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 ▲ Celle qui sauva une vie. Du moins, celui qui le crut. [Odran]

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MessageSujet: ▲ Celle qui sauva une vie. Du moins, celui qui le crut. [Odran]   Mer 25 Fév - 1:36




       
   
   

     
Celle qui sauva une vie. Du moins, celui qui le crut.
Odran & Urban
Les portes du bloc opératoire B s'ouvrirent à la volée. Sur la civière, un homme blond d'une quarantaine d'années. Moi. Qu'est-ce que je foutais là, déjà ? J'étais à peine conscient, mon esprit embrumé ne distinguait plus rien, si ce n'est le bruit assourdissant qui régnait en maître dans cet hôpital. Et je ne vous parle même pas du trajet en ambulance pour arriver jusqu'ici. L'enfer ! Qu'avaient-ils fait de ma BMW ? Je ne dirais pas que j'avais vu défiler ma vie devant mes yeux... pas exactement. Je n'en avais pas eu le temps. Parce que l'arbre, je ne l'avais pas vu. Trou noir. « Où est le docteur Anderson ? ». « Elle se lave les mains. Elle sera là dans quelques secondes. Diagnostique ? ». Beaucoup, beaucoup trop de bruit, mais je ne distinguais aucune parole nettement. « Ah, Docteur, vous êtes pile à l'heure ! ». « Homme blanc, la quarantaine. Accident de la route. Sa voiture s'est encastrée dans un arbre. Apparemment, il ne roulait pas sous influence. Hémorragie interne ». Le Docteur Anderson avait intérêt à assurer, parce qu'un homme comme moi ne méritait pas de crever d'une mort si minable. Je voulais voir une paire de petits nichons une dernière fois avant de trépasser.

Plusieurs heures plus tard. ▬ Lorsque j'ouvris les yeux... le décolleté vertigineux d'une infirmière se baladait sous mon nez, tandis qu'elle vérifiait une perfusion dans le creux de mon bras. Le Paradis, vraiment ? Moi qui étais persuadé que je finirais en Enfer. Comme quoi, filer son fric aux bonnes œuvres, même si on ne sait pas lesquelles exactement, ça paye. Grâce à mon pognon, les petits singes savants qui nous servaient de scientifiques et de chercheurs à Miami avaient au moins dû trouver le remède contre le cancer. J'essayai de parler, mais ma gorge était beaucoup trop sèche. J'avais absolument mal partout. L'infirmière me parla, mais je ne compris pas un traître mot de ce qu'elle me raconta. Je fermai les yeux et me rendormis, pour trois bonnes paires d'heures supplémentaires. Et puis... « Urban ? Mon amour ? Oh mon Dieu, Urban, tu es réveillé ? ». La voix de crécelle de Claire Saint-James, à n'en point douter. J'ouvris les yeux et une lumière blanche pas habituelle m'explosa littéralement les iris. « Qu... ». « Non, bébé, ne parle pas, ne dis rien, économise tes forces ». Je ne sais pas ce qui était le pire : l'entendre m'appeler comme ça, ou la douleur qui me tiraillait de tous les côtés. « Soif » marmonnai-je, presque à l'agonie. Claire se précipita vers moi, manquant de me tuer au passage en arrachant à moitié ma perfusion, ce qui me fit grogner. Une infirmière vint à ma rescousse à ce moment-là, et ordonna presque à ma compagne de... comment dire ?, de dégager son petit cul de là. Apparemment, il était tard, l'heure des visites était dépassée et j'avais besoin de repos. La jolie brune qui me servait de faire-valoir en société fut difficile à déloger – un peu comme la poussière, cette crasse persistante –, mais elle finit par s'en aller. L'infirmière me donna à boire avec toute la délicatesse qui s'impose, elle me demanda comment je me sentais et rajouta une petite dose de morphine dans une de mes perfusions, pour atténuer un peu la douleur. Elle ne m'expliqua que vaguement ce qui m'était arrivé. « Le Docteur Anderson doit passer vous voir tout à l'heure, quand elle aura fini ses opérations pour ce soir. En attendant, reposez-vous, Monsieur McDonald ». Inutile de me le répéter : je fermai les yeux et me laissai de nouveau sombrer dans le sommeil. Je me réveillai quand j'entendis des voix dans la chambre. Je n'aurais su dire quelle heure il était, mais il devait être tard dans la nuit. « Bonsoir » dis-je en essayant de garder un air digne. Je ne m'étais pas vu dans un miroir – Dieu soit loué, j'étais infâme, presque défiguré et absolument pas coiffé –, et ma voix déraillait tellement que je ne devais pas être très convainquant dans mon rôle d'homme fort et viril.


         
(c) WILD BIRD
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