c’était rare. Au fond, ça ne changerait pas grand chose. Ce qui en revanche fit rire Mike, c’est que Soraya ait pu imaginer que ce soit lui qui avait pris les jambes à son cou.

« Oh mais t’abuses là. Genre je suis une souillon qui lave jamais rien et qui glande rien du tout ! Parfois je le fais ! Bon c’est vrai que c’est pas ce que je préfère faire, mais ça m’arrive, la preuve. Et tu sais, j’ai même nettoyé toute la piaule de Hulk ! Elle est nickel, je vais lui envoyer la note par contre »
« Oui ça arrive, une fois toutes les décennies. » Il rigola un petit coup avant de continuer. « Attends, tu le supportais pas mais t’as quand même tout décapé ? Tu voulais être sure qu’il n’y ait plus aucune trace ? Et bah, j’espère que tu ne réagiras pas de la même façon si je devais partir un jour. » Il lui fit un clin d’œil, signe qu’il la taquinait, alors qu’elle exprimait sa faim.
« Allez raboule le fric la miss. » Mike attrapa le billet, et partit faire de la monnaie dans la caisse du bar, avant de revenir avec un paquet de chips. « Par contre il ne nous reste plus que goût barbecue. » Et lui donna le sachet, ainsi que la monnaie. « Tiens, tu peux t’amuser à compter si tu veux, histoire de vérifier que j’ai pas oublié un centime. »

Il avait conscience qu’elle lui avait demandé de garder la monnaie, mais commerçant et honnête, il choisit de lui rendre malgré tout. Il n’avait pas intérêt à garder cette monnaie de toute façon. A la place, il se réinstalla à côté de Soraya, tout en passant son bras autour de ses épaules, profitant qu’il n’y ait pas de clients pour se blottir un peu contre elle.

Le sujet dériva à la Saint-Valentin. Alors qu’ils avaient choisis de partir dans l’Ouest des Etats-Unis, Sieg semblait prêt à partir avec Héra, ce qui fit réagir Soraya au quart de tour.

« Un génocide humain. »

C’est tout ce qu’il releva, et explosa de rire.

« Vous avez prévu de faire quoi ? » Demanda alors Mike pour tenter de rattraper le coup même s’il n’en pensait pas moins. Il ne supportait pas Héra. C’était juste une blondasse prétentieuse. A ses yeux, du moins. Et il préféra garder ça tout au fond de lui, par respect pour Sieg.

Arriva le moment clé de la soirée, celui où Soraya tenta le tout pour le tout. Une épreuve périlleuse qui nécessitait précision et concentration. METTRE UN CD DANS LA CHAINE HI-FI. Que tout le monde se taise, que tout le monde se concentre, c’était un grand moment pour l’humanité, Soraya qui défiait la technologie. Curieux de voir comment elle allait s’en tirer, il resta de là où il était sans la lâcher des yeux, alors qu’elle commença à inspecter la machine. Mike craignait le pire, parce que oui Soraya était une quiche en informatique. Il suffisait de voir toute la scène qu’elle faisait quand elle devait allumer un ordinateur, et que d’emblée il lui demandait un mot de passe. Elle ne comprenait pas, et encore moins à quoi servait un chargeur. Alors il y avait de quoi s’inquiéter. Mais malgré tout, Mike la laissait faire, voulant tout de même lui laisser sa chance.

En attendant, il se tourna vers Sieg qui venait de lâcher le morceau, la raison pour laquelle il n’allait pas bien. Il venait d’être jarté de chez ses colocataires et se retrouvait sans toit, ou du moins devrait se contenter de l’internat, et Mike sachant ô combien Ollie comptait pour lui, il lui adressa un sourire.

« Et bien faut croire que les choses sont faites pour arriver au hasard. Aiden parti, on a à nouveau une chambre de libre. S’il faut, tu peux venir, et je ne pense pas que ça dérange Soraya. »

Il préféra attendre néanmoins avant de demander à la portoricaine, trop concentrée à mettre un CD dans une chaine de musique.

« Fier de mon terroir…  et sinon à part votre future vie à deux, quoi de neuf ? »

Apparemment la musique venait de France, et Mike ne pipait pas un mot qui était chanté. Et alors qu’il s’apprêtait à lui répondre quelque chose la musique se coupa, soudainement, et le regard de Mike se dirigea spontanément vers Soraya qui parlait à la machine. Elle appela ensuite les garçons, un ton de désespoir dans la voix. Puis d’un coup plus rien. Plus de lumière, le noir total. Bravo Soraya. Mike pouffe dans son coin, alors qu’elle devait sans doute paniquer comme pas possible. Et l’âme charitable du nom de Siegfried vola à son secours, et ralluma le tout. Mais à force d’avoir touché à tous les boutons, elle avait mis le volume à fond, et Mike manqua de tomber de sa chaise quand la musique se remit en route. D’ailleurs tous les clients avaient manqué de finir sourd avec ça.

« T’avais qu’à venir m’aider toi aussi. » Lui lança-t-elle en revenant, alors que Sieg se bataillait avec le matériel.
« C’est toi qui voulais faire toute seule. »
« J’ai tout bousillé tu crois ? »
« Non, je pense juste que t’as touché à tous les boutons sauf le bon, du coup ça a tout déréglé, mais t’inquiètes, Sieg est un génie il va tout remettre en place. Allez, c’est pas bien grave. »

Sieg finit alors par revenir, tout étant revenu à la normale.

« Au fait Soso, notre cher ami ci-présent a eu quelques soucis avec les colocataires qui l’hébergeaient. On a une chambre de libre, non ? Autant qu’elle serve à autre chose qu’héberger les araignées non ? »

L’argument ultime, qui a son sens marcherait mieux que n’importe lequel. Mike connaissait la phobie de Soraya, et même si c’était avant tout pour dépanner un ami, il n’avait pas pu s’en empêcher.

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MessageSujet: Re: *~* Petites brèves de Comptoirs *~* [Soso/Mike]   Dim 22 Mar - 23:28

Les petites brèves de comptoirs, elles sont là, sous son nez. Des petits morceaux d’existences pathétiques. Des extraits de films qui ne donnent pas envie de tout voir. Des paroles bourrues et des injures larguées à tour de bras. Quelque part, le job du supermarché avait de quoi être moins rébarbatif. Bonjour. Articles. Carte du  magasin. Chèques/Espèce/CB. Merci. Au revoir. Tellement simple, si court et pourtant profondément ennuyeux. Ici, c’est le zoo. Les espèces qui défilent sont des bestioles rares venues du coin de la rue – et pourtant on jurerait qu’ils proviennent d’un pays totalement étranger ! Mike est de son avis et n’hésite pas à lui glisser des commentaires à l’oreille de Siegfried qui ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire. Faut dire que le Sigma Mu avait une manière de parler bien à lui. Et que ça jure, et que ça parle comme un charretier, bien vulgaire et tellement, tellement expressif. Le Mike, il ne parle pas beaucoup, excepté peut-être pour râler. Etonnement, le français ne s’en gêne pas, il le trouve même drôle… Il sait qu’il y a pas que les coups de chauds… il n’y avait qu’à voir ses mails. Haha oui, c’est vrai. Ils entretiennent encore cette correspondance numérique. Non qu’il n’aime pas se parler en face mais certaines choses ne sont pas faites pour être dites de vive voix.
Avec Soraya, qui venait d’apparaitre telle une petite tornade de bonne humeur, c’était radicalement différent. Héra avait de nombreuses fois râler à son propos, déclarant à qui voulait  l’entendre que cette nana passait son temps à jacasser, non pas parler, jacasser, ce n’est pas la même chose. Siegfried n’en avait rien dit. Qui serait-il pour casser du sucre dans le dos de Soraya alors que sa compagnie était tout, sauf ennuyeuse. Il se souvenait de ce moment avec Paytah, - Alias Petit Tonnerre. Petit Tonnerre ? Ha non, ça c’est le cheval. Ouai enfin bon, le Yakari avait tout de même abandonné son cheval. Parlons’en de l’indien stupide. Soraya, malgré les durs souvenirs du braquage, l’avait encouragé à se tourner vers l’avenir et à arrêter de se plaindre. L’écouter parler de l’avenir avec  autant d’optimisme avait aidé Siegfried à passer le cap. Avec Soraya, nulle envie de pleurer. Et puis, elle était si amusante en cours de biologie. Ses remarques le faisaient rire à chaque fois, même quand tout allait mal. Alors lorsqu’il l’a vit débouler dans le bar, il l’accueillit avec chaleur.
S’ensuit alors leur petite histoire du soir. Un colocataire partit et un couple heureux. C’est tellement cliché ça. C’est tellement, tellement cruel comme sort… c’est tellement, tellement, tellement triste comme dénouement. Mais tout de même, il eut quelques éclaircit sur l’affaire.  
 
« Non, mais attends Sieg, faut placer le contexte aussi ! Certes ils sont potes parce qu’ils sont dans la même confrérie, mais le mec il est TELLEMENT asocial que tu te demandes comment ils sont devenus potes. Imagine vivre dans un petit appartement comme celui de Mike, avec un mec que tu vois jamais… Qui ne parle jamais et quand parfois il se décide à ouvrir sa bouche, c’est pour beugler sur n’importe quoi. J’appelle pas ça un pote ! A côté de ça, t’as des gars comme Shane White qui sont aussi cons, mais qui ont déjà plus le statut de pote parce qu’ils passent fréquemment  et même s’il me donne juste envie de lui faire bouffer sa drogue par sachet de 1000, bah il ressemble déjà un peu plus à la définition de pote.
- H… ha oui. Tout de même, tout de même, répondit-il, partageant tout de même son avis, enfin bon, l’avantage c’est qu’à présent vous êtes heum… ensemble, rien que tous les deux, comme deux amoureux. Bref en couple. »
 
Enfermés au monde. Unis contre tous. Fermement opposés à toutes intrusions dans votre petit cocon fait d’amour et d’eau fraiche.
 
« En fait cet appartement, sur la fin, n’était plus que son placard à fringues. Il était plus souvent dehors que dedans, comme si au final nous jamais eu de colocataires.
- Un fantôme en quelques sortes, conclut-il »
 
La tête qu’il tirait interpella Mike qui ponctua ses mots d’un coup de coude. « Eh gars, tires pas cette tête » « Hum… » « On dirait que t’as avalé de travers. » « Ho, non, non, non. » Si, si, si. « Tout va bien. »
 
Mais ses paroles tombèrent dans la discussion qui s’orienta sur le coup de ménage. Soraya et Mike se charriaient, se balançant des vannes comme de vieux potes. Quelque fois, il était étrange de les voir se balancer des bombes à eaux. Pour un peu, on oubliait qu’ils étaient ensemble ces deux là. Mais le français ne savait pas vraiment s’ils étaient ainsi tout le temps ou seulement lorsqu’ils étaient avec d’autres potes comme lui. Pensif, il attrapa un verre et commença à nettoyer ceux laissés par des clients. Cette situation ne lui plaisait pas. Ho certes, il pourrait prendre un appartement minable dans les tréfonds de Little Haiti mais il lui faudrait garder cet emploi. Pour le moment, tout se passait bien. Le patron les laissait tranquille et même, appréciait leur travail. Deux hommes dans ce genre de bar, ce n’était pas de trop. Les gens qui venaient s’échouer aux bars n’’étaient pas que des anges. Quelques fois, il a bien fallut jouer des mains pour trainer les derniers hors de l’enceinte. Puis, les bagarres étaient habituelles et les jeux d’alcools n’arrangeaient rien. Puis, ils n’avaient pas vraiment peur après tout. Ils avaient vu pire, bien pire. C’était peut-être cela qui faisait la différence. Mais le salaire ne suffirait pas pour vivre dans un appartement tout seul. Faudrait un colocataire. S’il ne trouvait rien, il pouvait dire adieu au gardiennage d’Ollie. Se faire remplacer était tout simplement hors de question.
Soraya eut son paquet de chips et Mike lui rendit la monnaie, en bon commerçant. Puis, le sujet de la Saint-Valentin. Il sourit simplement lorsque Soraya lui posa des questions telles que « Cette… Héra, c’est plus la Saint-Valentin. C’est un génocide humain. » Sourire tranquille. Il ne fit aucun commentaire. « Tu vas pas survivre, c’est pas possible. Pourquoi tu t’infliges ça ? » Nouveau sourire. « Parce qu’elle ne veut pas y aller toute seule. » Il n’y avait qu’à voir son regard perdu lorsque sa mère lui avait prier au bout du fil de venir pendant les vacances. Il ne s’était pas posé la question. Puis… « … j’ai jamais vu Paris. J’habitais dans le sud, moi. A Carcassonne. C’est sur que c’est pas Paris. » Le Rho Kappa lui adressa un sourire avant de continuer. « C’est mieux. » Mike lui demanda alors ce qu’ils allaient y faire. Le français hésita avant de répondre. « On va sans doute visiter. Un peu de shopping. » « Tu préfères quoi ? Les USA ? » « Oui, de loin. Quand je suis arrivé aux Etats-Unis, j’ai été étonné du caractère des américains. Ils sont plus ouverts d’esprit malgré tout ce qu’on peut dire. Les français sont très en retard. Par exemple, la littérature en France, elle n’est réservée qu’aux gens de la « high » » Il accompagna ses paroles du geste du guillemet. « Ils restent sur leurs sentiers battus, n’aiment pas évoluer. Il n’y a qu’à constater la date du droit de vote aux femmes. Et de plus… ils sont très, très mauvais en langue. Bref. Je ne peux que constater l’écart des deux cultures. Miami me convient très bien. Je ne pense pas une seule seconde à retourner en France. » « T’as pas l’air très motivé quand même » « Bah. Disons que je n’ai plus remis les pieds là bas depuis un certain moment. Il y a trop de souvenirs. Si Héra ne me l’avait pas demandé4, j’aurais attendu dix ans avant d’y retourner. » Il murmura d’un ton légèrement brutal « La France, pour moi, c’est terminé. ».
 
Vient le moment où Soraya dégaina un cd. Ce qui fit sourire Siegfried. Il connaissait son attachement et son gout immodéré pour la musique. Soraya ne laissait pas de temps mort : elle était trop vivante. Par moment, il oubliait qu’elle venait d’un milieu défavorisé et qu’elle avait vécut l’enfer. Mais elle survivait. Avait-elle vécut des choses difficiles ? Parfois, il lui semblait que non. Mais on ne connaissait pas vraiment les gens hein ? Elle entreprit alors de mettre le cd en place. Toute guillerette, elle s’éloigna, impatiente de mettre son cd. De loin, les deux garçons l’a regardèrent explorer cette chaine hifi, bien décidée à imposer sa musique à elle et pas celle toute pourrie du bar. Au moins, ça mettra un peu d’ambiance. Il ne l’a lacha pas des yeux, car le type d’avant la reluquait un peu trop pour être innocent. C’est donc là qu’il en profita pour glisser un mot sur sa situation à Mike. Mais ce dernier, loin de se moquer de lui, le gratifia d’un coup amical dans le dos :
 
« Et bien faut croire que les choses sont faites pour arriver au hasard. 
- Haaa… ?
- Aiden parti, on a à nouveau une chambre de libre.
- Haaa mais… je ne disais pas ça pour m’incruster, murmura t-il, tu sais, je…. »
 
Ne veux paaaas vous dérannnnger.
« On a à nouveau une chambre de libre. S’il faut, tu peux venir, et je ne pense pas que ça dérange Soraya.
- … tu crois ? demanda t-il, quand même un peu gêné. »
 
Il se faisait jarter par un couple et maintenant un autre se contraignait à l’adopter. Voilà un concept intéressant. Très bien, parlons s’en. Cela le fit sourire. A bien y réfléchir, cela le dépannerait. Evidemment, tout le salaire irait dans le partage du loyer et la bouffe. M’enfin, il pourrait peut-être demander des allocs. Et comme il était boursier, le budget tiendrait. Heureusement que l’entretien de son cheval était garanti par les quelques heures de leçons données à l’écurie. C’est largement dans ses moyens. Il se tourna vers Mike mais il fut attiré par les manœuvres de Soraya sur la radio. Il essaya de ne pas rire, mais c’était peine perdue. Mais lorsque tout s’éteint, et que clients râlent, il éclate d’un rire amusé. Ho non ! Elle avait éteint la triplette qui liait tout l’éclairage ! Bon, les clients râlent evidemment. Il glissa un mot à Mike « Ils ne perdent pas une occasion de râler ces crétins. » mais déjà… « Ho Putain… je crois que j’ai tout cassé. » «  Mais non Signorita. Attend, j’arrive. » dit-il en s’approchant. « Je vais régler ce problème. En plus, vaut mieux. Il y a un gars qui veut faire un one man show après. Remarque, vu sa tête, faudrait rester dans le noir. » Murmura t-il à l’oreille de Soraya alors qu’il passait à côté d’elle. Trêve. Il se servit de son portable pour éclairer la chaine, puis la triplette. Pensif, il chercha le bouton, mais dans le noir, c’était pas facile.
Serait-ce une bonne idée de les rejoindre à Little Haiti ? Après tout, ce n’était pas vraiment un quartier fréquentable… bon, il était déjà passé chez eux et ce n’était pas le pire. Juste un peu miteux mais ils vivaient plutôt bien là bas. De plus, avoir sa chambre, enfin, payer son coin, avec son argent, gagné dans son taf, n’était-ce pas commencer un semblant de vie quelque part ? Il vivait soit à l’internat, soit dans une chambre gratuite, chez Sarah et Yoann. Franchement, il n’était pas un assisté… alors…
 
HO OUI DIS MOI OUI ! HO OUI DIS MOI OUI LAISSE MOI AU MOINS UNE CHANCE ET DIS MOI OUI !
 
Il sursauta en entendant la voix suave et chaude de… d’un artiste. Français. Un français… mais lequel ? Il faut dire que tout ce qui touchait à son terroir musical n’était plus de son actualité. Il avait passé trois ans ici. La musique de son pays lui semblait si lointaine ! Mais dans tous les cas, hop, tait toi monsieur français.
Siegfried tourna immédiatement le bouton pour baisser le volume. Mais en entendant les clients râler, il s’exclama. « Hey, ho, c’est moi qui ait le pouvoir hein. » Et il augmenta le volume. Quelques rires, d’autres qui râlent, et il laissa la paix à la radio. Il s’approcha de ses deux amis et passa derrière le bar. « Avé moi ! » dit-il en levant les bras, tel un dieu ayant créer le feu pour vous, pauvres humains.
Mais déjà, Mike rappela le problème du jour.
 
« Au fait Soso, notre cher ami ci-présent a eu quelques soucis avec les colocataires qui l’hébergeaient. On a une chambre de libre, non ? Autant qu’elle serve à autre chose qu’héberger les araignées.
- Haaa… mais si ça pose problème, je… »
 
Mais déjà elle coupa court et accepta. Ho ? Minute de réflexion et… bon. Il sourit et puis finalement, il se décida.
 
« Bon, alors si cela ne dérange personne… je veux bien venir. Allez, je paye une tournée ! » dit-il en prenant trois verres. « Je dois dire que c’est vraiment rassurant pour moi ! Je me voyais déjà vivre sous un pont. » Il exagérait, oui. « Putain, vous me sauvez la mise, merde ! »
 
Tout heureux, il leur posa des qusetions sur les modalités de location. Ils discutent, emballés par cette perspective. Soraya s’était réinstallée sur son tabouret et taquinait son querido tandis que ce dernier lui faisait un rapide résumé des voisins qui entouraient son futur chez lui. Siegfried leur posa quelques questions d’ordres pratique. Cette perspective d’avoir enfin une chambre à LUI l’encourageait à… garder ce job. Avant, il n’avait aucune raison de rester dans un endroit pour travailler. Mais à présent, le fait d’avoir un loyer à payer le contraignait à faire profil bas. C’était une pression supplémentaire, lui qui n’avait pas réussis à garder de job plus d’un mois. Mais là, il était ici depuis un mois et à aucun moment le patron ne l’avait réprimandé. Bon, il s’était trompé de commandes quelques fois mais il était plutôt rapide et motivé pour ce job. Et l’appartement.
Tous trois trinquèrent donc à leur nouveau colocataire. Siegfried paya   la tourna mais en prépara une nouvelle. Il leur murmura :
 
« En voici une autre. Il y a un type qui va faire un spectacle. Ouai enfin un one man show. Super… ! » Un autre serveur vint au micro et présenta le type qui allait prendre le micro pour présenter un type qui allait sans doute faire un gros flop. Siegfried murmura à l’adresse des deux autres. « C’est comme ça tous les jeudis. Un type qui pense avoir du talent vient se présenter ici et se fait dérouillé par le public. Il y en a des bons. Et celui-là, je vous jure, il a l’air sacrément perché. »

Le gars en question
 

Le type en question s’avança sur la petite scène. Et déjà, le français du s’empêcher de rire. Les lumières baissèrent et la musique fut éteinte. Ho dommage… il aimait bien. Eeeeet… le type qui apparut, he bien… il avait un SERIEUX problème. « Ho putain. » Le type… il s’était rasé d’un coté de la tête. Et il s’était affublé comme un clown ce type. Mais… quoi ! Puis cet air d’abruti merde alors ! Il baissa les yeux pour éviter qu’il ne voit que le serveur était entrain de se foutre de sa gueule. « On a un bon là… il est bon, je l’aime déjà… ! »
 
Et Le one-man-show… il est juste immonde. Evidemment, ce bar miteux n’attirait pas vraiment les grands et bons artistes. Ses blagues sont accueillis par un lourd silence ambiant. Siegfried boit un coup, et tente tant bien que mal de garder son sérieux mais allez donc. Le type repart, comme il était venu : Anonyme.
C’était un peu triste tout de même… préparer quelque chose, pensant que c’est bon, alors que c’est mauvais. Oui, c’était triste et plus encore car le type là, il n’existerait que pour être l’idiot qui a fait un flope en ce jeudi soir. Et lui, serait-il toujours le colocataire envahissant l’espace de Sarah et de Yohan ? Serait-il encore pire chez Soraya et Mike ? Cette possibilité ne lui plait pas. Pourtant, il faut bien essayer. De plus, il les connaissait bien et avait assez d’affinités avec eux pour envisager une colocation tranquille et sereine. Tous trois restèrent au bar, Soraya animant la conversation. De temps à autres, Mike et Siegfried servaient les clients qui commençaient à partir petit à petit. C’était comme d’habitude. Les alcooliques s’endormaient sur leur table et fallait les réveiller et les foutre dehors. Pas de bagarre ce soir. A vrai dire, c’était une bonne soirée qui s’achevait. Elle n’avait pas bien commencé avec cette fichue nouvelle qui tombait sur lui.
Cela ne pouvait que s’améliorer !
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*~* Petites brèves de Comptoirs *~* [Soso/Mike]

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