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 Tous les matins du monde sont sans retour [Vincent]

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MessageSujet: Tous les matins du monde sont sans retour [Vincent]   Mer 25 Fév - 12:24

[Dans ce Rp, Zacchary Wade, le frère de Siegfried, passe ses vacances à Miami, à l'insu de son père. Ce rp se passe durant l'été 2013, deux mois avant sa mort. Le personnage joué n'est autre que Zach ;)]


Sursaut.
Où est-il ? Ho oui, c’est vrai. A Miami, dans l’appartement de Sarah et de Jey, deux amis proches de son frère Siegfried. Ses yeux s’ouvrent sur la porte entrouverte de la chambre occupée par Siegfried. Le silence règne dans l’appartement. Pourquoi ? Ha ! Siegfried est allé en cours, à Wynwood et Sarah et Jey se sont rendus en Arizona pour l’été. Les deux frères avaient donc cet endroit intime pour passer du temps ensemble. A cette pensée, le jeune garçon sourit doucement, soulagé à l’idée de ne pas passer son été dans ce camp d’été consacré aux jeunes musiciens. Avait-il pour une fois renoncé à l’y envoyer ? Non, bien sur que non. Siegfried a frappé fort sur ce coup là. Pendant que le père vantait les mérites de ce camp réservé à la jeunesse artistique, son fils avait pris l’avion pour cette immense ville qu’était Miami. Et il ne doutait de rien… Du moins il l’espérait.
A cette pensée, Zacchary se mit assis sur le lit et balaya la pièce du regard. La chambre de Siegfried était un peu petite mais ce n’était pas trop grave. Sur le bureau, il avait mis son étui à violon qu’il n’avait pas encore ouvert. Depuis une semaine qu’il était là et… pas une fois, l’objet n’est sorti de cette prison. Il faut dire que Siegfried faisait tout pour le distraire et le tenir loin de cet objet de « malheur » disait-il. Oui, c’était un objet qui lui avait valut des heures de souffrances, enfermé dans sa chambre avec son père qui le jaugeait de son regard critique. Tandis que les notes harmonieuses le rapprochaient doucement de lui, les mauvaises l’en éloignaient brusquement…
Etait-il un bon musicien ? Selon son père pas encore. Mais Siegfried aimait l’écouter jouer. Pourtant, lui-même n’était pas sur de…
Il se leva, ses bras maigres serrés autour de son cours, un peu agité par ces pensées. Ha, elles étaient toujours aussi envahissantes. Depuis les premières lueurs aux dernières qui achevaient le jour, Zacchary laissait son esprit se submerger par ces questions. Pourtant, il fallait bien commencer par un petit déjeuner n’est ce pas ? C’est alors qu’il sortit de la pièce sur la pointe des pieds, oubliant qu’il était seul ici. Une fois dans la cuisine, son regard fut attiré par une assiette de viennoiserie et un mot écrit de la main de son frère : « Khajit, comme tu peux le voir je suis allé en cours. Merci à toi de m’avoir fait culpabiliser ;). »
Zach sourit doucement. Son frère a déserter les bancs de l’école depuis ses seize ans. Il s’en voulait car c’était à cause de lui qu’il n’est plus revenu en France. Pourtant, il avait tout fait pour entrer dans l’un des lycées les plus primés de la région. Un travail de longue haleine. Le fait qu’il ait retrouvé le rythme scolaire rassurait Zach. Siegfried avait trop de capacité pour les gaspiller dans une écurie à curer les sabots des grands palominos. Il sourit doucement et continua à lire le mot. « Trêve de plaisanterie. Je tiendrais jusqu’à 15 Heures mais par pitié, après je veux aller manger un bout au bar à céréales. » Le sourire pâle du garçon devint plus gourmand. Un bar… à céréales ? Sur le coup de la nouvelle, il fit quelques petites sauts en murmurant des « Oui, oui oui ! oui oui ! » et reprit la lecture du mot « … 15 heures devant le lycée. Je t’embasses mon Khajit.
PS : je t’ai pris ceux aux amandes, ceux que tu aimes. N’hésite pas à te balader en ville. Miami est une très belle ville. L’air frais te fera du bien, tu n’as pas beaucoup de couleur et cela m’inquiète. Tu n’es pas malade au moins ? Non, allez. Bonne journée P’tit chat. »
Zach sourit doucement en relisant le mot, le plia soigneusement en deux pour le mettre dans la poche de son short. L’œil gourmand, il prit un des petits pains, une assiette et s’installa devant la télé, attentif à ne pas salir le canapé. Les chaines étaient nombreuses. La télécommande rivée sur l’écran, son doigt appuyait sur la touche des chaines sans pour autant se fixer sur un programme. Il y a bien longtemps qu’il ne regardait plus les dessins animés. C’était pour les gosses parait-il. Pourtant, Siegfried continuait à mater les marvels et tout ces trucs là. Ne parlons pas des comics qu’il commandait sur internet avec le salaire qu’il gagnait au ranch. D’ailleurs, il lui a montrer tous ses numéros de Deadpool, Spiderman ainsi que Batman. Ho et catwoman. Les tortues ninja. Bref.
Il termina bien vite son petit déjeuner frugal mais il avait encore faim. Etait-ce raisonnable de tout manger ? Il hésita. Un peu sur la réserve, il regarda autour de lui comme s’il s’attendait à ce que quelqu’un le surveille et prit une autre viennoiserie. Non, personne ne serait là pour lui interdire quoique ce soit. Allez Zach. Siegfried ne t’interdira rien. Non rien… A cette pensée, l’envie de sortir l’étreignit. Ce n’était pas courant pour lui de sortir dans la rue et de marcher là où il le souhaitait. Seul. Il enfourna son petit pain dans la bouche et se sauva en courant dans la chambre de Siegfried et ouvrit son armoire de vêtements. Il en tira un jean noir et un vieux tee shirt un peu grand pour lui. Le passage dans la salle de bain fut bref. Il prit tout de même le temps de se brosser les cheveux ainsi que les dents et sortit en vitesse de l’appartement, dans une hâte toute enfantine à l’idée de sortir dans de magnifiques rues. Dans le mouvement, sa main attrapa encore une fois une dernière viennoiserie qu’il dévora sur le chemin…
Ho bien sur que son regard se posa sur le violon. Bien sur qu’il s’empêcha l’espace d’une petite seconde de sortir et de s’entrainer un peu. Mais… il voulait sortir. Marre de ces cordes qui le retenaient à cet objet de malheur. Il n’y avait qu’à les briser pour disloquer l’instrument…
Et pour cette fois là, il brisa les habitudes imposées par son père, content d’avoir la journée pour lui. C’est donc dans une première rue que le garçon commença son exploration.
C’était juste… magnifique. Chaussés de bonnes baskets, Zach marchait d’un pas hésitant dans les rues. Chaque endroit était une nouvelle découverte. Les restaurants…. Les boutiques… les voitures de sport qui roulaient et se garaient ici et là. Il n’y avait que des gens en short et en tee shirt, tant la chaleur frappait la ville. Il n’était pourtant que dix heures du matin… mais le temps passa très vite et les degrés montaient. Malgré l’écoulement des heures, il ne s’en rendait pas compte. Son estomac lui pria de bien le nourrir et, ceci fait, Zach reprit son chemin. Vers midi, les trottoirs furent inondés de monde. Le nez en l’air, il regardait tout ce qu’il pouvait voir, sans pour autant céder à l’envie d’acheter. Sa belle-mère lui avait donner un peu d’argent mais il n’avait pas envie d’acheter un souvenir qui risquerait de le trahir auprès de son père. Les yeux élevés vers les hauts bâtiments, il ne vit pas le gros type qui le heurta brusquement.
« R’garde où tu vas mioche ! » lui cria t-il en le poussant.
Surpris, Zach ne put éviter cette bousculade qui l’envoya contre un lampadaire. Il adressa un regard furieux à son agresseur mais celui-ci était déjà loin. Heureusement qu’il ne l’a pas vu… il n’aurait pas pu s’attaquer à plus grand que lui avec ses bras trop maigres. Il n’était pas bien gros, bien au contraire. Siegfried le trouvait même trop maigre pour son âge et avait insisté pour le remplumer un peu durant ses vacances. Il faut dire qu’aujourd’hui, ainsi que les jours où Siegfried l’accompagnait à ses côtés, il oubliait les angoisses des leçons et pensait à la nourriture. Oui, car son angoisse, ses démons, ceux qui lui greffaient un archer de force dans les mains, lui faisait oublier le nécessaire.
Les yeux fixés sur le gros lard, Zach se dit qu’il aurait voulu se défendre mais bon… seul, il n’avait aucune chance. Tant pis. Quelle heure était-il ? Il reprit sa route, un œil sur son portable. 13H. Très bien. Dans deux heures il lui faudrait être devant… devant l’école. L’école ? Mais où était-il en réalité ? Y’avait-il un panneau ? Un plan ? Il sorti son portable et tenta de s’orienter, mais malheureusement, Zach n’était pas connu pour ses talents d’orientation, bien au contraire. Cédant peu à peu à la panique, il avança dans les rues bondés, persuadés que ses pas le méneraient au lycée de Siegfried. Mais plus il marchait, plus il s’éloignait du but pour s’approcher d’un autre endroit plus… intéressant. Ho il essaya bien de demander son chemin à des passants mais…
« S’il vous plait monsieur, je… » supplia t-il d’une petite voix timide.
-Pas le temps, pas d’argent.
- Non, c’est juste pour… »
Mais le passant fila à grandes enjambées, ne lui laissant aucune chance de s’expliquer. Il tenta encore une fois avec une femme à l’allure sévère mais cette dernière s’éloigna de ce gamin pour traverser la rue. Il continua de marcher, les jambes tremblantes. Je suis perdu, je suis perdu… il se tortillait les mains, la tête baissée, priant de trouver quelque chose. Lorsqu’il trouvait un plan, il s’y arrêtait. Quatorze heures et le soleil le frappait toujours plus. Mais la peur d’être perdu et de rater le rendez vous avec son frère était tel qu’il oublia de boire. Il ne savait pas qu’il était perdu sur un des îlots de Miami, Three Islands Boulevard.
Il ne vit pas immédiatement le conservatoire. Terrifié à l’idée saugrenue d’être perdu pour toujours dans cet univers hostile, Zach s’assied en tremblant sur un banc devant le haut batiment aux grandes baies vitrées. La tête entre les mains, il tenta tant bien que mal de se reprendre. Allez… que dirait Papa ? Et Siegfried… ne laisse pas tomber… ! Siegfried devait l’attendre maintenant ! Non pas encore, il n’était que 14H15… Allez, tu vas trouver quelque chose…
Son regard se leva et quand il vit le haut bâtiment et ce qu’il renferma, Zach décida d’y entrer. Une secrétaire pourrait l’aider et lui indiquer le chemin… non ? Peut-être que si… sa main poussa timidement la porte d’entrée et la referma derrière lui, ignorant sa soif urgente. Non, d’abord il fallait trouver quelqu’un qui l’aiderait. Il boirait après, c’était nécessaire après tout. D’abord le plus urgent, et ensuite ses envies.
L’endroit était magnifique. Les murs clairs et les vitres environnants laissaient la lumière forte filtrer à travers le hall principal. Cela augmentait la chaleur encore plus mais qu’importe. Il fut distrait par des notes de piano et de violoncelle. Mais il fallait se concentrer sur l’objectif. Oui, retrouver son chemin. D’ailleurs, une voix le héla :
« Mon garçon que cherches tu ? » demanda une secrétaire à grande lunettes.
Il ouvrit la bouche mais elle le dévança.
« Ho tu dois sans doute chercher le cours de Mr Eckon » Dit-elle en le prenant doucement par le bras « Viens. C’est par là. Nous nous sommes trompés de salles, alors depuis avant, les élèves se perdent, viens. »
Il voulut protester mais les mots mourraient avant même de naitre. Embarrassé, il se laissa entrainer. Il redoutait le moment où il se trouverait devant ce monsieur Eckon et où il murmurerait d’une petite voix fragile qu’il était juste… perdu. Mais quelle mauviette !
« C’est par là ! Bonjour Vincent ! J’ai encore trouvé un élève perdu. »
Elle avait ouvert la porte d’une salle spacieuse dont le centre était occupé par un magnifique piano noir. Un professeur d’une trentaine d’année se tenait devant un groupe d’enfant entre douze et quinze ans. Mais à peine son regard se posa sur eux, qu’il sentit son cœur se serrer. L’un avait les cheveux coiffés en arrière, l’autre lui adressa un regard hautain tandis qu’une fillette en petite robe noire chic tourna sa tête vers lui d’un geste gracieux. Leurs yeux brillants de fiertés se posèrent sur lui, pauvre petit avorton tout droit venu de la banlieue pauvre de Carcassonne. Ces enfants qui tenaient des instruments tout neuf et de première main. Ces enfants qui le détestaient à Portland et lui faisaient sentir que ses origines de « pauvres » ne feraient jamais de lui un enfant de la « haute ». Ces enfants qu’il savait ne jamais égaler.
Des enfants qu’il s’était promis d’écraser sous la botte de son talent. Si un jour il parvenait à les égaler. Mais ce jour n’était pas aujourd’hui. La secrétaire l’encouragea à s’installer parmi eux et salua une dernière fois le professeur qui lui rendit son salut.
Et là le cauchemar recommença. Zach sentait les regards sur lui, comme les soirs où il se tenait sur une scène, prêt à offrir à un petit public, l’ampleur de son talent qu’il trouvait encore insuffisant. Malgré les forts applaudissements à la fin de chaque performances, il se savait encore petit par rapport aux grands qu’il voulait égaler.
Mais ce genre de regard avait le don de le faire trembler. Tétanisé, il garda son regard rivé sur ce professeur qui le regardait et l’invitait à s’asseoir. Et ces enfants qui le regardaient. Et le piano qui semblait se moquer de lui. Ces rayons du soleil qui filtrait à travers la vitre. Et encore ces regards. Et la soif qui revenait. Et un faible murmure qui parcourait le petit groupes. Que disaient-ils ? Le jugeaient-ils ? Avait-il entendu « l’air d’un pauvre » ? Oui sans doute. Puis aussi « Regard stupide » « Tsssk » « ce truc, il fait quoi là… ». L’angoisse, elle revient, elle revient… !
Ses mains tremblaient, à nouveau, comme à chaque fois qu’il ressentait la peur. Ses mains… elle le trahiraient encore une fois ! Et ses pieds qui ne lui obéissaient pas. Zach n’avança pas vers la chaise vide qui l’attendait. Ses pieds n’obéissaient plus et ne faisaient plus qu’un avec le sol.
"... je..." commença t-il, la peur au ventre "... je... !" Ils le regardaient. La honte le surbmergea. Il se sentait bête. Stupide. Con. Ridicule. Comme toujours... Les mots ne sortaient pas.
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MessageSujet: Re: Tous les matins du monde sont sans retour [Vincent]   Dim 8 Mar - 20:13

Parfois je repense à Portland, petite ville du Maine connue pour les romans de Stephen King plus que pour autre chose. C'est cette petite ville de banlieue qui m'a vue naître il y a de ça une petite trentaine d'année. Je devrai y retourner plus souvent, j'argumente sur le fait que je n'ai pas le temps, qu'être professeur me prend bien trop de temps, c'est juste de la mauvaise foi. Depuis que j'ai choisi la voie de la musique, il y a comme un malaise entre mes parents et moi, j'avais choisi de sortir du chemin familial et j'étais sorti de leur monde. Depuis que Rosy et moi avions divorcé j'ai peur de leur jugement, de ce qu'ils pourraient dire de mon comportement, de cette foutue célébrité qui m'était montée à la tête jusqu'à m'en faire perdre la raison. Bien sûr que je regrette tout çà, d'avoir dans un premier temps l'idée de faire professeur pour devenir une pseudo rock star. Je m'en étais mordu les doigts, et aujourd'hui j'essayais de faire comprendre à de jeunes musiciens que la musique n'est pas forcément la célébrité, que ce n'était pas une fin en soit, quelle ironie quand on y réfléchit. Je me suis fais la promesse de ne plus jamais remonter sur scène en tant que professionnel, plus jamais. Pour le lycée, ou quelque chose d'informel pourquoi pas, mais en tant que professionnel jamais. Je ne veux plus avoir à faire à ce monde là, c'est bien trop dangereux et puis je n'aspire à devenir un des grands noms de la musique, j'ai trouvé ma voie et c'est l'enseignement. Enseigner la musique en tant qu'art, en tant que discipline mais aussi en tant que façon d'être et de vivre, il fallait être humble pour faire de la musique selon moi. Un point à côté duquel j'étais passé, mais je me devais de leur expliquer pour qu'ils ne fassent pas les mêmes conneries que moi.

Enseigner. C'est une évidence pour moi, mais enseigner à tout le monde sans distinction. Je suis totalement contre le fait que la musique soit synonyme de richesse, je veux enseigner à tout le monde sans différence, ce qui n'est pas forcément facile dans une ville comme Miami où la richesse est très présente et les inégalités sociales sont exacerbées. Au lycée et à l'Université ça va encore, mais au Conservatoire c'était autre chose. L'exigence d'un grand standing, et les frais d'inscription je vous raconte même pas. Alors forcément je devais donner des cours au gratin de Miami, bonjour l'angoisse pour leur expliquer l'humilité et le fait qu'on ne fait pas forcément de la musique pour devenir célèbre. Dans leurs têtes il y a déjà plein d'idéaux préconçus sur la musique, souvent c'est leurs parents qui les poussent à faire de la musique, parce que dans leur milieu « ça fait bien » d'être musicien, alors en plus me retrouver avec des gamins hautains, fiers d'eux et insupportables je me retrouvais aussi avec des gamins pas un poil intéressé par la musique et ça me désespérais vraiment. Mais je faisais de efforts, restant toujours très exigeant avec les élèves chez que je découvrait un véritable potentiel, avec Shin par exemple, ce gosse est un véritable génie et je suis super heureux de l'avoir rencontré, d'élève il était passé à collègue et ami et nous travaillons souvent ensemble, nous avons d'ailleurs un projet musical en cours que j'ai hâte de voir aboutir.

J'essaye de toujours rester occupé. Seul dans mon appartement dans Coconut Grove j'ai tendance à ruminer et à ressasser tout mes mauvais souvenirs. C'est pourquoi j'avais accepté d'assurer les stages d'été au conservatoire. Ces stages sont des blocs de quelques jours pendant l'été où s'inscrivaient en général pas mal de monde pour approfondir leur connaissances et donner un avant-goût de ce que sont les cours dans l'année. Tout le monde pouvait s'inscrire et ça j'avoue que çà me plaisait, hélas le conservatoire avait une telle réputation d'élitisme que je me retrouvais encore et toujours avec les mêmes élèves.

Ce matin c'est la flemme qui m'étreint de son doux manteau. Ce n'est pas vraiment mon genre mais pas un muscle ne veut répondre à l'appel de mon réveil matin, à part ma main qui s'abat lourdement sur l'engin maudit pour le faire taire, du moins pendant dix minutes. Maudit soit l'inventeur du bouton Snooze. Je me traîne hors du lit et commence mon traditionnel rituel du matin qui consiste tout d'abord à une bonne dose de café, une douche et la révision de mes cours pour la journée. J'adapte parfois mes cours selon mon humeur, selon ce que j'écoute sur le moment, je n'aime pas me contenter d'un seul style de musique et c'est une mission pour moi de faire découvrir à mes élèves une certaine diversité musicale.

Mes notes finies je prends ma guitare et je file vers le conservatoire pour donner mes premiers cours. Ce matin les stages que je donnais c'était essentiel du solfège, des cours basiques en somme pour faire découvrir la théorie musicale et tout se passe à peu près bien à part quelques élèves turbulents. C'est sur une plutôt bonne note que la matinée se termine. Je file manger rapidement les cours reprenaient relativement tôt dans l'après-midi, a peine le temps d'avaler quelque chose en vitesse dans les cuisines du conservatoire avant de retourner dans la grande salle pour retrouver mes élèves. Classe de gosses de riches. Arrogants jusqu'au bout des doigts, avec un intérêt plus que limité pour la musique, tout ce que j'aime. Il doit être aux alentours de 14h30, quand la porte s'ouvre sur la secrétaire accompagnée d'un jeune homme que je ne connaissais pas, il a l'air très timide. Je cherche dans ma mémoire pour savoir si c'est une des personnes inscrites au cour. Mais visiblement non il ne faisait pas partie de mes élèves. Et alors ? Si il était là c'est qu'il avait envie d'apprendre et comme je disais je ne fais pas de distinctions entre les gens et je n'allais pas le virer juste parce qu'il n'était pas inscrit. Je souris. « Merci bien Nicol... »

« Et bien bonjour à toi.» dis-je toujours en souriant. « Je suis Vincent et toi ? » Visiblement il est mal à l'aise. Les autres le toisent et murmurent. J'ai envie de leur dire de la fermer mais je ne peux pas me le permettre. Je fais signe au garçon de s'asseoir à une place libre. Il ne bouge pas et les mots ont peine à sortir de sa bouche. Je ne perds pas mon sourire rassurant et ajoute. « Allez va donc t'asseoir n'ai pas peur. Et les autres arrêtez de bavarder s'il vous plaît. » Je les regarde d'un regard lourd, ne supportant pas leur comportement. Moi aussi un jour j'ai été ce petit garçon que les riches toisaient et je sais ce que sais ce que c'est. Une fois qu'il eu prit place je reprends le cour.

Le cour se passe, sans que le jeune garçon ne se manifeste vraiment, je garde toujours un œil sur lui pour vérifier que personne ne l'embête. Alors qu'à la fin tout le monde sort de la salle je fais signe au garçon de passer me voir. « T'inquiètes pas j'ai juste deux trois trucs à te dire. » En souriant je lui fait signe de s'asseoir à mon bureau. Une fois installé je dis : « Tu n'es pas inscrit au cours n'est ce pas ? Ça ne me dérange pas, je veux faire cours à tout le monde, c'est important que la musique soit ouverte. D'ailleurs désolé pour la réaction des autres, je ne supporte pas çà... Au fait je ne sais toujours pas ton nom. » Je reprends sur un sujet plus léger. « Tu fais de la musique ? D'un instrument ? Pendant les stages d'été j'essaie de faire en fonction de ce que jouent les élèves de rendre ça moins théorique que pendant l'année scolaire. » Je lui souris. « ça ne me dérange pas que tu assistes au reste des stages, il faut juste que tu le veuilles toi aussi... C'est ton choix. » dis-je, attendant sa réponse.
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