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 ~ A Hero, A hero... ~

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MessageSujet: ~ A Hero, A hero... ~   Mar 24 Fév - 1:37



Siegfried Wade


Age: 19 ans et demi
Date de naissance: 1er juillet 1995
Lieu de naissance: Carcassonne
Groupe: Poor
Statut social: Etudiant
Avatar: Landon Liboiron
Scénario, PV ou P.I: Ecrire ici
Catégorie: … TROIS !

Mon physique à moi



Le tempérament du sud se lit d’abord dans ses yeux bruns et chauds. Les gens du sud arborent tous généralement, ce teint mat de la peau. Il suffit de la toucher pour que ces dames imaginent le sud de la France, son soleil d’été et les rues pavées de Carcassonne, une ville chaleureuse et accueillante par son décor. Mais ce n’est qu’en Arizona que Siegfried se sculpta un véritable corps d’homme, grâce à la pratique constante de l’équitation avec l’aide de Sarah, une amie du ranch. Le travail a donné une forte poigne à ses mains et l’effort a fait transpirer ce corps qui ne s’arrête plus de travailler. Plusieurs filles ont enlevés ce fichu tee-shirt pour voir de plus prêt. Autrefois, il aimait laisser ces mains féminines courir dessus. Mais depuis septembre, la peau de son torse et de son dos est barrée d’estafilades infligées lors d’un braquage en septembre 2014. La douleur restera sans doute gravée à jamais dans la peau jusqu’à la fin de ses jours. Pourtant, il ne les cache pas. Nulle part. A la plage, comme dans la rue. Il nage sans penser que beaucoup de regards se posent sur cette œuvre macabre. Il n’en a cure…
De plus, elles dissimulent sa première cicatrice, la pire de toute sans doute. Mais à présent qu’elle est cachée, il est plus facile de vivre sans avoir de risque d’être interrogé.
Quand il se regarde dans une glace, il ne peut s’empêcher de songer qu’il avait de la chance. D’autres étaient laids et d’autres n’avaient pas sa masse musculaire. Depuis qu’il était aux Etats-Unis, son regard avait adopté une lueur chaleureuse appréciée par ses proches. Il n’était pas froid comme type loin de là. Bien sur, ils sont soulignés par des cernes légères, témoins de petites nuits. Ses cheveux mi-longs d’un châtain foncé tombent parfois devant ses yeux mais d’un coup de main, il les ramène en arrière d’un geste assuré. Il sait qu’il devrait les couper un jour mais pour le moment, il les aime comme ça. Pareil pour la pilosité faciale. Son visage mal rasé lui donne un air plus agé par moment. Plus négligé certes, mais plus… viril. D’ailleurs, cela avait le don de le faire sourire. N’allez pas croire qu’il est narcissique. Il est juste conscient de son charme naturel.
Coté vêtement… il faut avouer qu’il doit faire des efforts. Selon Héra, ses nippes aux couleurs chaudes d’automnes, ressemble à du vomis de clown. Imaginez un peu l’effet que cela lui fait. Mais, il possède tout de même une excuse valable. Dès son arrivée à Portland, il n’a pu faire de shopping. De plus, au ranch, nulle place pour la mode. Un peu limité en fringues, quelques collègues lui ont céder quelques nippes plus confortables qu’élégantes pour le travail. Aussi, il s’habille traditionnellement en jean bleu sombre ou noir accompagné de chemise ou de tee-shirt à l’effigie de groupes de rock généralement. Il ne cherche pas très loin dans sa manière de s’habiller. Il ne porte pratiquement aucun bijoux, mis à part une gourmette au poignet droit au dos de laquelle une inscription indique la sempiternelle citation de Full Metal Alchemist. « L'humanité ne peut rien obtenir sans donner quelque chose en retour, pour chaque chose reçu, il faut en abandonner une autre de même valeur. »
Un truc qu’il adore : Lorsqu’Héra réarrange ses cheveux pour les remettre en arrière et lorsqu’elle l’embrasse dans le cou pour lui dire combien il sent bon.
… avis purement neutre et objectif : c’est la vérité.



Ce qu'il se passe dans ma tête



Longtemps sur la réserve, Siegfried s’est construit une personnalité très vive et sans prise de tête. Si en France il rasait les murs du collège, à présent il va d’une salle de cours à l’autre sans honte et non sans avec une certaine fierté dans la démarche. Sûr de lui, il n’hésite pas à jeter quelques regards appuyés et autres clins d’œil aux jeunes filles amatrices de gouts exotiques. Il n’est pas parisien, mais carcassonnais. Et les gens du sud, ils savent comment faire la fête. Du Moins, lorsqu’on leur a appris bien entendu. Aussi, Siegfried n’est pas du genre prise de tête – sauf lorsque c’est important.
Détestant l’autorité, il contourne volontiers chaque règes possible et n’hésite pas à le faire savoir par la suite, si cela ne lui cause pas beaucoup de préjudice. Après tout, les adultes ne savent que punir, autant les provoquer un peu pour s’amuser ! Mais outre cela, on dit de lui qu’il est prétentieux et manque de respect pour les règles fixées. C’est peut-être vrai mais pas dans sa réalité. Encore insoumis au règlement et féru de sa nouvelle liberté, il n’accepte toujours pas les ordres.  Du moins, pas de tout le monde.
Pourtant, malgré cet esprit agité en apparence, il cache de profondes blessures causées par la perte de son jeune frère et la trahison de ses parents, deux adultes qui auraient dû le protéger contre un monde hostile et sans pitié. C’est ainsi qu’il a pu se forger sa propre armure et avancer seul, bien que cela lui fut impossible au bout d’un certain temps. Il développa alors une méfiance presque maladive envers les adultes, eux qui pourtant ont les pleins pouvoirs sur les mineurs. Pourtant Siegfried n’en reste pas moins un jeune homme qui en a beaucoup à donner, beaucoup à offrir avant de recevoir. Aimez le, respectez le et il sera de votre côté toute votre vie.
Une autre chose : Il a plusieurs passions. D’abord le cheval et le horse-ball. Miami possède sa propre équipe mais pour le moment, il pratique ce sport en club et continue les cours d’équitation. Les chevaux sont de magnifiques créatures qui réussissent à le calmer quand tout va mal. C’est aussi grâce au salaire de Kyle qu’il put réaliser un de ses rêves : en posséder un : Rivière, une ravissante jument à la robe grise et au tempérament un peu timide et fougueuse.
Son autre passion est celle des langues. Aimant le voyage, il a su parler anglais très tôt, et pratique l’espagnol et le catalan en plus du français, sa langue maternelle. L’allemand est en bonne voie. Plus tard, il commencera sans doute l’apprentissage de l’arabe (et du japonais.).
Ce n’est pas toujours facile. Après tous ses vieux démons lui reviennent de temps à autres. Mais en se sachant entourer, il saura montrer les dents et mordre ceux qui oseront se mettre en travers de son chemin.
Siegfried prouve donc avec ces facultés linguistiques qu’il a bel et bien une petite cervelle prête à l’emploi. Mais lorsqu’il est avec Azraël ou encore Ollie, toutes ses neurones partent se cacher, comme le soulignent si bien Héra ou encore Porter. Mais ça, il s’en fiche et vous savez pourquoi ? Parce qu’il est jeune, parce qu’il est dynamique et parce qu’il est un petit con qu’il a toujours rêvé d’être. Ici, c’est très simple : manger ou être manger.



L'histoire que j'ai à vous raconter





« …  ade ? »
Il lève la tête, tiré de ses pensées. La femme lui sourit gentiment et lui fait signe d’entrer dans son bureau. Elle referme la porte derrière eux et lui propose de s’asseoir. Lorsqu’elle se mit en place en face de lui, elle lui proposa un café. Faible acquiescement.
« Comment vas-tu aujourd’hui ?
- Très bien. »
Toujours la même question, toujours la même réponse… et toujours le même regard fuyant. Elle ne fait aucun commentaire, puis saisit le dossier posé devant elle. De maigres informations concernant Siegfried, mais capitaux. Elle sait qu’il est né dans la ville française de Carcassonne, une ville dont les tours et les rues feraient de très beau décors pour une série comme Games of Throne. 18 ans mais émancipé depuis presque un an. D’autres informations lui étaient parvenues par sa jeune mère, Miranda Wade, mais elle l’avait très vite arrêter. C’était Siegfried qui devait parler. Mais aujourd’hui serait comme hier : il ne parla pas. Elle se rappela alors de ce que Mme Wade lui avait dit : « Mon garçon, Siegfried ? Haaa… oui, c’est mon fils… je l’ai eu tôt, très tôt. J’avais à peine  17 ans lorsque je l’ai mise au monde. C’était avant que je me marie avec Ted Wade, son père. Nous sommes divorcés depuis… heum… lorsque Siegfried a eu six ans. Un si bel homme Ted. Il s’est marié avec une latino de sa boite de publicité. » Elle continuait à parler de cette famille détruite. Autrefois, Miranda et Ted étaient les parents de deux enfants : Siegfried, l’ainé, puis Zacchary, de 5 ans son cadet. Mais aujourd’hui, tout est détruit. Le père a déménagé avec sa nouvelle femme Maria à Portland. Miranda Wade moisit dans son petit appartement en France pendant que Siegfried se balade entre Portland et l’Arizona. Quant au petit Zach…
« … je veux me coucher.
- Tu dors assez Siegfried.
- Je veux aller dans ma chambre » murmure-t-il la tête baissée, la voix tremblante. « Je ne veux pas parler.
- J’ai cru comprendre. J’ai du appeler ta mère pour qu’elle me parle de toi. »
La mention de sa mère eut un effet sur le jeune homme. Son regard, déjà bien sombre, brilla d’une colère que la psychologue devinait destructrice. La seule mention de ses parents provoquait un serrement de poing ou un regard noir. Jamais de mots, toujours ces signes d’amertume. Parfois, il se levait, l’œil humide.
Le docteur Fox ne parvenait pas à le faire parler. Il le faudrait car outre ces informations tristement banales, elle ne savait pas comment Siegfried en était arrivé là. Comment un jeune français qui avait toute ses choses de faire de longues et belles études en France avait-il fait pour atterrir dans une chambre d’un institut psychiatrique ? Que s’est-il passé dans cette jeunesse fragile qui se voulait forte ? Pourquoi ses yeux jetaient-ils des éclairs au seul nom de ses parents ?
« Elle veut quoi elle ? Qu’elle aille se faire mettre. J’ai plus rien à lui dire.
- Parler te ferait du bien pourtant.
- Parler de quoi…
- … de ton frère par exemple. »
Siegfried baissa la tête. Encore cette question… les dernières fois, il s’était levé et avait claqué la porte au nez du docteur Fox. Mais cette dernière avait la dent dure : elle voulait qu’il se confie.
« Tu ne peux pas rester silencieux toute ta vie, Siegfried. Parle moi un peu de toi… tu dois en avoir des choses à raconter.
- P’têtre bien.
- Raconte moi ton histoire maintenant.
- Pour me traiter de cinglé ? Non merci.
- Personne ne dit que tu es cinglé. Tu ne me crois peut-être pas quand je te le dis, mais… moi je suis de ton côté.
- Si vous le dites.
- Allez. »
Elle se leva, sentant que le jeune homme allait enfin ouvrir la bouche. C’était une étape nécessaire. Tout recommencer le début, pour comprendre le milieu et envisager la suite. Elle prépara un café, tandis que le jeune français commençait à parler. »

Je vous ai dit que je suis né en France ? Oui. Enfin… j’étais bien là-bas. Tout était simple. J’avais de bonnes notes et nous avions tous nos habitudes. Mes parents ont divorcés lorsque j’avais six ans. Je pensais que c’était parce que ma mère était très jeune quand je suis arrivé. 16 ans. Je pensais que mes parents ne s’aimaient plus car je pense qu’à seize ans, on ne peut pas décider de fonder une famille. Bon, ils ont eu le temps de pondre un deuxième gosse.
- Zacchary.
- Oui. Zacchary. Je n’étais pas proche de lui au départ. Je voyais qu’à son arrivée, mon père, si proche de moi, s’était éloigné. En fait je pense même qu’il m’a mis de coté bien avant, je ne sais pourquoi. Il adorait être avec Zach. Je me demandais pourquoi il ne prenait pas autant de temps avec moi. Alors je pense que… heum…
- La jalousie ?
- Oui. Ce doit être ça. Parce que… après le divorce, il a déménagé. Il appelait souvent à la maison, et comme j’étais le premier à décrocher le téléphone, alors c’était sur moi qu’il tombait. Il me demandait chaque fois de lui passer Zach. J’ai bien entendu essayer de lui parler mais… c’était rapide. Alors j’ai détesté Zach. Quand il a commencé le violon à 5 ans, je le décourageais. Je montais le son de la radio. Je me moquais de lui aussi quand il essayait de jouer. Mais il ne disait rien du tout. J’aimais aussi mettre mes bonnes notes en évidence : je me sentais supérieur à lui d’une certaine manière. Je faisais tout pour lui faire sentir qu’il n’avait pas à me dépasser. C’était moi le grand, pas lui. Alors je l’ignorais la plupart du temps et puis…

Il s’interrompit. Ces souvenirs, si lointains furent-ils, eurent l’effet d’un poison violent. La tête baissée, il tenta tant bien que mal de cacher ses larmes, celles qui ne cessaient de remonter nuits et jours. Il prit une inspiration et continua.

- Excusez.
- Pas de mal.
- Ma mère a bien vu que je faisais du mal à mon petit frère. Mais moi je ne voyais pas cela. Pour moi, c’était normal. Il avait une place plus grande aux yeux de mon père, cela me suffisait à le détester. Mais… heum, elle m’a dit… enfin elle m’a dit un truc qui m’a fait réfléchir. Elle me disait qu’il fallait que j’arrête tout ça. Il fallait que je cesse de le tourmenter. Je lui ai répondu qu’il ne disait rien, et que s’il ne disait rien, c’était que je ne l’embêtais pas autant que ça. Heum… elle m’a dit que le silence avait autant de valeur que la parole. Elle avait raison. Je ne l’ai su quelques temps après.
- Raconte moi.
- J’avais neuf ans, et Zach seulement cinq. On ne parlait pas vraiment à ce moment là. Nous rentrions ensemble de l’école mais sans se parler. J’étais impatient de rentrer, alors je pressais le pas, mais lui trainait des pieds. Au début, j’avais la patience de l’attendre mais… heum… bah j’ai finis par rentrer tout seul, sans penser qu’il avait cinq ans et qu’un enfant pouvait être vulnérable. Alors je rentrais seul. Cela désolait ma mère mais elle n’osait rien dire car bon… elle n’était pas très autoritaire. Je prenais rapidement de l’importance à la maison. C’était moi qui choisissait le repas, le programme télé, bref.
- Tu étais un peu le leader. Etait-ce ainsi à l’école ?
- Haa… non. Seulement à la maison. Enfin… puis une fois, je suis rentrer directement à la maison, sans chercher Zach. Et… je… je n’aurais pas du. Je n’aurais pas du faire ça. Parce que ce jour là, il… il est rentré… il est rentré. Enfin j’ai entendu la porte claquée et cela m’a surpris car en général, il va directement dans la cuisine pour le gouter que notre mère nous préparait chaque jour. Mais ce jour là non, il s’est enfermé dans sa chambre et a fermer la porte à clé. Maman m’a regardé, étonnée. Puis moi, je… je ne sais pas je suis allé directement à la chambre pour voir ce qui n’allait pas. Il ne m’a pas ouvert, mais moi j’ai insister. Avant de m’ouvrir, il m’a fait promettre de ne rien dire, de ne pas me gronder. Alors il m’a ouvert et, dès que j’ai vu son nez en sang, j’ai vite regretté de ne pas l’avoir chercher. J’ai…

Il fuit le regard de Fox. Ces souvenirs sont lointains mais durs. La main tremblante, il prend le café qui a déjà bien refroidi et boit une gorgée.

- Il essayait de ne pas pleurer. Mais en me voyant, il a tout de suite reculer mais… je l’ai vite attrapé par l’épaule et je lui ai demandé qui était le garçon qui l’avait cogner. Il n’a rien dit. En fait il avait peur de dire un nom. J’ai compris qu’en réalité, cette histoire avait commencé il y a longtemps et que c’était de ma faute. Alors… je l’ai cuisiné pendant une bonne heure, mais il tenait bon. J’aurais pu laisser tomber, j’aurais pu abandonner la partie, oui, j’aurais pu le planter là et manger ma tartine de nutella devant les tortues ninja mais…non. Parce qu’au fond de moi je… je… me suis sentit atteint également. C’était comme si ce sale trou du cul m’avait cogné également.

A présent il parlait d’une voix vibrante de colère, comme si l’histoire qu’il racontait n’était pas un souvenir d’enfance mais autre chose, de plus récent et de bien plus terrible. Le poing serré à s’en péter les jointures, il fixait la tasse de café comme s’il y voyait le visage d’un homme ayant touché son jeune frère pour lui faire du mal.

- Il a fini par balancer le nom. Alors le lendemain, j’ai tenté quelque chose. Cela à marcher, evidemment. Le matin, en allant à l’école, j’ai dit à Zach de rentrer seul cette fois encore et qu’il n’avait pas à avoir peur. J’ai tout de suite vu qu’il avait peur mais je le lui ai dit ; Fais moi confiance. Je savais que nos rapports étaient trop chaotique pour ça mais je lui ai demandé de le faire. Je lui ai demandé. Et il m’a obéit. A contre cœur mais il m’a obéit. Alors ce soir là, j’ai trainé, et je l’ai suivit de loin. Cela n’a durer qu’un petit moment avant que j’aperçoive le petit enfoiré qui l’emmerdait. Ho il avait beau avoir trois ans de plus que moi, je lui ai botté le cul et il n’a plus toucher Zach.
- Tu es un petit sauvage toi, hm ? dit Fox, l’œil éclatant d’amusement, trois ans de plus que toi ?
- J’étais plutôt grand. Et… je ne sais pas, je n’avais pas peur.
- Pourtant, ta maman m’a dit que tu n’étais pas extraverti quand tu étais en France.
- Non, je ne l’étais pas. J’ai été seul toute ma scolarité. Sans doute parce que je passais du temps dans la bibliothèque à bosser au lieu de passer du temps avec les autres. Enfin… depuis ce moment là, je ne laissais plus Zach seul. Le problème, c’est que en cognant Bastien – le type qui a cogné Zach – j’ai attiré les foudres de sa petite bande. Alors le retour à la maison chaque soir, c’était… hum… la course. Je m’arrangeais pour que Zach rentre sans rien sur la figure et moi bah… j’étais seul face à eux. Du coup je rentrais écorché de partout et de mauvaise humeur. Zach m’évitais alors.
- Mais comment êtes vous devenu proche ?
- C’est ma mère qui m’a donné l’idée. Un soir, elle m’a pris à part et m’a dit combien elle était fière de moi. J’avais défendu Zach et je remplissais mon rôle de frère. A moitité disait-elle. J’ai protesté mais elle m’a dit que non, nous n’étions pas assez proches. Nous devions partager des moments ensemble. Je lui ai dit que nous n’avions aucun sujet commun. Alors elle m’a donné un livre et m’a demandé de faire la lecture à Zach le soir.
- C’est mignon ça.
- Oui… enfin moi j’ai trouvé ça débile. Je n’aimai pas vraiment lire mais bon, je voulais lui faire plaisir – à tous les deux en fait – et nous avions commencé à lire. Enfin c’est moi qui lisais en fait. Le bouquin c’était Harry Potter. Et si le premier chapitre était chiant comme la mort, les autres sont devenus une partie de plaisir. Quand je lisais, je sentais que Zach m’écoutais. Il ne m’interrompais pas. Cela m’angoissais car je craignais de l’ennuyer mais il…. Il me regardait avec un regard assez.. heum… je ne sais pas. Je n’arrivais pas à l’identifier.
- Avais tu la sensation d’être important ?
- …. Oui. Je pense…
- Cela à continuer longtemps comme ça ?
- …. Tous les tomes d’Harry Potter.

Un sourire apparut sur le visage de Fox. Attendrie par cette histoire fraternelle, elle oublia l’horreur de la situation actuelle de Siegfried.

- Et vous avez passé du temps ensemble.
- Ma mère y faisait attention oui. Elle m’a dit un truc… c’était quoi déjà… ha oui : Si je protège mon jeune frère et que je défends ses intérêts, il sera de mon côté toute ma vie. D’une certaine façon, c’est le cas. Enfin.. nous nous sommes rapprochés lui et moi. Nous étions toujours ensemble… Je ne voulais plus qu’il se sente délaisser. Puis, sa présence était reposante. Nous avons convenu des heures où il pourrait jouer sans me déranger et nous nous sommes mis d’accord. Le repas du soir devenait plus jovial et je n’imposais plus ma loi pour les repas. Je le laissais choisir. J’ai appris à partager. Nous vivions bien. Unis. Ensemble… même si ma mère nous laissais beaucoup de liberté, on n’en profitais pas. Nous savions que nous n’avions pas beaucoup d’argent, alors nous vivions en toute simplicité. Nous grandissions et Zach devenait toujours plus doué au violon. La pension que versait mon père à ma mère servait juste assez pour les cours et l’instrument, ainsi que son entretien.
- Vous alliez chez votre père ?
- Oui, lorsque j’ai eu dix ans, nous avions commencé à aller le voir à Portland. C’est dans cette ville qu’il a déménager. Une grande opportunité selon lui. Il gagnait beaucoup et avait une place dans la banlieue américaine. Le rêve américaine disait-il. Durant toutes les vacances d’été nous allions chez lui : c’est comme ça que je suis devenu bi-lingue. J’amais cette langue, Zach également. On s’amusait beaucoup là-bas… Nous n’avons pas beaucoup d’attrait pour la culture américaine mais on adorait y aller. C’était génial. Pendant que notre père était au travail, on allait se promener dans le quartier. Nous nous faisions aussi quelques amis, sans plus. Ce que l’on aimait c’était cette sensation de liberté. Enfin, cela a durer pendant très longtemps, jusqu’à mes seize ans.
- Que s’est-il passé à tes seize ans ? C’était…
- Il y a deux ans, oui. Jusque là nous avions un quotidien plutôt… répétitif. Mais j’étais heureux, vraiment. Du moins je pensais l’être. J’allais à l’école, je rentrais avec Zach, nous parlions… nous étions ensemble. C’était la chose la plus importante à mes yeux.
- Contrairement à ton père…

Siegfried eut un fragile sourire. Oui c’était ça. Parce que plus les années passaient, plus l’évidence, celle qu’il ne voulait pas accepter, s’imposait d’elle-même. Zach n’en parlait jamais certes. Mais il sentait que quelque chose n’allait pas entre son père qui l’aimait tendrement et son frère qui se pliait en quatre pour lui. Pourquoi ne parlaient-ils pas tous les deux ? Oui, il y avait quelque chose. A commencer par son physique qui ne ressemblait en rien à celui de son père. Ou alors le dédain qu’il affichait à l’égard de son fils. Des doutes,… des doutes qu’il confirma de lui-même ce funeste jour où Siegfried et Zacchary quittèrent une belle enfance pour entrer dans l’univers cruel et sordide des adultes.
Un autre café. Siegfried en boit une gorgée et continue son histoire.

- Il avait onze ans. Et moi seize. Enfin, le lendemain j’en aurais seize. Je suis né un premier juillet. Et… nous sommes arrivés à Portland ce jour-là. C’était comme tous les ans. Nous allions passés deux mois à Portland, tous les deux. Mais à peine arrivés, j’ai senti que cette première soirée allait être la dernière.
- La dernière de quoi ?
- La dernière. Juste ça. J’ai sentit que quelque chose allait prendre fin. Mon père ne cessait pas de me regarder. Cela m’angoissait. Tout au long du repas, il m’adressait des piques, des remarques acerbes et tout plein de trucs désagréables. Zach avait bien senti que quelque chose n’allait pas alors il avait sorti son violon et avait joué quelque chose pour dissiper la tension. Mais cela n’a pas suffit. Comme à mon habitude, j’ai dis à Zach ce que je pensais du morceau, mais déjà mon père m’a coupé. Il disait que je n’avais aucun gout pour la musique et que je ne n’avais pas à dire ce que je pensais. Je l’ai regardé. Il m’a regardé… et je crois que je lui ai dit un truc qui ne lui a pas plu. C’est sorti, comme ça. Je… c’était si violent tout ça… il m’a mis quelques baffes dans la figure et je pense que je me suis retrouvé par terre. J en’ai pas compris pourquoi il m’a… hum… il m’a posé son pied sur la figure…

Il baissa les yeux. C’était humiliant. Ce souvenir cuisant lui brula ses tripes. Mais il continua.

- J’ai commencé à l’insulter mais il m’a couper net. Il m’a alors avoué que je n’étais pas son fils, que je ne l’ai jamais été et qu’en réalité, ma mère avait céder la garde complète de Zach à mon père et que l’on était devenu trop pauvre pour vivre à trois. Il m’a dit de repartir en France et de le laisser tranquille avec Zach.
- C’était dur…
- Oui… je n’ai pas compris sur le moment. Je ne voulais pas laisser Zach ici, je ne pouvais pas me résoudre à vivre en France sans lui à mes cotés. Nous avions un lien fort. Très fort. Trop fort… je ne voulais pas le laisser seul sur une longue route sans savoir qui le suivrait. Je l’ai déjà laisser seul un jour et cela s’est mal passer. Je me suis promis de ne plus jamais l’abandonner. Et je ne l’ai pas abandonné. Je savais qu’il fallait que je fasse quelque chose… mais quoi ? Je n’en savais rien. J’ai d’abord ressentit la trahison de ma mère qui avait vendu mon frère pour mieux vivre. Cela me…. Cela me révoltait… c’était pourtant elle qui m’avait dit de ne jamais m’en séparer. Et pourtant elle l’a laisser entre les mains d’un type qui ne pensait qu’à une chose : réaliser un rêve impossible.
- Pourtant, tu es parti de là bas.
- Oui… je… je n’avais pas les idées claires. Mon père m’a avoué ensuite une chose horrible. Il m’a… hum… il m’a dit que je n’étais pas son fils. Que nous n’avions aucun lien de sang et que c’était de ma faute si notre famille avait éclaté. Sur le coup, je ne comprenais pas mais au fond je savais que tout était vrai. Les indices que j’avais sous les yeux depuis des années me revenaient. Je comprenais maintenant pourquoi je n’avais pas hérité de ses cheveux d’un noir profond. Je comprenais aussi la raison pour  laquelle il ne voulait parler qu’à Zach : c’était parce qu’il était son fils et que moi je n’étais rien d’autre qu’un étranger. Ma mère l’avait trompé et lui avait honteusement menti sans penser aux conséquences. Je l’ai détesté pendant de longs mois. Oui, de très longs mois. Je n’en revenais pas… j’apprenais en une poignée de minutes que je ne pourrais plus revoir mon frère et que je n’avais pas de père. J’étais le fil d’un fantôme et d’une pute. Alors je me suis barré de la maison.
- Je pensais que…
- Non, je ne suis pas retourné en France. Mais je suis parti de là. Je… je… je n’ai plus pensé à rien. J’ai oublié de… j’ai oublié que je me suis promis. Protéger Zach.
- Combien de temps es tu parti ?
-  Six mois. J’ai fait une longue marche jusqu’en Arizona. J’avais pas d’argent et je ne voulais pas appeler ma mère pour lui demander de l’argent. Je ne voulais pas non plus rentrer en France. Je voulais rester seul. Me trouver. Puis aussi… je sais pas…
- C’est comme ça que tu es arrivé en Arizona.
- Oui… ! Ha oui, c’est vrai. J’étais arrivé dans ce ranch où le gérant m’a engagé malgré mon manque d’expérience. Enfin, j’avais fait de l’équitation pendant un an mais les  cours revenaient trop chers pour ma mère. Le gérant m’a… voulait me remercier pour avoir ramené le cheval de sa fille. Il s’était perdu dans la forêt et moi je l’ai ramené. C’est tellement simple… j’ai demandé à travailler pour lui. Alors pendant un an et demi j’ai travaillé pour lui. C’était génial… !

Il sourit doucement. Durant un instant, il parut revivre ces moments de pure extase où Clint le laissait monter et assister aux cours que donnait sa deuxième fille, Magdalène. En un mois, il avait retrouvé toutes ses bases, toutes ces choses qu’il pensait avoir oublié. Monter un cheval l’après-midi après un dur labeur toute une matinée était devenu son quotidien. D’abord timide, il n’avait pas vraiment oser demander à monter le cheval de Sarah qu’il avait retrouvé dans la forêt. Mais voyant que le jeune homme adorait les cheveux, Sarah lui proposa après un repas de midi. Il accepta avec joie et assista aux cours de Magdalène tous les après-midi. Il n’aurait jamais cru travailler un jour dans un ranch et de découvrir ces magnifiques animaux d’aussi près.
Il s’était fait une raison – du moins il le croyait – que c’était ici qu’il passerait le reste de sa vie. Son père n’étant pas le sien, il n’avait plus vraiment de raison de lui courir après. Zach ne vivrait plus dans la pauvreté. C’était ainsi. L’ordre des choses avait tout fait pour offrir une vie décente en banlieue américaine à Zach. Sa mère n’avait plus à nourrir ses deux enfants puisque tout deux avaient trouvé une solution de survie. Elle devait sans douter payer les dernières dettes avec la pension que lui versait son ex mari. Siegfried pensait que tout était bien dans le meilleur des mondes.
Tout allait bien dans le meilleur des mondes.

- Tu pensais pas ça.
- Non.
- Je le savais… alors, qu’avez-vous fait ensuite tous les deux ?
- J’ai passé deux mois sur les routes à me débrouiller. Puis je suis arrivé là-bas. Je n’ai pas eu de nouvelles de Zach depuis trois mois. Je m’efforçais de… de me faire une raison. De me dire que c’était ainsi et qu’insister me ferait trop de mal. Mais… j’avais tord. Hum…

Il baissa la tête, honteux. Il répétait la même erreur qu’autrefois. Qu’il avait honte d’avouer cette immonde faute.

- Je faisais bonne figure tous les jours. Je faisais le travail que l’on me demandait. Je disais que je faisais un simple roadtrip avant de reprendre mes études. Je disais aussi que j’allais m’émanciper parce que bon, les études ça me gonflait et que je n’avais que des sales notes. Ma mère m’a appelé pour me dire que le lycée privée Edmond Michelet, celui que je voulais intégrer, a finalement annulé mon dossier de candidature. Pour absentéisme. Je ne l’ai jamais dit mais cela a fait partie de mes plus grands regrets. Ce lycée a un taux de réussite de 100 % au bac. J’avais travaillé pour m’y rendre et me préparer à faire de longues études, parce que c’était ça que je voulais faire.
- Que voulais tu devenir ?
-… je ne sais pas en fait. Je pense qu’au fond, c’était.. c’était pour plaire à mon père.
- Tu en es sur ?
- Je ne sais pas. Oui peut-être…
- Wynwood est une bonne école tu sais, dit-elle en souriant avec douceur, tu as de la chance que ton ancien patron t’ait aidé à intégrer cette école. Ha les gens riches… ils parviennent à faire n’importe quoi de leur argent.
- Oui…
- C’est une chance pour toi d’y avoir été. Tu dois y retourner Siegfried. Tu en as envie…
- Non…
- Siegfried.

Il soupira. Il n’en savait rien du tout… de quoi avait-il envie au fond ? Zach était son objectif, sa raison de vivre. Il voulait rassembler un maximum d’argent en peu de temps pour le retrouver et l’arracher de cette prison dorée. Il voulait…

- Bon je continue.
- Je t’en prie.
- Je disais donc que je faisais bonne figure. Tout allait bien et personne ne savait pourquoi j’étais là. Je ne parlais pas beaucoup mais j’ai fini par me confier à quelqu’un. Magdalène, murmura t-il avec un petit sourire, dans les bottes de foin, il se passe beaucoup de choses vous savez. Mais avant tout, je faisais comme si rien ne m’attendait alors qu’en réalité mon portable restait allumé toute la journée dans ma poche. J’attendais un appel tout en sachant que Zach ne m’appellerait jamais de lui-même. J’ai attendu un mois après mon arrivée. Il n’y avait pas de signe de vie alors… j’ai pas essayé de l’appeler. Je me suis dit que j’avais remplit mon rôle de grand frère. A tord. Parce qu’un jour, mon portable a vibré. J’ai aussitôt décroché, ne m’attendant pas à entendre la voix de Zach au bout du fil. C’était lui.
- Tu as du être content.
- Très heureux, oui. J’ai interrompu ma tâche et je lui ai parlé. Je sentais qu’au bout du fil cela n’allait pas du tout et j’ai aussitôt réalisé que j’aurais du l’appeler. A vrai dire, je n’aurais jamais cru que Zach puisse être aussi en colère contre moi. Il m’insultait, me disait que je n’étais qu’un lâche, que je le laissé tomber comme s’il ne valait rien. Il… il me hurlait dessus, et cela m’a fait mal. Je l’ai laissé faire, parce que dans sa colère, il y avait quelque chose d’étrange. Je ne l’ai vu en colère qu’une seule fois vous savez ? C’était à Carcassonne. Enfin, je ne vais pas m’étendre là-dessus, mais ce jour là, je gardais un marmot – parce que j’étais baby-sitter à mes heures perdues- et je prenais beaucoup de temps pour lui. Un peu plus que Zach. Il s’est avéré que ce gamin emmerdait Zach toute la journée et qu’il le traitait de raté et pleins d’autres trucs. Une fois arrivé chez moi, j’ai laissé les deux gosses dans le salon pour qu’ils puissent regarder la télé mais à peine j’ai ouvert mon livre de maths que j’ai entendu Zach se battre avec lui. Il m’a alors menacé de ne plus jamais ramener ce garçon chez nous. Zach se mettait en colère rarement. Aussi, je l’ai écouté mais malgré mes promesses il m’a fait la gueule pendant des jours et des jours.
- Et cette fois –ci ?
- Cette fois-ci, cela n’avait rien à voir avec une crise de jalousie. Il pleurait, je ne comprenais pas pourquoi il était malheureux dans sa nouvelle chambre. Et puis, il était avec son père qui devait sans doute lui offrir pleins de jolies choses mais… je me suis trompé. Il… il pleurait et me disait qu’il avait besoin de moi. Il ne me deandait pas forcément de revenir à Portland mais de lui donner des nouvelles. Je lui ai répondu que j’étais…

… sa voix se brisa. Tremblant, il but une gorgée de son café mais il était froid. Fox prit la tasse, la vida dans l’évier de son bureau et en prépara un autre. Elle risqua un coup d’œil vers Siegfried mais ce dernier essuyait déjà ses larmes.

- Excusez moi, murmura t-il en relevant la tête, je n’arrête pas de penser à tous ces moments où j’aurais pu éviter quelque chose.
- Siegfried, tu dois…
- Non ! J’aurais pu éviter tout ça ! J’aurais pu et je n’ai rien fait. J’ai été stupide, con et bête d’avoir pensé que c’était suffisant. Pendant que je m’amusais avec des poneys, lui pleurait dans sa chambre ! Je me suis détesté… ! Je m’en veux encore aujourd’hui, parce que… Zach n’était qu’un enfant, il n’était qu’un enfant ! Et moi je l’ai laissé là-bas, pensant naïvement que mon père l’élèverait comme il le devait. Mais non…  il l’a brisé. Complètement briser. Si c’était ça, alors je suis bien content de ne pas être son fils. Si c’est ça s’occuper d’un gosse, alors je ne veux pas en avoir.
- Tu te trompes complètement. Tu ne pouvais pas savoir…
- Peu importe. Nous avons parlé et je me suis excusé. Pourtant, ça ne suffisait pas. J’aurais du partir et  le retrouver mais j’avais signé un contrat de six mois et je ne pouvais pas partir comme ça. Bon, Zach me dit qui ne m’en voulait pas mais qu’importe. Après une longue discussion, nous avons décidé de commencer une correspondance. Juanita, la nouvelle femme de mon père, était au courant que Zach m’appelait. A ses risques et périls car je n’avais pas le droit de le voir. Nous avons commencé à nous écrire chaque semaine, et même plus. Nous racontions tellement de chose dans nos lettres que nos quotidiens n’étaient plus inconnus l’un de l’autre. Nous nous efforcions à rester proche. Je ne cessais de m’excuser, encore et toujours pour ma négligence à son égard. Il comprenait que j’avais besoin d’un moment pour moi, à cause de… de la révélation de mon père. Alors nous avons oublié cette histoire et je lui ai promis de ne plus jamais le laisser tomber. Plus jamais.
- Vous vous êtes écris jusqu’à quand ?
- Toujours. Même quand je savais que je le verrais. Nous recevions des tas des lettres. Je les ais toutes encore. Ho bien sur je pourrais les relire aujourd’hui mais je n’y arrive absolument pas.
- Je comprends…

Il se tut quelques instants. Les lettres se trouvaient dans une boite, classées par ordre chronologique. Avant l’accident, il passait des heures à relire ces mots. Cela lui donnait l’impression d’être à ses côtés. Mais ces lettres devinrent plus rares car… hé bien,…
- Un jour, je suis allé voir mon patron et je lui ai demandé si je pouvais aller à Portland un jour ou deux. Je lui ai dit que je pourrais faire toutes les heures de la semaine le lundi et le mardi sans interruption pour partir et revenir dimanche. J’étais prêt à tout pour aller voir Zach. Il a accepté et m’a même proposer de le faire une fois par mois. C’était génial. Alors je suis allé voir Zach à Portland en lui expliquant bien la marche à suivre afin de ne pas nous faire prendre par le père. J’étais prêt à tout pour le revoir, même à braver l’interdit. J’étais à mille lieux d’imaginer ce qui m’attendait. Nous avions alors rendez vous au jardin des roses.
- Les jardins de Portland ?
- Oui ! C’est un endroit magnifique. Je n’y suis jamais aller et j’ai trouvé que c’était la bonne occasion. Alors…

Il se tut et ce fut là qu’il se remémora ce souvenir. Assis sur un banc du parc, son regard surveillait l’éccran de son portable. Il s’en souvenait. Terrifié à l’idée que Zach n’ait pu venir, il se levait, se remettait en place puis se relevait. Incapable de tenir en place, il se retenait de l’appeler, sachant très bien que cela pouvait être l’autre con qui puisse répondre. Mais alors qu’il s’approchait d’une des mares, une main avait saisit la sienne. Son cœur avait fait un bond et déjà ses bras avaient enlacés le frêle corps de Zach qui s’était blottit contre lui. Enfin tu es là, murmura t-il à son adresse. Tu m’as tellement manqué… toi aussi. J’avais besoin de toi. Pourtant, papa ne te…

- Ce type n’était qu’un enfoiré ! Cracha t-il, haineux, il l’avait inscrit à un cours de violon et le forçait à en jouer deux heures par jour, sans compter les devoirs d’école et toutes ces sorties qu’il lui imposaient… il lui interdisait de sortir le samedi pour aller s’amuser avec les gosses de son âge ! Quand il n’obéissait pas, c’était la bonne vieille punition : pas de repas, ou très peu… il disait l’encourager mais il lui mettait une pression terrible en le supplant de faire de son mieux… il n’avait que onze ans, presque douze, et le voilà déjà violoniste professionnel ! C’est écœurant… Zach n’est qu’un enfant, et le voilà qui le détruit toujours plus… je le hairais toute ma vie rien que pour ça.
Il serra le poing à ce souvenir. Comment as t-il pu le laisser faire ça !
- Zach était un artiste, un vrai. Je l’ai écouter faire du violon toute ma vie et je sui bien placé pour savoir qu’il avait du talent. Mais je savais aussi qu’il pouvait être capable de se taire et d’encaisser n’importe quoi pour plaire à notre père. Il pensait supporter la pression mais c’était faux. Il l’a subit pendant un an et demi et un jour…

Il se tût.

- Il a fini par craquer. Je le voyais deux fois par mois, et parfois plus. Cela commençait à emmerder mon patron qui n’en pouvait plus de mon travail négligé. Je ne pensais qu’à lui. Il n’y avait que Zach, je ne m’occupais plus de ce travail qui, pourtant, était un véritable plaisir pour moi. Sarah voyait mes progrès et me suppliait de garder la tête froide, de ne pas céder à mes tentations. Elle avait raison… parce que je m’entrainais pratiquement tous les jours, enfin dès que je pouvais, avec son cheval et j’apprenais tout ce que je pouvais sur les chevaux. Mais la situation de Zach me rendait fou. Lui-même me disait de penser à moi et de retourner à l’école et de commencer une nouvelle vie. Sarah me disait que je pouvais me rendre à Wynwood, à Miami. L’école de la-bas était très bien primée et que, vu mes résultats au collège, je pouvais très bien m’inscrire et rattraper tout mon retard.
- Mais Zach te prenait tout ton temps.
- Oui. Et c’était trop tard pour la nouvelle année. Je devais attendre. Enfin, je continuais à voir Zach. Toutes les deux semaines. Mais les choses allaient de mal en pis. Il devenait maigre et je le voyais toujours plus fatigué. Il ne jouait plus pour moi. Parfois il sortait de ses cours en larmes. Un jour, il a même menacer de briser la moindre de ses phalanges pour ne plus vivre cet enfer. Je l’en ai empêcher. Merde alors… Comment as t-il oser ? Comment… ?
- … alors tu as décidé de te sauver. Avec lui.

Il leva les yeux vers elle. Il acquiesça. Oui. C’était vrai. C’était insensé… il lui avait fait croire qu’il le cherchait pour se rendre à un concert. C’était certes la vérité, mais… par la suite, il l’aurait emmené autre part. Oui autre part.

- Tu étais admis à Wynwood, cette année, il y a deux mois, une prestigieuse école qui t’as accepté malgré une déscolarisation, et tu as décidé de te sauver.
- Je le regrette…  vraiment. Mais… il faut savoir qu’il est arrivé des choses horribles à Zach. Il faut me le croire.
- Tu as pris la voiture de ton père. Et tu t’es enfuit. Avec lui. Sais-tu que tu as frôlé la prison pour enlèvement d’enfant ?
- Je m’en fiche, je voulais l’aider. C’est tout ce qui m’importait.

Fox soupira, un peu pas. Ce gamin ne vivait pas pour lui, mais pour un autre, à présent mort. Elle se souvenait de cette fois où elle l’a vu entrer dans le hall de l’hôpital psychiatrique de Portland. Un souvenir très dur. Parfois, lorsque les patients entraient dans un hôpital, ils résistaient. Siegfried étaient de ceux là. Deux infirmiers ont du le maintenir sur un fauteuil, pendant que Fox tentait de communiquer avec lui. Les premières minutes n’ont pas été simples. Les infirmiers ont demandé à l’attacher briévement, mais à la lecture de son dossier médical, il s’avérait que le jeune homme n’avait aucun antécédent psychiatrique. Elle avait refusé et tenté d’apaiser le jeune homme qui mit du temps à se calmer. Il ne cessait de répéter le même refrain. « Il est vivant, il est vivant… » A plusieurs reprises, il avait tenté de la cogner mais elle le calma à force de patience, elle réussit à le calmer. Plus tard, elle apprit qu’en cette soirée du 31 octobre 2013, Siegfried Wade avait eu un horrible accident qui tua son frère et le laissa en vie. Indemne. Ou presque. Il n’aurait pour tout souvenir, une blessure au ventre qui lui rappellerait chaque jour de sa vie qu’il n’a réussis à sauver son jeune frère.

- Est-ce tout Siegfried ?
- Oui, bien sur.
- … j’ai la sensation qu’il y a quelque chose que tu ne me dis pas.
- Je vous jure que non ; je vous ai tout dit.
- Très bien. Je te fais confiance.
Il lui adressa un demi-sourire et se leva, fatigué. Il devait dormir à présent. Fox le laissa partir, heureuse d’avoir enfin toute l’histoire de cet enfant trahit par les adultes.
Pourtant, elle savait que quelque chose manquait à l’histoire.

Un an plus tard, Siegfried était en dernière année de lycée. Malgré la difficulté de ce deuil, il était parvenu à garder la tête hors de l’eau. Ce fut difficile de passer les mois mais il finit par y parvenir, grâce à l’aide d’une poignée d’étrangers.
C’est grace à cette annonce de baby-sitting diffusée sur un panneau d’affichage qu’il apprit que le médecin scolaire, Kyle Porter, cherchait quelqu’un pour garder son fils, Ollie. Siegfried fut le dernier à tenter sa chance et, malgré des débuts difficiles, réussit à apprivoiser le louveteau. Difficile de croire qu’un braquage était à l’origine de ce regain d’affection. Depuis septembre, et malgré les coups durs et les disputes, il réussit à s’intégrer dans un petit groupe. Une petite famille qui le suivra sans doute toute sa vie, jusqu’à la fin. Azraël Trophime fut de la partie. Sans compter Cassandre, l’ex-femme de Kyle. Puis… Soraya et Mike. Il se rapprocha d’eux et en devint leur colocataire, malgré une immense crainte de les déranger. C’était fait : il avait enfin ce qu’il recherchait.
Une famille.
Et… elle. Héra, cette fille pour qui il veillait tard et se levait tôt.
Enfin, il se construit un projet : celui de devenir traducteur. Aimant les langues, il découvre chaque jours de nouveaux mots dans plusieurs langages. Actuellement, il reprend l’allemand et hésite à apprendre une autre, plus exotique et rare. L’arabe. Il sait que la vie n’est pas facile, qu’il faut se battre bec et ongles pour obtenir son dû. Mais cela lui apparait déjà bien plus facile. Son entourage, bien que critique, saura lui faire ouvrir les yeux sur la réalité du monde et lui faire prendre conscience qu’il n’est plus seul et qu’il ne le sera plus jamais.



TOI, ET SEULEMENT TOI


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MessageSujet: Re: ~ A Hero, A hero... ~   Mar 24 Fév - 2:14

Punaise mais t'es pas encore re-validée ? x)
Alllllleeeeez hâte de RP avec toi, moi :D
Et bienvenue ici ma Rainbow *-* ♥
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MessageSujet: Re: ~ A Hero, A hero... ~   Mar 24 Fév - 2:30

NAN ELLE A PAS SON CODE :D ni son ava
Bouge ton mou que j'te foute ta couleur, wesh ♥

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MessageSujet: Re: ~ A Hero, A hero... ~   Mar 24 Fév - 2:34

Je le ferais demain, après mon bain !!!!
PROMIS !!!
PROMIS OUI PROMIS PROMIS !
(Urban, j'ai hâte aussi ** ça va chier sur le yacht !)
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MessageSujet: Re: ~ A Hero, A hero... ~   Mar 24 Fév - 2:57

Rebienvenuuuuuue
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MessageSujet: Re: ~ A Hero, A hero... ~   Mar 24 Fév - 3:26

SIEGOUNETTE

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MessageSujet: Re: ~ A Hero, A hero... ~   Mar 24 Fév - 15:28


Félicitations !

TU ES VALIDEE
Bon bah que dire, à part que je connais déjà assez bien Siegfried (a) t'écris toujours aussi bien et on prend toujours autant de plaisir à te lire :D du coup pas de soucis pour ta validation, c'est propre et original, j'aime beaucoup ^.^ et puis tu as su mettre les évènements du présent à merveille dans ta présa, que demande le peuple ? Ah si, p'têtre un rp (a)
Bon jeu avec Sieguy, on se retrouve IRP


survole-moi


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MessageSujet: Re: ~ A Hero, A hero... ~   

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