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 ~ Un remake original de "La belle et le clochard" ~

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MessageSujet: ~ Un remake original de "La belle et le clochard" ~   Mar 24 Fév - 16:21

« Mais si tu crois un jour que tu m’aimes, ne crois pas que tes souvenirs me gênent, et cours, cours jusqu’à perdre haleine, viens me retrouver. Si tu crois un jour que tu m’aimes, et si ce jour-là tu as de la peine, à trouver où tous ces chemins te mènent, viens me retrouver. Si le dégout de la vie vient en toi, si la paresse de la vie s’installe en toi, pense à moi.
Pense à moi… »


Tels sont les mots écrits sur une simple carte achetée dans un kioske de miami. Vous savez ce genre de piège à touristes où ces derniers se ruinent en tee-shirt « I love Miami » (avec le gros cœur rouge s’il vous plait) et les mugs « Love Miami » (avec le même cœur oui, oui.).
En son recto, la carte est simple. Dimension standart, inscription « Miami Beach » en grosses lettres avec une vue aérienne sur les belles et grandes plages. Mais au verso, ces mots s’écrient comme une évidence. Fier de ses origines, il leur laisse une place de choix dans sa playlist. De temps à autres, las de la langue anglaise, il retrouve les mots français dans un livre ou un artiste français.
Françoise Hardi par exemple.
C’est un de ces petits trésors musical dont les paroles ont un sens, un vrai. Aujourd’hui, plus que jamais, il souhaite faire partager ces mots à cette jeune personne qu’il dévore des yeux depuis des mois, et qu’il approche, qu’il apprivoise tout au long des semaines et des mois. C’est difficile de s’approcher d’elle d’assez près et de lui faire comprendre qu’elle compte énormément pour lui. Très difficile. Trop ? Non, pas si on use de patience et d’attention.
Encore fallait-il gagner contre ses démons.
Comme tout le monde autour de lui, Héra avait les siens. Sans même songer à son sens du devoir de la discrétion, Kyle Porter lui souffle à l’oreille que cette fille-là, elle a un grain, oui, un grain. L’alcool fait trembler ses mains et lui rappelle sans cesse qu’elle a besoin d’une bonne bouteille pour continuer. Pourrait-il s’en passer ? Sans doute pensait-elle que non. Mais Siegfried n’était pas de cet avis. C’est ainsi donc qu’il l’a retrouve dans sa chambre après une dispute d’amoureux : la mine grise, le maquillage qui coule et trace de longues et terribles larmes sur le visage, ses cheveux pourtant si bien coiffés en désordre et la joue baignant dans un mélange de vomis et d’alcool. Sa main traine sur le sol, tandis que le corps se laisse choir dans les draps sales. Est-ce là son véritable visage ? Une pov’ alcoolique ? Une riche qui n’a rien d’autre à foutre que siffler deux trois bouteilles d’absinthe comme ses pairs ?  D’autres en auraient profité, après tout, elle est inconsciente. Mais Siegfried n’est pas de ceux-là, non. Il sait combien la solitude peut être cruelle avec ses victimes. Il sait ce que c’est que de rester sur un lit, recroquevillé sur soi-même, en proie à des pensées mauvaises et une dure réalité qui taraude l’esprit le plus fort. La volonté de vivre s’évanouit peu à peu et c’est la déchéance qui prend le corps en charge.
Ce qu’il faut dans ce cas-là, ce n’est pas forcément un médecin, une cure de désintox ou même la destruction pure et simple de tout l’alcool du monde. Non, il s’agit d’autre chose. Après avoir discuté avec une Héra en proie à sa faiblesse, Siegfried l’encourage à ne pas se laisser abattre. Elle est forte, c’est indéniable : elle a juste besoin de savoir qu’elle est importante. Cela, Siegfried espère le lui faire savoir en l’enlaçant. Ses bras la serre et l’encourage à se blottir tout contre lui. Puis tous deux se couchent, dans ce lit, pour dormir ensemble.
Et le lendemain, il achète cette carte, écrit ces mots qu’il espère réconfortant et l’a glisse dans le casier de la jeune fille.
Viens Héra, pensait-il,  moi je sais ce que c’est la douleur. Je ne peux sans doute pas la faire disparaitre d’un coup d’épée ou de Fus Rod ah. Je ne peux pas lui dire de s’en aller. Je ne peux pas me prétendre être celui qui détruira toutes les souffrances du monde. C’est à toi de l’oublier. Tu ne peux pas le faire seule, alors laisse-moi t’aider…
Tu ne seras plus seule.

Ils se voient. Tous les jours, l’un ou l’autre  ressent le besoin de croiser son regard, puis de lui glisser un mot doux à l’oreille au détour d’un couloir et même… même s’enlacer, oui, s’enlacer dans un coin où personne ne regarde. Il ne se passe plus un soir de semaine où Siegfried passe du temps seul, non. Tantôt Ollie se rend chez son grand frère, histoire de laisser son père avec ce grand chat aux yeux noirs. Mais ce n’est pas grave, car les soirées des deux frères sont ces moments de complicité que personne ne peut détruire. Siegfried s’était promis de ne JAMAIS appeler un autre enfant « mon frère ». Mais c’était avant de perdre Zach et de rencontrer Ollie. Il oublie que pendant des mois, il restait allongé sur son lit, les yeux perdus dans le vide, à rechercher un sens à une existence brisée. Pouvait-il l’appeler frère ? Oui. Maintenant oui. Peut-être pas à voix haute, mais le penser fort, très fort, oui c’était possible.
Il y avait d’autres soirs où il ramenait le gamin chez lui. Kyle l’invitait alors à rester un moment, ce qu’il acceptait avec joie. Même si parfois la discussion tournait au vinaigre. Etait-ce une crise d’adolescence ? Parfois, il semblait bien que oui. Mais il ne faisait jamais la gueule très longtemps. Il y avait un mot pour ça non ? Lequel ? Il ne savait pas encore vraiment comment qualifier sa relation avec Kyle. Mais malgré cela, il savait qu’il pouvait lui faire confiance.
Et puis il y avait Azraël… toujours le mot pour rire celui là. Non, plutôt un coup de poing sur l’épaule. Puis un deuxième. Puis une bataille entre deux sportifs. Et puis les vannes. Et la confiance qui s’était installée, malgré une totale indifférence et une bagarre terriblement douloureuse. Ce n’est que par la suite qu’ils devinrent amis. Il faut dire que Trophime lui a déjà rendu plusieurs coups de mains. Pouvait-il lui rendre un jour ? Sans doute.
Et Héra ? Elle entra timidement par la porte, craignant de déranger, mais non. Siegfried l’encourage à rester parmi eux. C’est avec cette atmosphère familiale qu’il espère lui donner envie de se battre contre ses démons.
… même si elle trouvait la Parmjana de Kyle mieux que la sienne.

A présent, ils partagent le même lit au moins trois nuits par semaine. Quatre ? Nus, ou presque, Siegfried la tient entre ses bras, le torse embrassant harmonieusement le dos de la jeune femme. La laisser seule l’angoisse. Et pas qu’un peu.
Parce que lorsque tout va mal, Héra va loin, très loin. Trop loin. Peu après la dispute, la rumeur qu’un Rho Kappa avait partager la couche d’une Khi Omicron lui était parvenue. C’est avec un sourire goguenard qu’il avait demandé confirmation au concerné. Mais lorsque ce dernier rajouta que « oui, bon c’était quand même la chef, elle est méga bonne », le sourire de Siegfried s’évanouit brusquement. « Une semaine de niche. » « Mais t’as dis trois jours ! » « Ha bah ça a changé. C’est la chef, comme tu dis, alors maintenant tu te fous à poils et tu vas à la niche avant que je t’arrache tes fringues et que je te les fasses bouffer ! ».
Savoir qu’elle avait coucher avec un RK peu après leur soirée en tête à tête raté lui avait fait l’effet d’un coup de poignard. Autant lui arracher le cœur et le jeter dans une poubelle en minaudant « Tu n’as plus besoin de ça non… ? ». En premier lieu, il fut en colère. Oui, vraiment. Merde alors, fallait-il qu’il s’attache seulement aux gens néfastes ? Pourquoi était-elle aller voir ailleurs ? N’avait-elle que cela en tête ? Allait-elle si mal à croire les paroles cruelles d’une femme délaissée en France ? Dans les premiers temps, Héra avait perdu de son éclat à ses yeux, craignant qu’elle ne soit vraiment une… une trainée. Mais en voyant l’expression blessée lorsqu’elle claqua la porte de l’appartement, Siegfried comprenait qu’il y avait quelque chose derrière cet immense mal-être. Au final, elle avait finit par l’écouter pour ensuite se retrouver dans ses bras. Pendant quatre mois. Etait-elle vraiment avec lui ou se moquait-elle ?
Il avait entendu certains garçons discuter d’elle comme s’il ne s’agissait que d’un tas de viande. Et lorsqu’une fille a commencé à fréquenter les autres hommes, la rumeur s’étendait comme une trainée de poudre. Que fallait-il faire ? Ecouter sa mère et laisser cette jeune femme perdue dans les rues de Miami ou plutôt lui faire comprendre qu’elle vaut mieux que ça et qu’elle n’a pas besoin de montrer ses seins pour exister ? Il est tellement plus simple de s’occuper des autres que de voir ses propres problèmes… C’était aussi une manière d’écarter tout individu de sexe masculin. Sait-on jamais… il y a des riches partout dans cette école et dans cette ville. Il n’était pas le mieux placé pour charmer la belle jeune femme… c’est une épreuve de tous les instants. Et comme toutes les épreuves, elle peut connaitre un temps de repos.
Comme ce lundi 23 février.

« Je n’ai pas envie d’y aller seule…

- Où ça ?
- A Paris.
- Il te faut une garde rapprochée ?
- … Oui. »
Léger sourire à son adresse avant de l’embrasser sur la joue. C’était affaire classée : les deux français retournaient au bercail. Etait-ce seulement une bonne idée ? Naïvement, Siegfried ne savait pas vraiment où il s’en allait. Certes, c’était une bonne excuse pour se rendre en France : La Saint-Valentin. Héra n’hésita pas un seul instant avant de lui payer son billet en première classe, qui gêna grandement le jeune homme. Il voulut protester mais voilà. Considérons que c’était son cadeau de la Saint-Valentin. Que pouvait-il lui offrir en retour ? Il n’en savait rien. Ho bien sur, il y avait eu les sms échangés avec Kyle mais aucune de ses idées ne trouvèrent grâce à ses yeux. Que pouvait-il faire donc ?
Il finit par le trouver ce petit trésor dans une boutique. Qu’était-ce ? Il n’osait pas vraiment le lui montrer. Tantôt, son cadeau  lui semblait être comme une idée de génie, tantot, cela rappelait ses origines pauvres. Il avait beau faire le « je m’enfoutiste », au fond, la richesse d’Héra lui faisait défaut : l’aimerait-elle toujours ? Il n’en savait rien. Ce qu’il savait, c’était qu’il ne voulait pas la perdre.
Surtout pas la perdre…

Il n’y avait plus cours. Ses devoirs étaient tous faits. Rien ne manquait. Il avait promis de ramener quelque chose à Ollie. Il avait fermer la porte de l’appartement à clé…
Que demande le peuple ?
Dormir…
Installé contre le dosier de son siège, le français dormait dans l’avion. Il aurait voulu discuter avec Héra mais ces derniers jours, il avait un peu trop forcer. Les dernières semaines avant les vacances, les professeurs adoraient leur foutre des contrôles. « Merci Kyle pour le contrôle surprise… »  « Mais de rien. » « Tu aurais pu nous le prévenir… » « Bah si je le dis en avance, ce n’est plus vraiment une surprise, hem. ». Puis le prof d’espagnol qui leur balance une belle traduction… manque de bol, il avait pas relu le vocabulaire. Mais comme il était déjà bien en avance, ce n’était pas si dur. Pour finir les maths : pas un souci, mais quand même. Puis les soirs, il voyait soit Héra, soit Ollie, soit il passait sa nuit à jouer à la play 4 avec Mike. Et parfois, c’était Rivière qu’il voyait après les cours. L’équitation, ça creuse.
A peine était-il installé dans l’avion que le sommeil l’avait pris en otage pour ne le lâcher que cinq petites heures plus tard.
Un frisson violent – était-ce plutôt un spasme ? – lui parcourut l’échine. Sa main, qui s’était posée sur la cuisse d’Héra, s’était refermée telle des serres sur sa peau, mais le sursaut de la jeune fille le réveilla. Les yeux ouverts, il se tourna vers elle. Quand il vit son regard stupéfait, la gêne se lisait sur son visage.

« Ha… excuse moi. Un cauchemar, rien de plus. » dit-il d’une voix pâteuse. Il étouffa un bâillement et lui adressa un sourire d’excuse avant de demander « J’ai dormi combien de temps ? Ho non, tu t’ennuyais. » Il pinça les lèvres. Il faudrait se rattraper. « Humm… peut-être que je pourrais me faire pardonner, hm ? » Ceci étant dit, il  sortit un paquet de son sac d’une taille modeste et à la forme un peu étrange. Mais en voyant l’œil gourmand d’Héra, il garda le paquet contre lui. « Hmmm… j’espère qu’ils te plairont. J’ai vu que tu avais quelques… alors je me suis dit qu’ils pourraient te plaire. »

Trois bouquins. Le premier était le premier tome d’Autre-monde. Il n’avait rien d’un livre à l’eau de rose, mais il voulait partager son univers avec elle : Le monde des pans et des Cyniks. Les adultes et les enfants. Depuis la première lecture, il s’était retrouvé dans ces pages. Le deuxième se trouvait être un Hemingway. Merci Kyle de m’avoir fait découvrir la littérature classique. Puis… le dernier, un Bernard Werber.

« Bonne fête ma chérie » murmura t-il en l’embrassant tendrement. « Je te souhaite bonne lecture. »

Ce qu’il ne disait pas était qu’il craignait vraiment de mettre un pied dans ce monde qu’il ne connaissait pas. Il se souvenait de cette soirée de merde avec sa mère. Se passerait-il la même chose ? Peut-être pas, il ne serait pas pris par surprise lui.

« En tout cas, ça va nous faire du bien un peu de vacances… »
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MessageSujet: Re: ~ Un remake original de "La belle et le clochard" ~   Lun 9 Mar - 13:24

Il y a des nuages, là haut.

Ce sont des choses qu'on ne regarde pas, dans la journée, pas vrai ? Qui prendrait le temps de regarder le ciel ? On ne le fait que le matin au lever. Un petit coup d'oeil par la fenêtre, regarder le verre et se dire que le ciel est beau quand il est bleu. Mais ensuite ? Ensuite on oublie. On se soucie de choses bien plus importantes à nos yeux. Le travail, les cours, les amis, tout ce qui fait notre quotidien, mais nous... Nous on ne regarde pas le ciel. Moi, en ce moment, je suis dedans. Au milieu du ciel, au dessus des nuages. Lorsque je regarde par le hublot, ça fait comme un voile blanc en contrebas, comme si j'étais au dessus d'une mer de lait. C'est sacrément joli. A côté de moi, il y a un jeune homme qui grogne un peu, et se tourne, ensommeillé, un peu affalé sur son siège. ça m'arrache un petit sourire, malgré le stress. Parce que oui, ce voyage à Paris devrait être une aubaine, un bon moment passé entre amoureux. Mais la vérité, c'est que je n'avais pas trop le choix quand j'ai reçu ce coup de fil de ma mère. Il fallait que je vienne. Et c'est désagréable. Voilà l'une des raisons, la principale peut-être, qui m'a poussé à jeter un regard éperdument désespéré au jeune homme près de moi pour qu'il m'accompagne en France. Là où lui et moi avons nos racines. Je pense que beaucoup trouveraient le séjour bénéfique, reposant. Mais ces gens là ne connaissent ni Paris, ni mes parents.

Ma main de jeune femme se pose sur celle, plus large et plus chaude, du jeune homme du Sud qui partage ce moment avec moi. J'ai peur, bien sûr, parce que ma famille est loin d'être un cadeau, et lui... Lui il n'est pas du tout issu de mon monde. Il ne connait pas les codes. Il ne connait pas les signes, il ne saura pas les identifier. Je suppose qu'il aura besoin d'être chapeauté. Moi ? Moi je sais que je peux y arriver. Parce que je crois bien qu'il est ce qui est arrivé de plus important dans ma vie. Oh bien sûr, je ne lui dirai jamais que ça m'arrive, dans ma petite tête blonde, de le comparer au Messie venu sauver ses ouailles. Il serait capable de le prendre au sérieux et sa tête est déjà suffisamment grosse comme ça. Mais je le pense, oui, bien sûr que je le pense. Parce que si Siegfried avait choisi de m'ignorer, s'il avait joué avec moi, je crois que cette fois je ne m'en serais pas relevée. Mais il a su me prouver qu'il était différent des autres. Qu'il était tout à fait capable de m'aider à remonter la pente. Que j'étais importante. Essentielle. Que je pouvais faire quelque chose de ma vie et qu'elle n'était pas une fatalité. C'est drôle, hein, mais l'autre jour j'ai regardé la Belle et le Clochard. Et je crois que rien n'a été mieux trouvé pour nous que cette belle histoire. La princesse et le vagabond. On dit que les femmes sont attirées par les mauvais garçons. Moi, quand je le regarde, j'ai parfaitement conscience que ce mauvais garçon m'en fera baver, mais que j'en redemanderai toute ma vie durant. C'est une parfaite certitude.

Pourtant, il faut dire que ça avait mal commencé. Les péripéties de deux amoureux transis ont rapidement été un véritable problème pour moi, en vérité. Parce que j'avais beau essayer de l'oublier, c'était un fait : je ne le pouvais pas. Et pourtant, cette obsession ne résidait ni dans le sexe, ni dans quoi que ce soit d'autre pouvant concerner une hypothétique relation ; nous n'en étions qu'aux prémices. Aux balbutiements. J'ai bien cru qu'on ne pourrait jamais aller plus loin. Qu'il s'était moqué de moi. Je l'ai haï, Wade, jusqu'au moindre morceau de ma peau, je l'ai détesté au point de ne pas lui pardonner pendant des semaines. Les regards, les gestes, j'avais cherché à les cacher, en dissimulant par le biais d'une activité sexuelle bien plus que décuplée mon mépris pour ce petit pauvre qui faisait le chef. En tout cas j'avais essayé. Mais lorsque j'étais seule, c'était son image que je trouvais, imprimée derrière mes paupières. C'était lui que je voyais, et je me haïssais de n'être qu'une potiche, une idiote dépendante de ses sourires, de ses regards. Le pardon, il l'a eu, et vite. En fait, je ne peux pas vraiment me voiler la face. J'ai besoin de lui à un point que ça en est absolument maladif. J'ai besoin de lui parce que quand je dors seule, je fais des bêtises. J'ai besoin de lui parce qu'il n'y a que lui pour épouser aussi bien les formes de mon corps. Et puis il a des cheveux géniaux. J'adore ça.

Les mois ont passés, et malgré les différences, les incompréhensions, je suis toujours bien là, avec lui, dans l'avion. J'ai su m'infiltrer par une brèche minuscule en m'offrant de nouvelles opportunités. Parce qu'un jour, Sieg m'a dit qu'il avait un secret à me confier. Que je ne devais en parler à personne, parce que ce n'était pas seulement le sien, mais une question de confiance générale. Si je disais quoi que ce soit, Sieg ne serait pas le seul à en souffrir. Il m'a conduit à Coconut Groove, devant un immeuble que je ne connaissais pas. Il m'a faite monter cinq étages de marches, avant de pousser une porte en bois. C'est drôle comme ça commence, ce genre d'histoires. L'histoire de "comment j'ai trouvé une deuxième famille" atypique, certes. Mais fabuleuse au demeurant. Parce que je crois que sans ces gens là je ne vivrais pas comme c'est le cas maintenant. J'ai découvert dans ce grand salon un gamin aux grands yeux sombres, assis sur un canapé de cuir. La main dans celle... Du médecin scolaire. Et j'ai éclaté de rire, parce que la réponse au mystère du "pourquoi vous vous êtes battus" était là. Sous mes yeux. C'était pas Siegfried, l'homme jaloux. C'était Azraël. J'ai mis un peu de temps à accepter cette relation atypique, mais j'ai bien fait de faire des efforts. Parce que j'ai de l'aide maintenant. L'aide de Porter, chez qui j'ai enfin décidé d'aller pour soigner d'hypothétiques soucis d'alcoolisme. De Cassandre, que j'emmène faire du shopping et qui crie très souvent comme une petite fille devant certaines boutiques. D'Ollie, qui m'a un jour murmuré à l'oreille "Hé, si un jour t'en as marre de Sieg, je suis là moi hein." d'Aza qui aime beaucoup emmerder son meilleur ami, et qui a très souvent besoin de moi (et je ne dis pas souvent non d'ailleurs). Et puis Sieg, au milieu de tout ça. Je ne sais pas comment j'ai pu être adoptée aussi vite, mais c'est un fait, je le suis à présent. J'ai toujours cette photo dans mon portefeuille, celle de tout ce petit monde réuni pour Noël. C'est assez beau à vrai dire. Et je la garde un peu comme un talisman. La situation n'est pas tout à fait la même depuis qu'Azraël a perdu la mémoire. Mais je crois bien qu'un groupe se soude de cette manière : lorsque l'un d'entre nous va mal, les autres sont là, tout simplement.

Le rideau de nuages s'ouvre sous mes yeux pour laisser place à un océan bleu sombre. Une nappe d'eau qui se présente à ma vue. J'ai jamais eu peur en avion, moi, je l'ai un peu trop pris pour que cela m'inquiète. C'est un peu comme une voiture. Le grizzly qui s'agite un peu à côté de moi n'a pas vraiment l'air de le craindre non plus. Et puis bon d'un autre côté, en première classe on est pas vraiment malheureux, pas vrai ? ça me fait sourire, en caressant doucement ses cheveux, reportant par la suite mon attention sur la mer. J'ai tellement de chance. Et je suis seulement en train de m'en rendre compte. Mais ça va venir, n'est-ce pas ? De toute manière je suis encore à des lieues de savoir une chose simple : dans dix ans, il sera toujours là. Et moi j'aurais pondu quatre fois. Oui, quatre. Quatre petites choses aux yeux d'un chocolat profond. Pour l'instant je n'y pense pas ; en fait je ne me l'imagine pas. Je me dis juste que dans dix ans, avec ou sans lui, je serais en Afrique. C'est tout.

J'accepte les travers de Sieg comme il accepte les miens. Toute idée d'engueulade pour une histoire de "faut pas qu'on nous voie ensemble" ça n'a pas lieu d'être, en France. On est loin de nos attaches. Et ça me convient parfaitement bien. La main du jeune homme, posée sur ma cuisse, se crispe soudain, légèrement. La mienne se pose dessus, calmement alors que je me tourne pour le regarder. Houla. Je crois que ça sent le cauchemar ça, non ? Et puis... ET PUIS IL ME BROIE LA CUISSE CE CON. Toute idée de romantisme évanouie, je lâche un "AIE" retentissant qui lui fait ouvrir les yeux, un peu hagard. Je lui enlève sa main en me frottant la cuisse, les yeux un peu inquiets quand même, bien que j'avoue... J'ai bien envie de le GRIFFER parce qu'il m'a fait MAL ce débile.

« Ha… excuse moi. Un cauchemar, rien de plus. »


J'aurais pas deviné toute seule, tiens. Je lève les yeux au ciel en me frottant la cuisse, encore. Oui, encore, pour bien lui montrer que je suis pas un ATTRAPE REVES MERDE. Mais je vois bien qu'il ne l'a pas fait exprès. C'est juste de la mauvaise foi, ce que j'affiche. Mais je l'assume, avouons-le. Oui parfaitement messieurs dames, si les gens n'avaient pas encore compris que j'étais la dernière des connasses, il serait temps de se réveiller. Je ne réponds pas mais mon attention, il l'a à présent. Il passe une main sur se visage, il se redresse, encore mal réveillé apparemment.

« J’ai dormi combien de temps ? Ho non, tu t’ennuyais. Humm… peut-être que je pourrais me faire pardonner, hm ?
- Je regardais le paysage. T'en fais pas. »


Je ne m'ennuie jamais en avion. Je l'ai pris assez souvent toute seule, le fait qu'il dorme n'avait pas d'importance, et je le lui ai dit en plus, juste avant qu'il sombre. Personnellement j'arrive pas à dormir là dedans, mais si d'autres le peuvent, c'est parfait. Je lui jette un regard un peu surpris quand il se penche pour tirer un paquet de son sac. Tiens tiens. OH UN CADEAU CHOUETTE. J'ai les yeux qui brillent un peu, comme une petite fille. Parce que je suis l'archétype de la femme, la vraie, moi j'ADORE qu'on m'offre des trucs, même si c'est qu'un bracelet brésilien couleur caca d'oie.

« Hmmm… j’espère qu’ils te plairont. J’ai vu que tu avais quelques… alors je me suis dit qu’ils pourraient te plaire. »

Lorsque je déchire le papier, je tombe sur un Chattam. Je sais que Porter m'en avait parlé vite fait, ça avait attisé ma curiosité. Je ne me doute pas que je vais bouffer tous les tomes en une semaine et demie. Mais passons. Le second, je l'ai déjà lu et je l'adore. Le vieil Homme et la Mer d'Hemingway. Porter me l'a filé un jour, quand je lui avais confié que le soir je ne savais vraiment quoi faire. Avec un sourire narquois il m'avait foutu ce petit livre dans les mains en me disant "crois-moi, c'est beaucoup mieux que ta Tequila" et bon dieu il avait eu raison. Je prévoyais de me l'acheter ; je n'en aurais pas besoin. J'ai un sourire jusqu'aux oreilles, et il s'agrandit lorsque je vois le titre du troisième. Le Papillon des Etoiles. Celui ci je ne le connais pas. Mais le titre m'a l'air extrêmement aguicheur. Je pose les livres sur les genoux, je réceptionne un baiser avec un sourire, auquel je réponds longuement. Parce que c'est quand même un chouette cadeau. Je crois que les livres, c'est ce qu'on peut offrir de mieux. L'un des cadeaux les plus personnels, à mon sens.

« Bonne fête ma chérie. Je te souhaite bonne lecture.
- Merci beaucoup. »

C'est un peu tout ce que je suis capable de balbutier. Moi mon cadeau, c'est le voyage. Aller, retour, resto et les extras parce que j'ai bien l'intention de le relooker à l'atterrissage. Mais ça il ne le sait pas. Il se cale, et il soupire.

« En tout cas, ça va nous faire du bien un peu de vacances…

- Haha... hahaha... hahaha ! »


Oui oui je suis en train de ricaner outrageusement sous son nez. Parce que c'est tellement con ce qu'il vient de dire. Il n'a aucune idée d'où il met les pieds, et visiblement je vais devoir le briefer.

"Tu vas dormir dans un hôtel particulier situé aux Champs Elysées, et il y a également des chances que tu ailles passer quelques petits moments dans une villa à Neuilly. Mais ne te méprends pas. Ce sera TOUT sauf des vacances."

Parce que mes parents sont des abrutis. Finis. Et qu'ils sont très loin d'être des cadeaux, eux.

"Enfin, tu auras le privilège que dis-je l'HONNEUR de rencontrer Madâââââme Vanessa Delacroix et ses faux seins, et Môssieur Guillaume Delacroix et ses crampons. Et ses putes. Quelle chance, n'importe qui tuerait pour être à ta place."


ça j'avoue, je l'ai grommelé en attrapant un magasine people. Oui, moi aussi j'aime bien lire ces merdes de temps en temps.

"M'enfin. Déjà on passera aux champs pour t'acheter des fringues. Par contre les cheveux, garde. ça va les énerver."


Et là j'ai un sourire, clairement. Parce que t'es loin d'être le gendre que mes parents voudraient, Wade. Et c'est absolument parfait comme ça.
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MessageSujet: Re: ~ Un remake original de "La belle et le clochard" ~   Sam 14 Mar - 11:57

-  Merci beaucoup.
- Pas de quoi.
 
Il avait bien vu le plaisir d’Héra a recevoir des petits cadeaux. Bon, il n’avait pas vraiment les moyens de lui offrir des diamants et des voitures de sport, mais il faisait de son mieux. Les  cartes postales en première. Une tous les deux trois jours. Etait-ce une façon de s’excuser pour les apostrophes du type « Heyyyyp Delacroix, si tu veux retrouver Abramovitch vivant, va falloir être ma cavalière en biologie. » ou encore « Merde Delacroix, tu ne peux pas servir à quelque chose et nous filer les réponses ? » ou même « Delacroix, tais-toi ou je m’arrange pour que tu finisses chez les Eta Iota. ». Certaines étaient faites pour glisser un petit compliment mais la plupart, il le sentait, elle était froissée. Du moins le croyait t-il.
Dans tous les cas, il espérait qu’il lui offrait le meilleur, c’est-à-dire un soutien de tous les instants. Pour plaire à une fille, il n’y avait pas de secret. Avant de se mettre avec Héra, il avait appris qu’une fille n’attendait qu’une chose, l’écoute du partenaire. Faire semblant était facile. Il suffisait simplement d’avoir assez de renseignements sur la cible et de les glisser au fil de la conversation et de lui donner l’illusion d’être là pour elle. C’était ce qu’il faisait avec Héra… la seule différence était celle-ci : Il s’intéressait véritablement à son sort et il trouvait révoltant qu’une famille de la haute-société ne prenne pas soin de leur enfant... Il l’aimait et c’est avec un désintéressement qu’il lui tendait la main pour l’aider. Puis… chaque moment passé avec elle était pour lui un régal… la plupart du temps, il se débrouillait pour se retrouver avec elle en des endroits un peu déserts pour discuter. Parler… et plus. Beaucoup plus. Ce qu’il préférait, c’était sans doute glisser sa main dans la sienne pour ne plus  la lâcher. Sentir son poul. La sentir près de lui…
 
Pour le moment, elle le tient contre lui, prolongeant le baiser qu’il avait accompagné de son présent. Sa main s’était posée sur son épaule puis remontait dans les cheveux. Le faire librement sans songer à se cacher, voilà quelque chose de libérateur. S’il s’écoutait, il lui arracherait les fringues puis il lui ferait l’amour, là, maintenant. Il avait dormi assez longtemps… mais trêve. Il s’éloigne et se réinstalle, pensant à voix haute que ces vacances seront bénéfiques. 
 
Grosse erreur.
 

« Haha… Hahaha… hahaha ! »
 
Le jeune homme, qui regardait par le hublot, se tourna vers elle, lentement, un peu inquiet par l’aigreur de son rire. Un peu inquiet, sur le coup, il n’en laissa pourtant rien paraitre. Un sourire un peu fragile étira un peu ses lèvres, pour la forme. Héra cessa de rire et planta son regard bleu dans ceux de son compagnon. Et lui fit le briefing.
 
« Tu vas dormir
-… seulement dormir ?
- … dans un hôtel particulier aux Champs Elysées.
- Sans déconner ! Réagit-il en se redressant. » Les Champs Elysée ! Putain ! Les Champs ! Les Champs Elysées ! « Comme l’hôtel de la Paiva ? » Dormir dans un bâtiment donnant une superbe vue sur l’allée… des Champs Elysées !
- … et il y a également des chances que tu ailles passer quelques petits moments dans une villa à Neuilly. »
- Une villa ? Une vraie ? Avec pleins de chambres ? » Il l’a fixait sans vraiment réalisé, presque excité à l’idée de foutre ses pieds dans une baraque de… RICHES ! Des français riches évidemment. Ho certes, les habitants de Miami avaient également le gout du luxe et du faste. Il n’y avait qu’à constater le yacht d’Urban. Grand et couvert de monde issu de la « high ». Il se redressa donc, les yeux rêveurs. Passer des vacances comme ça, dans des endroits respirant  le bon gout français faisait partie de l’un de ses rêves  les plus dingues. Quand on vivait dans une banlieue pauvre, la richesse attirait, comme la lumière attirait les moustiques… pour mieux les brûler. Envolées les soucis, envolés l’inquiétude ressentie la veille lors du feu d’artifice. Après tout, des jeunes hommes pauvres, il y en avait partout. Certains avaient un frère… pourquoi lui ? C’était peut-être quelqu’un d’autre… sait-on jamais. Lui, c’était affaire classée depuis longue date. Ce qui est fait est fait.
Une villa à Neuilly…
Rien que ça.
- Mais ne te méprends pas. Ce sera TOUT sauf des vacances.
- Mais…, commença t-il, C’’est… heum… » Mais Héra le coupa dans ses hésitations.
- Enfin, tu auras le privilège que dis-je, l’HONNEUR de rencontrer Madâââme Vanessa Delacroix et ses faux seins, et Môssieur Guillaume Delacroix et ses crampons. Et ses putes. Quelle chance, n’importe qui tuerait pour être à ta place. »
 
Il lisait beaucoup d’amertume dans sa manière de parler. Il se rapprocha d’elle, glissa une main dans ses cheveux, silencieusement. Ha la famille… pas toujours facile… il n’y avait qu’à se rappeler cet épisode où sa mère avait sonné à sa porte le soir où Héra était venu dîner avec lui. Il jurait sur la croupe de son cheval que JAMAIS il n’avait pensé passer à l’acte, jamais. Il avait passé un excellent moment jusqu’à ce que le démon familial vienne troubler l’ordre fragilement établi. Allaient-ils remettre cela ? Il sourit doucement et se cala contre son siège tandis que son bras lui entoura les épaules pour l’attirer tout contre lui. Elle continua de parler.
 
« M’enfin. Déjà on passera aux champs pour t’acheter des fringues.
- Qu-Quoi ? » Avait-il bien entendu. « Ouai attends, j’ai un budget très mince, je sais pas…c’est… non attends c’est toi qui ? Mais non, t’es pas obligé… ! »
Oui bon… l’argent était encore un sujet  tabou même s’il fallait admettre que cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pénétrer une boutique. Enfin, si, recemment pour un jeans noir. Mais vraiment pour sortir avec elle et ne pas être trop miteux. Mais si elle devait acheter pour lui… gêné, il se gratta la tête et la serra un peu plus contre lui.
« Par contre les cheveux, garde, ça va les énerver.
- Ils aiment pas les gens poilus ? »
Il eut un sourire. Quelque part dans son orgueil, il fallait admettre qu'il était plutôt fier de ses cheveux. Le truc qui faisait toujours mouches, c'était lorsqu'il glissait sa main dans ses tifs en la fixant d'un sourire intense. Il en abusait. Beaucoup. Et... Il fallait admettre que s’il avait une bonne occasion d’emmerder le monde, il n’allait pas se gêner. D’ailleurs…
- Je mettrais un peu de gel quand même. Enfin… je me demandais, tu préfères quelle formule ? »
A son regard intrigué, il s’expliqua.
« Tu préfères… que je sois sage comme une image, que je… que je leur fasse des courbettes des trucs du genre… ou que je reste tout naturel ? »
Naturel, pensa t-il, un sourire en coin, naturel, rien que ça. Et naturel dans son jargon, cela signifiait TOUT sauf être poli, gentil et serviable. Il valait  mieux au fond qu’Héra lui enseigne les petites habitudes des riches. Pas trop dur, dur, ce sont des gens comme les autres.
Non ?
Non.
« Choisi ma princesse. Je peux être le plus gros connard que la terre ait jamais porté ou alors peux redevenir, rien que  pour toi, le gentil, l’adorable Siegfried que j’étais autrefois. Ne rigole pas, j’ai vraiment été sage, dans ma vie. Je sais ce que ça veut dire. »
 
Il y avait de quoi rire. Vraiment. Elle rigola. Il chahuta. Elle répondit en le chatouillant. Il riposta en riant mais elle savait vraiment comment utiliser ses ongles manucurées. Ses doigts courèrent sur sa peau, outrageusement malmenées par cette experte en chatouille. Il tenta de se retenir mais un cri de surprise franchit ses lèvres, ce qui réveilla un homme d’affaire faisant la sieste derrière eux. L’hôtesse de l’air vint leur demander de se calmer mais c’était sans compter la provocation de Siegfried qui attaqua à nouveau Héra… ce fut repartit. Puis un fou rire et l’homme d’affaire s’éclaircit la gorge. Dur dur de ne pas répondre mais une la voix de l’hôtesse de l’air se fit à nouveau entendre. Ro, ça va, ça va. De toute manière, elle annonça à tout le monde que l’avion commençait son atterrissage sur Paris.
 
Il faisait froid à cette époque de l’année. Les températures avaient exceptionnellement franchit la barre du zéro, glaçant les cœurs et gelant la bonne humeur. Le ciel terne n’encourageait pas le moindre sourire. Les passagers descendaient tous à la même allure un peu morne. Parmi eux, certains parlaient. Français. Il était extrêmement perturbant de se retrouver dans un milieu où sa langue maternelle lui paraissait aussi… étrangère. Après trois ans passés à pratiquer la langue de Shakespeare, il pensait ne plus jamais entendre un brouhaha fait de mots et d’expression tout droits sortis de son terroir à lui. Il fallait dire que durant un moment, il craignait de perdre ses marques en français, à force de laisser ce langage dans un sombre placard poussiéreux. C’est sans doute pour cela qu’il avait chercher à travers toute la ville de Miami une librairie qui vendait des ouvrages français. C’est par ce biais qu’il entretenait sa langue. Depuis qu’il cotoyait Héra, il pouvait pratiquer la langue, ce qui lui faisait du bien. Parfois il bousculait un peu Kyle « Allez, dépêche toi un peu de parler français. Mes Chattam sont seulement en français… et comme tu ne les as pas tous lu… ». A présent qu’il avait remis les pieds sur le sol français, il pourrait user de son langage n’importe où, n’importe quand. Malgré les durs souvenirs qui remontaient à la surface, il se sentit tout de même léger à l’idée de visiter Paris. C’était une opportunité à ne pas dédaigner.
Les deux rapatriés cherchèrent leurs bagages. Siegfried, un peu moqueur, se moqua encore de cette tendance féminine à emporter tout le dressing à chaque séjour. Lui n’avait qu’une valise de taille moyenne. Mais voilà, problème.
 
« Ma chérie, je ne sais pas si ma valise sera assez grande pour emmener mes nouveaux vêtements. A moins que l’on ne fasse un feu de joie avec mes vieilles fringues. » Si l’on considérait que la plupart de ses vêtements pouvaient être qualifiés facilement de troisième main. Dans tous les cas. « On va directement chez toi ? Ho s’il te plait, on va d’abord se promener aux Champs Elysée. » …. En réalité, il pensait déjà à toutes les petites choses qu’ils pourraient faire. N’ayant jamais visiter Paris, il souhaitait ardemment voir une chose. Une chose ou deux. « Tu crois qu’on pourra aller voir la Tour Eiffel ? » Ou peut-être… « … Le musée Grévin. » … ou encooooore… « Le Louvre ! » Ho non plutôt… « Versailles ! Non vraiment, Versailles je dois voir cet endroit… ! C’est déjà splendide à voir dans Assassin’s Creed unity mais ça doit l’être encore plus en réalité. Alleeeeeez… ! ». Il réalisé qu’ici, nul Khi Omicron, ni de Rho Kappa n’étaient là pour les pointer du doigt. Alors il l’enlaça par derrière et l’embrassa dans le cou tendrement. Ce genre de geste, il ne le lui accordait qu’en privé, au détour d’un couloir désert et encore, il évitait. « Alors…. ? Ho, le Moulin rouge. Ouai, ça serait le must ! »
(je me suis dit que je pourrais les faire sortir de l'avion.... comme ça on fera pas TOUT le rp dans l'avion, j'en serais capable XD)
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MessageSujet: Re: ~ Un remake original de "La belle et le clochard" ~   Mar 17 Mar - 1:21


Visiblement je ne sais pas ce que Sieg a compris lorsque je lui ai demandé de m'accompagner à Paris, mais certainement pas la même chose que moi. Parce qu'à côté de moi, j'ai un gamin tout excité qui s'imagine que leluxe qui va lui être attribué pendant ces deux semaines est un cadeau. Oui, peut-être que pour un garçon pauvre, c'est un cadeau. Dans mon cas, je n'ai aucun doute. C'est un foutu cadeau empoisonné. Réfréner ses ardeurs n'est pas bien difficile. Oui, ma mère habite aux Champs Elysées. Oui, mon père a une villa immense à Neuilly. Nous avons, à trois, largement de quoi vivre. Sauf que moi je sais ce qui nous attend. Lui, il ignore tout et finalement, je me dis que ce n'est pas dommage DU TOUT.

Son bras passe autour de mes épaules, et je crois bien que j'arrive à me détendre un peu. Seulement un peu parce qu'en vérité je suis tout sauf tranquille. On va bientôt arriver. Sans la fosse aux serpents, là où il n'y a rien de bon pour vivre. Dans un monde d'apparât dans lequel j'avais juré de ne pas refoutre le moindre pied. Seulement, ma mère avait tenu à ce que je m'inscrive dans ce foutu club d'élite de Miami. Une vaste plaisanterie à mon sens. Une opportunité toute nouvelle pour elle de faire de nouvelles connaissances... Et d'avoir un petit ami "digne de ce nom" en gros, un héritier péteux qui me tromperait à la première occasion, comme mon père le fit auparavant avec elle. La vie de rêve, bien sûr. Rien que d'y penser ça me foutait la gerbe. Sieg, lui, il ne se rend pas compte de tout ça, lui il se contente seulement de protester. Sauf que j'ai décidé de lui offrir des fringues, au moins pour la saint valentin... Et pour qu'il doit présentable. Parce qu'il faudrait peu de temps avant que les photographes apprennent mon retour à Paris. Et là il faudrait que Sieg soit parfait. Je tiens un peu trop à mon image pour laisser mon compagnon se trimbaler avec des fripes de gros clodo, question de principe. Il continue sur sa lancée, lorsque je parle de ses cheveux, en tirant la gueule.

«  Ils aiment pas les gens poilus ?
- Ils aiment pas les pauvres. »


Ils sont beaux, ses cheveux, mais pour un homme, ça fait négligé d'après ma mère. Je serais ravie de lui prouver le contraire. Faut que je fasse gaffe qu'elle essaie pas de me le piquer par contre. ça s'est malheureusement déjà vu, hein.

- Je mettrais un peu de gel quand même. Enfin… je me demandais, tu préfères quelle formule ? »

Je rest esilencieuse, parce que là je l'avoue, je pige pas trop en fait. De quoi il me parle ? Quelle formule ?

« Tu préfères… que je sois sage comme une image, que je… que je leur fasse des courbettes des trucs du genre… ou que je reste tout naturel ? Choisis ma princesse. Je peux être le plus gros connard que la terre ait jamais porté ou alors peux redevenir, rien que  pour toi, le gentil, l’adorable Siegfried que j’étais autrefois. Ne rigole pas, j’ai vraiment été sage, dans ma vie. Je sais ce que ça veut dire.
- .... tu me poses une colle. Faudrait que je te briefe mais on verra ça plus tard. Sois juste poli, ça devrait suffire. Même si ma mère est bête. »


Ce crétin est comme à son habitude. Inchangé. Je me mets à rire parce que sa tête faussement angélique a vraiment de quoi faire marrer, quand je vois à quel point il peut se comporter comme un idiot. Alors il attaque. Et je réplique. La bataille de chatouilles est une lutte à armes égales, parce que mon compagnon est plus fort et plus agile que moi... Mais moi j'ai des ongles. Et les ongles àa griffe, ça coupe. L'hotesse passe bien deux fois nous réprimender, mais pas trop non plus. Parce qu'en première classe, on ne réprimande pas les gens quand lesdites personnes ont payé un billet à trois mille dollars. C'est comme ça, la vie est injuste pas vrai ? Moi, sur le moment, je m'en fous. Je joue, parce que ça me permet d'oublier ce qui nous attend, en descendant de l'avion. Roissy. Le tarmac. La foule qui se presse pour sortir, et Paris en bout de course, direction un taxi qu'il va falloir prendre pour rejoindre la grande ville. Il fait froid, et moi... Moi j'ai l'impression de revenir d'entre les morts. Je n'avais pas mis un pied à Paris depuis deux mois, et c'est à chaque fois plus horrible. Ma mère tient à ce que je revienne souvent. Mon père... Il s'en fout. Quand je le vois il me demande souvent si je vais bientôt lui ramener un mec ou pas. Et de préférence un sportif. Et il dit que je suis belle aussi. Son regard change quand il dit ça. Moi je fais au mieux pour ne pas le voir. C'est comme ça, dans la famille. La haine contre l'amour.

On me laisse attraper mon armada de valises. Le poids m'a fait payer une fortune mais peu importe ; je ne pars jamais sans toute mes affaires, question de principe. Quoi que j'aurais dû en emmener moins. Après tout on est à Paris. Et le shopping, je vais largement avoir le temps d'en faire. Malgré tout, l'hésitation de Siegfried me fait sourire une fois arrivés devant l'aéroport. C'est sûr qu'entre sa valise et les miennes, y'a une autoroute.

« Ma chérie, je ne sais pas si ma valise sera assez grande pour emmener mes nouveaux vêtements. A moins que l’on ne fasse un feu de joie avec mes vieilles fringues.
- Ne me tente pas. De toute façon on t'en prendra une deuxième, au besoin.

- On va directement chez toi ? Ho s’il te plait, on va d’abord se promener aux Champs Elysées ! Tu crois qu’on pourra aller voir la Tour Eiffel ? … Le musée Grévin. Le Louvre ! Versailles ! Non vraiment, Versailles je dois voir cet endroit… ! C’est déjà splendide à voir dans Assassin’s Creed unity mais ça doit l’être encore plus en réalité. Alleeeeeez… ! »


Mon amoureux babille comme un enfant et moi je le regarde avec des yeux ronds. Tout ce qu'il me propose, je le connais par coeur. Paris, c'est mon domaine, ma ville, le lieu dans lequel j'ai déambulé pendant des heures depuis que je suis née. J'ai tellement de mal à comprendre ceux qui viennent de province, et qui découvrent la ville. On dit que c'est la plus belle du monde. Et ceux qui le prétendent sont très près de la réalité, au final. La richesse architecturale de Paris est difficilement détrônable. J'ai un petit sourire, alors que je m'approche d'un taxi, qui charge les affaires dans la voiture. Une grosse bagnole noire aux vitres fumées. LA SUPER CLASSE. Et moi clairement, ça ne m'impressionne pas vraiment. Parce que ça c'était mon lot quotidien, avant.

« Alors…. ? Ho, le Moulin rouge. Ouai, ça serait le must !
- Alors on se calme, tu veux ? »


Dans la voiture, j'attrape sa main, avec un sourire. Voilà. On est tous les deux. Mes parents savent que j'ai un invité. On devrait avoir la paix. Enfin presque. La boule dans mon ventre est également là pour me rappeler que ce n'est pas aussi simple que cela, malheureusement, pas vrai ? Je passe les doigts sur sa paume, sur le dos de sa main. Tout va bien Héra. C'est un mauvais moment à passer, et t'es pas toute seule, pour une fois.

"On ira voir tout ça. Mais là je suis fatiguée. On va se promener sur les Champs et je t'emmènerai à la maison."


Visiblement, il a l'air content. Et il a de quoi. Parce qu'une fois entrés dans Paris, une heure plus tard, nous voici sur l'une des allées les plus célèbres du monde. J'ai un petit sourire lorsque je le vois regarder de partout, alors que je paye le taxi pour livrer les valises à la maison. Pas l'intention de me trimballer ça encore longtemps. Une main dans l'autre, dans le calme, le sourire, et nous voilà embarqués, dans le froid, dans la grande allée qui vend des chaussures à mille euros, incrustées de diamants. On fait une dizaine de magasins. Et à la sortie... Je suis très satisfaite. Parce que Sieg a suffisamment de vêtements pour ne jamais porter les mêmes pendant une semaine. Sous vêtements y compris. Je l'observe, tranquille, avec un nouveau costume noir, une chemise blanche. Il est parfait. Absolument parfait, et ça je le lui fais comprendre ne l'embrassant, clairement provocatrice, au milieu de l'allée et des gens qui prennent tout et n'importe quoi en photo. Moi je m'en fous. Je suis avec lui, et on a plus qu'à rentrer maintenant, parce que je n'ai plus rien à changer.

Ou bien... Oh merde.

L'idée qui me vient est clairement machiavélique. Mais peu importe. Parce que lorsque j'entraîne mon amoureux vers un institut de beauté en prétextant un massage. La vérité... La vérité est toute autre, en fait. Parce que voyez vous, moi je trouve qu'il ne faut pas faire le boulot à moitié. Les fringues, c'est bon, les cheveux aussi. Il manque plus que le corps. Parce qu'il faut dire que les poils, ça va bien cinq minutes. Moi je préfère sans. Et j'estime que c'est moi qui décide ; à Paris, il faut être absolument parfait. Si bien que lorsqu'il s'allonge sur la table d'opération, il ne se doute de rien... Du moins jusqu'à ce que l'esthéticienne, brune, petite, grosse et moche (j'ai demandé) lui verse de la cire bien chaude sur le torse pour virer tout ça. Bien sûr qu'il ne comprend pas. Et bien sûr qu'il me couvre copieusement de jurons lorsque la jeune femme tire comme une bourrue sur les poils pour les retirer. La peau à présent imberbe me fait sourire, satisfaite. Et les commentaires de mon catalan m'agacent au plus haut point.

"Boooooooooooordeeeeeeeel !
- Mais c'est pas vrai quelle mauviette...

- J'aimerais... bien... t'y voir.. toi ! A ttend un peu que je te fasse un entrainement sportif ! Tu vas morfler !
- Mais oui mais oui. Je m'épile le maillot tous les 15 jours, mon pépère. Arrête de chouiner. Je désigne un autre endroit, de la main. Là aussi.
- Non ! Pas ici ! C 'est sensible !
- ......Réfléchis après tu seras bien beau et tout. J'en ai marre de dormir avec un grizzly.

- Je croyais que tu aimais les HOMMES !
- Oui, les hommes. Pas les ours.
- Un homme sans poil c'est pas un homme... attends, tu vas pas raser ici !"


Et il jure, et il grogne, et il s'époumone et quand enfin je le trouve sans aucun poil, il redevient boudeur. Je le rappelle à mon bon souvenir, parce que dire qu"il ne me pardonnera jamais une traîtrise pareil.. C'est gros, très gros, surtout en sachant ce qu'il m'a fait. Parce qu'Urban a balancé, mais que ça Sieg, il le sait pas. J'attends seulement le bon moment pour lui envoyer ça dans la tronche. Mais il comprend très vite au ton que je prends, sévère, que ça ne foncionnera pas, là, maintenant. Parce que même s'il ignore ce que je sais, il sait en revanche qu'il a quelque chose à se reprocher. Et ça, ça joue en ma faveur quand il se décide d'arrêter de bouder pour quitter la pièce. Parce que maintenant on va passer aux choses sérieuses. Et j'ai vraiment besoin de tout son soutien, à présent. En montant la côte des Champs, mon estomac se retourne. J'ai pas envie. Non, pas envie de retrouver ma mère et son sourire trop large, ses dents trop parfaites. Pourtant il le faut non ? Elle gère encore mon compte en banque. Alors, devant la grande porte de l'immeuble haussmanien, je briefe mon compagnon, le regard sévère.

"Tu l'appelles "Mme Marquez" et surtout pas "Mme Delacroix". Tu es poli, gentil, tu la laisses te critiquer autant qu'elle veut mais si elle te regarde trop longtemps tu me préviens. Tu lui parles le moins possible. Et tu essayes de survivre. N'oublie pas que ma mère a un cerveau de la taille d'un petit pois. Mais elle est bien plus belle que moi. Et ça va falloir que tu fasses comme si c'était pas le cas."


Juste comme ça hein. C'est le portier qui ouvre lorsque je présente mon identité, et nous voilà en train de monter de vastes escaliers en marbre. Je hais cet endroit. J'aimerais bien être partout sauf là, mais quand j'ouvre la lourde en porte en bois de l'appartement de ma mère, je sais parfaitement que je ne pourrais pas y échapper. Ici, tout est nettoyé, ciré. Il y a des gardiens partout, des caméras installées dans chaque couloir. Et moi ? Moi j'aimerais retourner à l'internat. OUI BORDEL. Je donnerais tout pour être à Miami malgré le bordel ambiant qui règne depuis l'incident du feu d'artifice. Ici ça sent le propre, l'apparat, le parfum, le luxe. L'appartement familial a ce quelque chose de beaucoup trop guindé. Il est immense. Un salon autour duquel on pourrait faire un footing. Une entrée contenant un dressing surdimensionné, et je ne parle pas du reste. La cuisine, très grande, et ma chambre, bien sûr. Mais pour le moment j'attrape doucement la main de Siegfried pour l'entraîner dans le vestibule. Et... Et le bruit de la porte a visiblement attiré une sacrée abeille qui a senti le miel arriver.

"HERAAA MA CHERIE !"


ET MERDE.
Je pousse un soupir alors qu'une grande femme blonde déboule de l'immense salon dans lequel elle se trouvait plus tôt. Ma mère, Vanessa Delacroix, n'a pas changé son nom de famille après son divorce. Mais malgré cela, l'idée de revoir mon père serait foutu de lui foutre la gerbe. Blonde, grande, au sourire illuminant son visage comme un soleil, on lui donnerait le bon dieu sans confession. A quarante ans, ma mère n'a que très peu de rides, et elle n'est pas refaite. Ou du moins uniquement le nez, et les seins, si je me souviens bien. Elle me tend les bras et me serre, et moi j'étouffe. ELLE PUE LE PARFUM MERDE.

"Oooooh je suis tellement contente de te revoir ma chérie ! Je suis sûre que tu vas passer une bonne semaine."


Elle m'observe, de bas en haut, avise ma tenue. Elle hoche la tête ; visiblement cela a l'air de lui convenir. OUF. Parce que j'aurais pas essuyé une seule critique, aujourd'hui. Sans me demander une seule seconde si notre voyage s'est bien passé, elle se tourne vers Siegfried. Et elle le regarde, à son tour, avant de lui adresser un sourire très doux. Une succube. Ma mère est une connasse de succube. Parce qu'elle peut en faire tourner plus d'une, des têtes. Et elle le sait très bien.

"Oh vous devez être Siegfried c'est bien ça ! Je suis ravie de faire votre connaissance jeune homme"


Le regard critique vers les cheveux. C'est absolument parfait. Manque de bol ça n'a pas l'air de l'arrêter.

"Héra m'a dit au téléphone que vous vous étiez rencontrés à Miami, n'est-ce pas ? Pas trop dur de parler français ?

- Maman... IL EST DE CARCASSONE.
- C'est dans quel état des States ça ?"


Je plaque une main sur mon front. Faut qu'on se tire. Au moins jusqu'à ma chambre. Sauf qu'elle a beau être conne, ma mère, elle a senti le coup venir. Déjà, elle attrape la main de Sieg pour l'entraîner dans le salon.

"Vous prendrez bien un café, tout de même ! La boniche sait faire ça à merveille, à défaut de laver le linge correctement. VERA, TROIS CAFES, ET PAS DANS TROIS HEURES ! Comme ça vous allez pouvoir me raconter comment vous vous êtes rencontrés, me parler de vos parents ! Je suis teeeeeeellement impatiente de savoir quel parti ma fille a choisi !"

Ah oui, parce que mon papa, il sait. Mais pour elle, j'ai préféré laisser la surprise. Je suis gentille non ?
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MessageSujet: Re: ~ Un remake original de "La belle et le clochard" ~   Lun 23 Mar - 21:39

« On ira voir tout ça…
- Super !
-… Mais là je suis fatigué.
- Fatigué, fatigué… !
- On va se promener sur les champs…
- C’est tout ?!
- … et je t’emménerais à la maison. »
 
Hôtel particulier. Baignoire. Frigo sans doute plein à craquer. C’était une situation difficilement contestable. Il retrouva son sourire et acquiesça. Dans ce cas très bien, un peu de patience, mon grand. Bientôt, tu l’auras ta visite guidée. D’ailleurs, pour entrer dans la capitale, quoi de mieux que cette bagnole toute noire aux vitres teintées qui les attendaient ? Rien du tout. Le Rho Kappa balance son sac dans le coffre, sur la montagne de bagages d’Héra et s’assied à ses côtés, impatient que leur chauffeur se mette en route. L’intérieur est juste tout confortable. Il y a de l’espace pour ses jambes. Et les nuages, eux, commencent à se dissiper. Siegfried sent la main d’Héra se refermer sur la sienne. Il y jette un coup d’œil et adresse un sourire à la jeune fille qui semble un peu… tendue. Il oublie un moment qu’elle n’a pratiquement plus aucune affinité avec ses parents, tout fasciné qu’il est par le paysage urbain. La voix de Miami est loin, très loin, de l’autre côté de l’océan. Il oublie un moment qu’il s’est enfermé dans sa chambre du 9th Bay Point Road tout seul et qu’il en est ressorti les yeux bien rouges. Non, tout cela n’a plus aucune importance ici et maintenant. Héra est à ses côtés… s’il s’écoutait, il lui roulerait une pelle de tous les diables. Ici, pas de règles. Pas de jeux. Pas de faux semblant. Non rien de tout cela. Parfois, l’ignorer dans les couloirs est un véritable crève-cœur. C’est pourquoi il se débrouille pour lui envoyer de gentils textos dans la journée pour se faire pardonner.
Une heure plus tard, la grosse voiture noire s’arrête en bas de cette longue allée. Il laisse l’ensemble de ses bagages dans la voiture, ne prenant que son téléphone et suit Héra non sans adresser quelques politesses au chauffeur. Ce dernier les laisse entre amants et, hop, direction les magasins. Les vitrines de ces derniers sont pleins d’articles tous plus fantaisistes les uns que les autres. Mention spéciale pour les diamants incrustés dans les godasses et les manteaux. Trois mois à l’Iguana bar, et il pourra s’offrir une des chaussures. Il y a aussi ces grandes marques que l’on voyait à la télé ou dans les grands magasins. Hautement fasciné, il eut l’impression que Joe Dassin chantait dans sa tête : « Le cœur ouvert à l’inconnu, j’avais envie de dire bonjour à n’importe qui, n’importe qui et ce fut toi, je t’ai dit n’importe quoi, il suffisait de te parler pour t’apprivoiser. ». Ce fut un peu le cas. Mais comme il avait déjà une compagne, nul besoin d’en chercher une autre, puisqu’à ses yeux, il n’y avait plus qu’elle. N’oublions pas le célèbre couplet « Il y a tout ce que vous vouleeeez aux Champs Elysées. », ce qui était tout de même véridique. Cette chanson avait vraiment le don de mettre n’importe quelle âme de bonne humeur. Main dans la main, Siegfried et Héra remontèrent cette célèbre allée, marchant au gré des magasins dans lesquels ils entraient pour en ressortir chargés comme des mules. Oui, enfin, surtout lui. C’était pire que la fois où il avait bien voulu accompagner Cassandre et Héra au  centre commercial. Au  lieu de profiter de ce moment calme et tranquille, il s’était vu confier la lourde tâche de « porteur ». Là encore, il héritait de ce rôle. Mais que voulez-vous, il aimait les belles femmes et leur rendre service. Seulement aux belles femmes. C’est un choix, si vous êtes moches, ce n’est pas de votre faute, mais je ne porterais pas vos paquets, il y en a de trop. Cela étant, la jeune femme dégainait sa carte bancaire sans jeter un œil au montant dépensé. Et chaque fois, c’était impressionnant. « Mais… ma chérie, il y a trois chiffres sur ce… » « Oublie les prix, c’est moi qui paye. ». Pour un gosse qui avait toujours vécut dans le besoin, enchainer les achats lui paraissaient comme une hérésie. Mais après quelques séances d’essayage, il fallait admettre que sentir le propre et l’élégance n’avait rien de désagréable. Ho bien entendu, le regard critique d’Héra lui indiqua qu’il faisait de nombreuses fautes de gout : « Mon chéri, pas plus de trois couleurs. » « T’es sérieuse ? » « Et du noir. Ho du blanc aussi. » « Hummm… » Le blanc, le noir, le gris, que des couleurs pas très joyeuses. Lui, c’était plutôt les couleurs d’automne. Mais maintenant qu’il arborait une tenue élégante composée d’une chemise blanche et d’une veste noire assortie au pantalon, il trouvait qu’au final ce n’était pas si laid les couleurs sobres. Il réussit tout de même à acheter quelques couleurs. Ce fut difficile mais voilà.
Une fois habillé de la tenue définitive, il se tient devant une glace du dernier magasin visité. Il n’y a pas à dire, c’est un immense changement par rapport à l’habitude. Oui vraiment ! Elle ajuste la chemise, balaye une poussière de la veste et voilà, c’est bon. Héra approuve, emballé, c’est pesé. Mais avant de sortir, il l’a fait attendre et se place devant le miroir avant de sortir de sa sacoche un peigne et un pot de gel. « Je savais que j’en aurais besoin. » Cinq minutes plus tard, il affiche déjà une autre tête. Que lui avait-on dit déjà ? Ha oui. « Tes cheveux, en arrière, avec du gel, ça sera plus élégant » disait l’ami Kyle. Merci du conseil. Il fait déjà bien plus élégant.
 
… une fois dehors, elle s’approche de lui… et pose ses lèvres sur les siennes avant de glisser une main dans ses tifs. Personne pour leur dire d’arrêter, rien pour les empêcher de s’aimer au grand jour. Habillé de la sorte, il se sent comme méritant. Serait-il entrain d’obéir à des codes de bienséance ? Un peu… la pauvreté n’est pas une situation très belle à vivre. Certes, il n’est pas le plus à plaindre mais il n’était pas sur qu’Héra abandonnerait la richesse pour vivre à ses côtés. Ce n’était pas une question facile à poser dans l’immédiat. De toute manière, ils allaient bientôt en fac. Ils avaient le temps de mieux se connaitre dans les années qui suivront… pourquoi songer au plus désagréable ? Il préférait, et de loin, balayer ces questions ennuyeuses et l’embrasser, comme ça, devant tout le monde. Les mains autour de sa taille, Siegfried l’embrassait amoureusement. Si quelqu’un lui avait dit qu’un jour il embrasserait une super-nana tout blonde sur l’avenue des champs, il aurait rigolé. Ce n’est donc pas un rêve ? Etait-il vraiment là ? N’est ce pas un conte de fée ? Si peut-être. Un conte de fée qui allait prendre FIN.
 
Dans un institut de beauté. Un peu naif, Siegfried ne se doutait pas un seul instant ce qu’Héra lui préparait. Loin de s’imaginer le piège, il l’a cru lorsqu’elle dit avoir envie de quelques soins beauté. « Toi ? Des soins de beauté ? T’es déjà magnifique. Arrête un peu, on va se promener,… » Mais non, elle insiste, et elle lui propose même… « … un massage ? Sérieux ? Génial ! Je pourrais choisir la masseuse ? » Bien sur, qu’elle lui dit, un grand sourire aux lèvres. « Très bien, alors, grande. Rousse. Yeux verts. » Avec une petite frite et un grand coca. Non pas de dessert. Merci. Il jubile déjà ce con et ne se doute de rien lorsqu’on lui demande de se déshabiller. Du moins le haut. Il plie soigneusement les vêtements tout neufs et s’allonge sur le dos sur la table d’opération. Bien sur, il ne ressent toujours pas de honte à l’idée de montrer ses cicatrices. En d’autres temps et circonstances, oui, peut-être. Mais parfois, la vie réserve de bonnes surprises, là où d’autres n’en voient que des mauvaises. Se mettre torse nu, avant le braquage, ce n’était pas possible.
Aujourd’hui, si.
 
Je rentre. Ma cliente, une jolie blonde toute pimpante, me regarde, tout sourire, avec ses dents bien alignées et son port fière. Tout le monde s’attend à ce qu’elle demande une intégrale, avec un ton désagréable, l’oeilglacial. La totale. Mais non… elle affiche un sourire en coin, et me dit qu’en réalité, c’est pour son petit copain. Oui, celui qui s’est déjà installé dans la salle d’attente. Costume, cheveux en arrière, lunette de soleil, air snob. La blonde, elle, elle me regarde et me chuchote une faveur. L’offre a de quoi offenser plus d’une, mais je m’en fiche, personnellement. Sa requête me fait bien rire. Cela me rappelle Gaetan, ce fils de tepu qui m’a largué pour une plus jolie fille, moins grosse et bien plus grande. Serait-ce une vengeance ? Je le pense. Oui je le pense. Alors, j’ai beau ne pas être aussi jolie que mes collègues mais je suis tout de même leur supérieure, hm ? Je sais comment tenir une boutique et je sais comment raser les paillasson. Alors quand elle me dit que son copain pense qu’on va lui offrir un bon et délicieux massage, je rigole. Deux de mes collègues aussi.
Il s’est installé, et quand il me voit, c’est amusant, parce que son sourire s’efface. Voilà, il s’efface. Il me regarde de haut en bas. D’autres lui en aurait mis une. Ma collègue Nadia par exemple. Sa main toute manucurée lui aurait fait saigner la peau halée de sa joue. Mais non, moi je souris. Je m’équipe. Il comprend à peine et jette un regard mauvais à sa copine, présente à côté de moi, les bras croisés. Pas content ? Cela ne fait que commencer. La cire coule. Il râle. J’arrache. Il gueule. Je lui répond d’un regard, ça le rend furax. Et je continue. Les poils c’est moche. C’est vrai qu’on a envie de cacher  ces horribles cicatrices… et en plus, il s’exhibe le petit monsieur. Je fais couler, et j’arrache, encore une fois. Hop ! Il hurle encore plus fort. La copine le remet en place et d’une main de maitre. T’as raison chérie : les hommes, c’est comme les chiens, ça se dresse. Si tu continues comme ça, il t’obéira au doigt et à l’œil. Je continue… et intérieurement je rigole. Quand une femme entraine son homme dans un institut de beauté, ce n’est JAMAIS pour un massage. Bien naïf celui qui le croira.
 

« C’est dégueulasse. » dit-il à sa chère et tendre. « T’es immonde en fait. Ha je vois, tu te venges… De quoi ? Bon, tu me le diras un jour. N’empêche… c’est vrai que je me sens moins lourd. » Il passa sa main sur sa peau. Il faut reconnaitre que les poils, c’est moins agréable qu’une peau douce et lisse. Enfin, douce. Pour le moment, il a davantage l’impression d’avoir été brulée au troisième degré. Il grogne tout de même, pour la forme et devient légèrement boudeur… jusqu’à ce que moment tant redouté arrive. Redouté ? Oui, pour Héra. Pour lui, il ne s’agit que d’une seule et unique chose : l’immeuble haussmanien qui se dressait devant lui. La tête levée, il en étudie les étages, l’architecture et la décoration environnante. Le portier aussi. Il faut décliner son identité… Siegfried l’a regarde, stupéfait. Voilà bien une chose dont il n’avait pas l’habitude, il faut l’avouer. Ses yeux vont d’un endroit à un autre, mais la voix sévère d’Héra le ramène sur la terre ferme.
 
« Tu l’appelles « Mme Marquez » et surtout pas « Madame Delacroix ». Tu es poli, gentil, tu la laisses te critiquer autant qu’elle veut mais si elle te regarde trop longtemps tu me préviens.
- Pourquoi elle…
- Tu lui parles le moins possible.
- Hum,…
- Et tu essayes de survivre. N’oublie pas que ma mère a un cerveau de la taille d’un petit pois. Mais elle est bien plus belle que moi. Et ça va falloir que tu fasses comme si c’était pas le cas. »
 
… il va falloir que tu fasses comme si ce n’était pas le cas. Siegfried fronça les sourcils, ouvrit la bouche pour répondre mais déjà Héra prit la tête, l’empêchant de s’exprimer. Etrangement, cette déclaration le mis mal à l’aise. Non qu’il trouvait Héra trop belle pour être surpassée, loin de là, mais comment pouvait-on dire cela de sa propre mère ? Silencieux, il suivit la jeune fille, sa main dans la sienne, comme si quelqu’un d’autre allait l’agripper, et les voilà dans un… ho putain. C’est quoi cet endroit ? Il se tourne vers elle, stupéfait. Du regard, il s’exclame, il jubile, il s’extasie. Il voulut dire quelque chose mais devant le regard perdu de Héra, son sourire s’efface.
… comme si cet endroit, si beau soit-il, n’était que le vernis brillant d’une statue en miette. Il est vrai que, pour quelqu’un comme lui, on ne devrait pas cracher sur une telle maison. Mais aussitôt, il se gifle mentalement. Zach aussi avait une grande chambre, dans une immense maison dans un gigantesque jardin. Etait-il pour le moins heureux ? Non. Car la plupart du temps, il passait des heures à répéter, répeter, répeter dans le bureau du père qui l’écoutait, le surveillait et s’occupait de lui. Il voulut dire quelque chose sur l’appartement, mais… rien ne sortit. Non, rien. Car il n’eut pas le temps de s’exprimer. Le claquement de talons attira son attention, et… ho.
 

« HERAAA MA CHERIE ! »
 
Siegfried s’écarte d’un pas et laisse la mère attraper sa fille et la serrer fort, fort, fort contre elle. Un peu gêné, il jeta un coup d’œil au plafond. La voix excitée de « Mme Marquez » retentit dans l’immense salon.
 
« Ooooooh je suis tellement contente de te revoir ma chérie ! Je suis sûre que tu vas passer une bonne semaine. »
 
Puis, inspection. Tiens, c’est drôle, on dirait le père Wade qui avise le fils ainé qui n’aimait pas se coiffer. L’apparence, toujours l’apparence. Bien. Il commençait à peu près à  comprendre l’appréhension qui animait sa blonde. Bon, du moment qu’elle ne le regarde pas lui. Ha ? Ha non. Il va en faire les frais. D’ailleurs, le regard qu’elle lui porte est bien étrange. Par pur réflexe, il lui répond de la même manière. Il s’avance vers elle et lui serre la main, poliment.
 
« Madame Marquez » dit-il avec politesse.
« Oh, vous devez être Siegfried, c’est bien ça ?
- C’est exactement cela ! » Il avait adopté le ton chaleureux de rigueur lorsqu’il devait faire bonne impression. Ses yeux sombres ne fuirent pas. Ils restaient fichés dans ceux de Vanessa Delacroix.
« Je suis ravie de faire votre connaissance jeune homme.
- Moi de même. »
 
Quand on a passé quelques étés dans la maison du père Wade, on mémorise toutes les formules de politesse adéquates. Oui monsieur. Puis, lorsque Zach lui racontait les diners au cours duquel il rencontrait les enfoirés de collègues du père, il imitait avec un certain sens de la parodie, toutes ces tournures de phrases qu’il trouvait stupide. Zach était obligé d’être poli devant… mais derrière, il leur dressait leur portrait de telle sorte que Siegfried hurlait de rire à chaque fois. C’est dans ce genre de cas-ci que le jeune homme aurait voulu qu’Héra rencontre Zach. Ces deux là auraient partager leur mépris pour les hautes sphères. D’ailleurs, Héra n’était pas au courant pour Zach. Du moins, pas vraiment. Elle savait qu’il avait un frère mort… mais pas le reste.
Reste concentré. La madame jette un coup d’œil sur ses cheveux. Bon, cela n’a pas l’air de lui plaire. Mais il tuerait quiconque s’approcherait de lui avec une paire de ciseaux.
 
« Héra m’a dit que vous vous étiez rencontrés à Miami, n’est ce pas ?
- C’est cela oui !
- Pas trop dur de parler français ?
- Maman, il est de CARCASSONNE !
- C’est dans quel état des States ça ? »
 
…. Silence. Siegfried se fait violence. Il parvient à dissimuler l’immense sourire moqueur qui menace d’apparaitre sur sa belle gueule d’ange. Pour un peu, il se féliciterait. Mais Héra, elle, ne fait pas profil bas. Bien au contraire, la connerie de sa mère l’a fait réagir. Il reconnait bien là le geste qu’elle utilise lorsqu’il lui dit une connerie. D’ailleurs, il se souvient de cette fois là où il avait annoncé tout naturellement qu’il avait fait une annonce vocale très impolie dans le micro de la supérette le soir de noel. La main qui avait attérit sur son front ce soir là avait laissé une marque durant deux bonnes heures.
Mais trêve de bavardage. Vanessa Delacroix l’a saisit par le poignet et l’entraine dans le salon. A peine assis, c’est une mitrailette qui le darde de toutes sortes de questions. Ho bon, d’accord.
 
« Vous prendrez bien un café, tout de même ? La boniche sait faire ça à merveille, à défaut de laver le linge correctement. VERA, TROIS CAFES, ET PAS DANS TROIS HEURES ! » Siegfried lui jeta un regard éberlué. Elle parlait vite, trente six infos à la seconde, et déjà, il était épuisé. Cela allait être difficile. « Comme ça vous allez pouvoir me raconter comment vous vous êtes rencontrés, me parler de vos parents ! »… mère dépressive et envahissante. Quant père, il y en a deux. Un qu’il ne connait pas et qui doit être quelque part sur cette planète, puis un autre qui l’a renier, puisque bon, ils n’avaient aucun lien de sang. « Je suis teeeeeeeellement impatiente de savoir quel parti ma fille a choisi ! »
 
… blanc sidéral dans son esprit. Non, il ne sait pas. Oui, il panique. Et OUI, il aurait ENVIE de répondre que son père est médecin scolaire dans la grande école de Miami. Cela aurait été tellement plus simple, tellement plus… agréable comme vérité. Un regard vers Héra, puis vers Vanessa Delacroix. Durant trois secondes, il hésite. Et s’il mentait ? Et s’il édulcorait la vérité ? Si seulement,… il réalisait à peine que devant lui, ne se tenait absoluement pas Kyle ou encore Ollie ou même Azraël et Cassandre. Ces personnes là n’avaient jamais, non, JAMAIS rappelé du milieu duquel il venait. Il se rendait dans l’appartement de Coconut Grove sans prise de tête, tel qu’il était. On ne l’avait jamais rejeter parce qu’il avait les cheveux en bataille ou parce qu’il vivait dans un petit appartement dans Little Haiti. Ce n’est que maintenant qu’il se rend compte combien ces gens sont ouverts d’esprit…
Allez… faut bien se lancer n’est ce pas ?
 
« Hé bien… mon père est agent de communication dans une grande boite de pub à Portland. » Il devine qu’elle sourit. Ca fait briller, hein. Mais non. Ha ha ha ha ! Non. « Mais nous n’avons plus aucun contact depuis… » Un an ? Cela coincide de trop. Mettons plutôt… « Trois ans. Mais ça va, il subvient à mes besoins. » La bonne blague. Mais autant éviter de dire qu’il est pauvre et qu’il s’est démerdé tout seul depuis. « J’ai bo… travaillé dans un ranch en Arizona pendant deux ans. » Et on t’a mis dehors parce que tu pensais trop à Zach et que tu négligeais ton travail ensuite. « Mais bon, je voulais reprendre mes études alors je suis allé à Miami. Sinon, heum… je suis de… » Courage. Tu peux le faire. Allez… « De Carcassonne, oui. Enfin à Miami, j’ai rencontré votre fille lors de… » Une chute. Une misérable chute qui l’a encouragé de prendre son courage à deux mains. L’aborder. Elle qui s’était méchemment fouler la cheville. Il revoyait encore ses yeux remplis de douleur. Ses mains crispés sur la cheville. Ses cheveux blonds collés à son front par la sueur. Puis… cette voix qui se voulait si sévère. Et pour finir : ses yeux qui le défiaient de se moquer d’elle. Leur mise en couple avait été un parcours d’obstacle qu’il n’avait pas envie de relater ici et maintenant. Après tout, qui pouvait comprendre… ? Il risqua un coup d’œil à Héra. Il ne savait pas vraiment comment présenter la situation… ou plutôt… si ! Il rajouta avec un sourire tranquille : « A vrai dire, elle a fait une mauvaise chute. Je l’ai aidé en l’accompagnant à l’infirmerie. Puis, je lui ai demandé de l’aide en biologie. Elle m’a aidé. Elle est très intelligente Héra. Elle dépasse tout le monde en classe. Même moi en maths. N’est ce pas Héra… ? » Il lui prit la main et la serra fort dans la sienne. Voilà. En quelques phrases, il y avait tout. L’entraide et l’intelligence. Parce que même s’ils ne se connaissaient depuis à peine quelques mois, ils s’aidaient déjà l’un en l’autre. « … A mes yeux, il n’y a plus qu’elle. » Parce que oui c’est vrai, même s’il regardait un peu à côté.
 
Sa main était restée sur la sienne mais son regard n’avait pas quitté Vanessa Delacroix. Oui la mère était belle et magnifique. Oui elle avait un sourire désarmant. Oui elle avait fait les couvertures de magasine. Mais il y avait quelque chose Héra qui le touchait plus que tout : sa force de caractère, celle de vouloir s’affranchir de cette cage dorée.
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